‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 59 sur 130 · GENTZ (FRIEDRICH VON · texte numérisé non relu

GENTZ (FRIEDRICH VON

Quel portrait serait à tracer du singulier et sceptique personnage, qui dirigea les mille et une opérations de la chancellerie intime deMetternichl Talleyrand voulut bien le représenter comme un homme d'un esprit distingué, ce qui était le moins qu'on en pût dire; il oublia d'ajouter que le fameux secrétaire du Congrès de Vienne se montra toujours un ennemi acharné de la France. A propos de ce Congrès, qui lui Aalut tant de besogne, de plaisir et d'argent, le chevalier de Gentz, déclarait, un jour de 1815, qu'il aurait pu en écrire trois histoires : l'une de ce qu'il parut être et faire, officiellement : une autre </es négociations secrètes, connues de peu de personnes; la troisième ègcdement vraie, qui aurait détruit toutes les idées représentées dans les deux premières, en dévoilant les turpitudes de la politique.

GEORGES IIL (UOI D'ANGLETERRE)

Ses tendances au pouvoir absolu, son ardente animosité conti*e la Révolution et la France, les heurts et les bizarreries de son caractère, la maladie mentale qui s'empara de lui et le força de céder la régence à son fils aîné, ont servi de matière à bien des pages historiques. Une anecdote seulement et parce qu'elle se l'apporte à notre personnage principal. Peu de temps après le procès de Cadoudal et de Pichegru, le bruit de sa mort s'était répandu dans Paris et cette nouvelle, selon qu'elle lut ou non confirmée, devait avoir une grande influence sur les affaires de Bourse. Un banquier de grande envergure tenta de s"en instruire auprès de Talleyrand, alors ministre des Affaires étrangères. 11 en reçut cette réponse :«: Les uns disent que le roi d'Angleterre est mort, les autres disent qu'il 71 est pas mort; pour moi, je ne crois ni les tins ni les autres: je vous le dis en confidence, mais, surtout, ne me compromettez pas. » Notre homme était bien renseigné.

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