LOUIS-PHILIPPE I
Vers la lin de son règne pacifique et agité, Louis-Philippe, ayant à se plaindre de l'archevêque de Paris, lui adressait quelques paroles très vi\es : « Archevêque, lui disait-il, rouge de colère, sou venez -vous bien que l'on a vu briser j)lus d'une mitre. — Cela est vrai, Sire, mais que Dieu conserve la couronne du roi, car o» a vu briser bien des couronnes. » 11 tenait son pouvoir de la nation, qui ne le lui laissait pas ignorer, et rendit ce pouvoir toujours fragile. D'une grande sûreté de coup d'œil, parmi l;int de difficultés extérieures qu'il eut à résoudre, avec l'aide de Talleyrand, il eût été le modèle des rois diplomates, s'il n'avait pas eu le grand tort de subordonner aux intérêts de sa politique familiale l'effort et les résultats des meilleures négociations. Homme de beaucoup d'espiit et d'un sens très judicieux, il savait gouverner, malgré ce qu'en pouvait penser et dire, l'ingratitude de ses sujets. Cependant, il avait une manie ))articu]ière, qui était de démolir ses ministres les uns par les autres et de les « user » pour sa plus grande gloire, ce qui faisait dire à Talleyrand, son ami, cependant : « Je n'aime pas ces ogres de réputation, qui croient sauvequrder la leur en dévorant celle des autres. »
LUBOMIRSKA iPRINCESSK)