‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 78 sur 130 · ÉLISABETH-CZARTORYSKA · texte numérisé non relu

ÉLISABETH-CZARTORYSKA

Cousine du roi Stanislas-Auguste, qui la désigne, en sa correspondance avec M"* Geoffrin, sous le nom hellénisé d'Aspasie; en possession d'une immense fortune, dont elle usait avec une largesse pleine de magnificence et dégoût, recherchée, honorée par tous ceux qui tenaient une place dans le monde; rien ne manquait à son bonheur, sinon la sagesse de le comprendre et d'en jouir. La singularité de son humeur s'y opposait. Quoiqu'elle ne cessât de changer de place, elle ne trouvait de contentement nulle part. Très attachée aux vieilles traditions de la Cour de France, mais fort méprisante pour le petit Bonaparte et maints personnagesdu jour ; désintéressée de son pays comme de sa famille, généreuse envers les pauvres et ceux qu'elle ne connaissait pas, mais sèche et dure envers ses enfants, qui l'adoraient, la princesse maréchale Lubomirska, malgré ses qualités supérieures, était, en définitive, une personne bien extraordinaire.

LUYiNES (DUCHESSE DE)

ELISABETH DE M 0 NT MOREKCY- LAVAL (Mariée en 1768, à Louis d'Albert, duc de Luynes)

L'amitié de la duchesse de Luynes, dont l'éveil datait du sacre de Louis XVI, fut, pour Talleyrand, une des relations de monde qui répandirent sur sa longue existence le plus de charme et de douceur. On appréciait en elle la haute convenance des manières et du langage. Elle avait, comme le prince de Bénévent, les grandes façons hospitalières et, de commun avec lui, l'amour du jeu. Elle aimait le whist enragément. La table en était dressée, chez elle, en permanence; elle ne l'abandonnait qu'à regret et assez tard dans la nuit. Des goûts aussi prononcés ne se perdent qu'avec la vie. Telle, en sa persévérante passion, une grande dame berlinoise, la comtesse de Vess qui mourut, devers sa quatre-vingt-septième année, en remuant des cartes. Elle jouait. Une attaque d'apoplexie la frappe ; mais, reprenant connaissance, elle dit sur le ton de la plaisanterie à ses partenaires pleins d'émoi : c J'espère que vous n'ave: pas jirofité de mon accident pour me tricher. »

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