‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 81 sur 130 · MARET (DUC DE RASSANO · texte numérisé non relu

MARET (DUC DE RASSANO

Secrétaire d'Etat et chef de cabinet de Napoléon. Indolent par nature, doux et sociable, sous des formes empesées et pédantesques, bienveillant de nature, mais ofliciel toujours, comme les actes qu'il contre-signait, doué d'une part d'intelligence appréciable, quoique Talleyrand le jugeât, — tel un autre Dangeau — le plus sot exemplaire de la faveur officielle (1) ;

(1) Le mot est resté dans toutes les mémoires : « Je n'ai jamais connu, insinuait-il doucement, qu'un homme aussi béte que M. Maret : c'est le duc de Bassano. »

il aurait mieux servi son maître, si cette intelligence n'eût pas été un instrument passif, dont tous les mouvements se réduisaient à deux points: admirer sans restriction les volontés de Tempereur. les admirer avec béatitude, et faire de la conservation de sa place, auprès de lui, son unique objet. Comme l'eût exprimé Saint-Simon, son adiniiation, à force de se montrer, s'était glissée dans ses moelles.

MAUIE-LOUISE

Napoléon, au point culminant de sa puissance, cherchait dans les cours d'Europe une remplaçante à l'impératrice Joséphine. L'alliance russe ayant manqué, on songea à une archiduchesse autrichienne; et Marie- Louise, fille de François, fut celle-là.

Plutôt laide, de belle taille, néanmoins, et susceptible de plaire quand elle était arrangée, habillée, diadêmée, elle n'y réussissait pas toujours, l'expression de sa physionomie ayant le désavantage de ne changer, pour ainsi dire, jamais; pas un sourire de bienveillance, pas un regard curieux et vif qui vinssent animer ce « visage de bois ». Ses obligations de souveraine, elle les remplissait, en quelque sorte, automatiquement. Telle, suivant une comparaison juste et maligne de la comtesse Potocka, ces poupées à mécanique qui roulent, lorsqu'on les a montées, montrant leur fine taille bien raide, leurs gros yeux de porcelaine d'un bleu pâle et toujours fixes.

Gourmande, sensuelle, simple d'intelligence, inconsciente d'âme et de cœur, elle eut trop à faire d'être impératrice, sur le premier trône du monde; ce lui fut assez de redevenir princesse de Parme, pour n'être plus enfin que la comtesse de Neipperg.

Page 1