‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 31 sur 130 · BONAPARTE (JÉRÔME · texte numérisé non relu

BONAPARTE (JÉRÔME

<t Mon frère Jérôme Xapoli-on, lui criait des Tuileries une voix puissante, vous aimez la table et les femmes. La table vous abrutit etles femmes vous affichent. »

Jérôme, en vérité, n'avait pas l'étoffe d'un héros : on le vit bien, en 1813. Lorsqu'il s'était trouvé, à la suite des victoires foudroyantes de son frère, maître d'un peuple et possesseur d'un trône, le premier et plus sensible avantage qu'il avait découvert à son heureuse transformation d'état, c'est que sa condition de roi allait lui permettre d'avoir des favorites autant, s'il le voulait, que de courtisans. D'ailleurs, on le laissait si petitement régner! Napoléon lui imposait ses ministres, lui dictait tous ses décrets, disposait de ses finances, de sa police, de ses troupes, le surveillait et le gourmandait en chacun de ses actes. Jérôme, qui ne s'illusionnait pas sur la durée du spectacle extraordinaire, que le héros donnait au monde, non plus que sur celle du régime de domination qu'il faisait peser sur l'Europe, avait voulu, du moins, que, pour son compte, si l'ivresse était courte, elle fût complète. 11 survécut au naufrage, retrouva loin après, sous la restauration impériale, des jours fleuris, en épuisa les profits autant qu'il fut en son pouvoir, tout en le faisant à la dignité, parlant haut de ses droits, et ne se privant point de dire, lui et son fils, qu'un Autre plus habile leur avait dérobé leur véritable lot de gloire et d'honneurs, et ne faisant rien, du reste, pour atteindre à l'une ou mériter les autres. Le frère du grand Empereur s'en alla de la vie, en 1800, sans

qu'on s'en aperçût autrement que par l'importance des obsèques; il partit, tel îin zéro disparu de la foule.

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