‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 82 sur 130 · REINE DE .NAPLES ET DE SICILE · texte numérisé non relu

REINE DE .NAPLES ET DE SICILE

Elle eut dix-huit enfants. Ce fut une de ses particularités. Elle avouait qu'ils n'étaient ni beaux, ni aimables, mais ajoutait qu'ils lui plaisaient, parce qu'ils étaient les siens et qu'elle les trouvait bons. Ferdinand IV était le Padrone légitime, qui les lui avait donnés, un pauvre sire, demigrotesque et demi-tragique, dont elle faisait, seule ou avec ses favoris

changeants, toute la besogne de roi. Étrange femme! Malgré ses grossesses multipliées, on la voit toujours agissant, correspondant, écrivant; sa plume est volubile autant que sa langue. On a publié d'elle des monceaux d'épistoles incohérentes, où toujours elle s'emporte, se plaint ou se lamente, appelle la mort pour la délivrer des soucis du trùne ou des regrets du déti'ônement. Mais, qu'avec joie, autant qu'elle le peut, Marie- Caroline gouverne, déci'ète et se venge !

Elle a, dans l'âme, un mépris immense pour ce renégat de Talleyrand, qui le lui rend bien, tout en ne refusant pas d'enibourser les fonds, qu'elle lui fait tenir avec colère et désespoir. Par contre, elle admire Bonaparte ; elle chante presque sa gloire jusqu'au moment où il l'aura chassée d'Italie et ne sera plus, pour elle, que le petit Corse bâtard. Lui Napoléon la juge et la traite sans ménagement. 11 l'a dénoncée publiquement comme une moderne Athalie, comme vue autre Frédégonde. A la vérité, on ne dira jamais de cette enragée fille de Marie-Thérèse, chez qui les entraînements de la passion, de l'orgueil ou de la haine allaient jusqu'à la frénésie, qu'elle fut une des enchanteresses de l'histoire.

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