‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 60 sur 130 · GRAMONT (DUCHESSE DE · texte numérisé non relu

GRAMONT (DUCHESSE DE

La sœur et la fière Egérie du duc de Choiseul, elle eut une période de haute influence. Le puissant ministre lui portait tant d'affection et

d'estime; on en était si bien instruit, aux alentours, que le sentimen fraternel dont on n'avait pas l'habitude de se parer, à la Cour, y devint une mode, une fureur. Maintes femmes sans charme et sans mérite, dont leurs frères n'avaient tenu le moindre cas,. jusqu'alors, se virent aimées d'eux à la folie, — pour qu'on en eût connaissance chez M. de Choiseul. Le duc d'Ayen disait plaisamment, à ce sujet, faisant du même coup une exposition de portraits de famille assez réjouissante : « Je voudrais être à la mode je le voudrais fort; mais laquelle de m£s sœurs prendre? M"' de Caumont est un diable iticarm; M"" de Villars est une sœur du pot; M"" d'Armagnac, une ennuyeuse ; M"" de La Mardi, une insensée! » Qui n'aurait eu, comme lui, l'embarras du choix?

Très grande dame, la duchesse de Gramont, dont l'altière contenance ne devait point se démentir devant le Tribunal révolutionnaire, compta parmi les spirituelles, chez Louis XV. On y goûtait moins le son de sa voix, son ton brusque, ses façons tranchantes. Avec son illustre frère et toute « la coterie des Choiseul », elle s'était donné beaucoup de peine pour chasser du lit royal la triomphante du Barry. La favorite y resta, et M. de La Vrillière, complaisant à son désir, expédia une lettre de cacheta M"» de Gramont, l'envoyant digérer sa colère à quinze lieues de Paris.

GUÎZOÏ

La civilisation par la paix, c'était son but idéal : en pouvait-il avoir de plus grand? Les mérites de l'orateur et de l'historien ne furent jamais trop admirés; ceux de l'homme d'État n'emportèrent pas une louange aussi complète. Louis-Philippe, un jeudi du mois de septembre 1844, disait à Victor Hugo : « M. Guizot a de grandes qualités et d'immenses défauts. » Or, Guizot, la semaine d'auparavant, s'exprimait exactement de la même façon sur le compte du roi, en commençant par les défauts. L'histoire impartiale a constaté qu'il manifesta un amour excessif du pouvoir, qu'il se laissa souvent diriger par des visées étroites et opiniâtres et qu'il manqua de prévoyance dans la conduite des affaires... Oa demandait à Royer-Collard s'il était vrai qu'il eût appelé Guizot un austère intrigant: (t Ai-je dit austère? » tit-il.

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