‹ Du prince de Benevent au due de MornyChapitre 93 sur 130 · MURAT (JOACHIM · texte numérisé non relu

MURAT (JOACHIM

Fils de laboureur, ses brillantes campagnes, sa merveilleuse audace, dans un temps de guerre sans arrêt où s'improvisaient sur le champ de bataille de si extraordinaires fortunes, le firent: maréchal, gouverneur de Paris, grand-duc de Berg, grand amiral, beau-frère de ÎVapoléon et roi d'Italie. L'appareil de la souveraineté lui fut cher plus que le fond. Il en aimait la pourpre et la gloriole. L'un de ses actes d'inauguration fut de s'entoHrer aussitôt, d'une cour fastueuse. L'amour du panache était sa faiblesse, comme sa joie de parader sous le soleil deNaples, émerveillant par

(1) Lettres de Fortunée Hamelin, Paris, 12 décembre 1843. P. p. A. Gayot, Émile-Paul, éditeur, 1911.

1 a splendeur exagérée de ses costumes des populations éprises de bruit et de clinquant. Soldat superbe et politicien médiocre, dun cœur héroïque et d'un caractère faible, il avait l'âme soumise aux suggestions de Caroline sa femme, qui le poussa dans les rangs des Alliés pour conserver son trône. Talleyrand avait travaillé, tour à tour, selon la face ou le revers des événements, à l'élévation et à la chute de Murât. En 1812, il s'était flatté, parlant de Joachim et de Napoléon, d'avoir contribué à faire le premier roi et le second empereur. Deux ans plus tard: Murât, s écria\t-\\, n'est qu'un bandit! 11 en avait autant pour le service de l'ex-empereur : Napoléon n'était plus qu'un brigand.

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