LAMARTINE (ALPHONSE DE
Une vaste acclamation avait salué comme une éclatante surprise ses premières Méditations, qui apportaient au monde des accents jusqu'alors inconnus. Averti par ce bruit de gloire, Talleyrand dévora l'ouvrage, en « quelques heures arrachées au sommeil »; et, dès le matin, il écrivait à l'un de ses fidèles : « Un poète notis est né, cette nuit ». D'une extrémité à l'autre de sa carrière, Lamartine fut immensément admiré. Il en avait reçu, par habitude, un air de majesté, un amour de la représentation, un goût prononcé pour la flatterie, qui frappaient, d'abord, les yeux. On n'est jamais sûr, disait ce pince-sans-rire de Royer-Collard, que, lorsqu'on vient d'entendre M. de Lamartine à la tribune, si on le rencontre dans les salons de la Chambre et qu'on le félicite, il ne vous réj)ondra pas à l'oreille : « Cela n'est pas étonnant, voyez-vous, car, entre nous, je suis le Père éterneL »