HAINGUERLOT (MADAME
La femme d'un financier d'importance, ayant son quartier-général à la Chaussée d'Antin, elle put donner l'essor à ses goûts de plaisir et de
mondanité. Sous le Directoire et le Consulat se réunissait, autour d'elle, une société des plus aimables et aussi, pour tout dire, des plus émancipées.
IIAMELIN (FORTUNÉE)
Danseuse, écuyère et muscadine en renom, sous le Directoire, puis, sorte d'intermédiaire politi(iue, habile, empressée, sous les différents régimes qu'elle traversa, un rapport de police de 1815 la dénommait, comme de son nom propre : I.ntrigante. Fougueuse bonapartiste, elle eut, jusqu'à son dernier jour, le fanatisme de l'idole, le culte de « l'astre adoré ». De belles années lui furent connues de plaisir et d'influence. Sa maison était devenue, aux entours de 1799, comme une annexe du ministère; on venait s'y faire inscrirai c'était le vestibule de la prochaine Cour consulaire, en attendant que ce fût de la Cour impériale. Mais, plus tard... 0 vieillesse! 0 déclin! « Au retour d' Egypte, écrivait-elle, ma maison ('■tait trop petite pour contenir les di'pouiUes opiines! Aujourd'hui, je n'obtiens pas vu tapis pour mon argent. » Cette femme de sang mêlé avait un charme physique très attirant, quoiqu'elle eût le teint sombre, la taille défectueuse et que les grands airs dont elle faisait parade n'allassent point à l'exiguïté de sa fine personne.
D'être fine, elle se piquait surtout de l'être par l'esprit. On s'en apercevait, de reste, au style de ses lettres, où fourmillent les trouvailles heureuses et les surprises charmantes. Montrond, qui fut son amant et qui lui devait bien un joli mot, en échange de tout ce qu'elle fit pour lui, l'appelait une petite-nièce de .1/""= de Séoigné.