MAUX QUI PEUVENT EN RÉSULTER. PROPOSITIONS DE MALTHUS
nous pouvons encore citer œlle de Warden, ancien consul des États-Unis et correspondant de l'Institut de France, qui a réuni avec soin tout ce qui concerne la république * . Warden a tiré de ses chiffres cette conclusion, que la population américaine atoujours doublé en 21 ans, sans qu'il fût nécessaire de faire entrer Timmigration en ligne de compte, car les immigrants, qui étaient obligés de se faire inscrire, n'avaient pas dépassé, en 1820, la moyenne annuelle de 4,000, déjà indiquée par Blodget. Or 4,000 immigrants pendant 21 ans n'avaient pu faire que 84,000 nouveaux habitants, pendant que la population s'accroissait de plus 5 millions d'individus !
Admettons maintenant que les relevés des passagers débarqués dans les ports de l'Union soient inexacts, qu'ils aients été faits avec négligence en plusieurs endroits ; ne tenons nul compte aussi des retours en Europe et des passages au Canada, et supposons qu'au lieu de 4,000 émigrés, il y en a eu le double ou le triple, le quadruple même; la fécondité des mariages, pendant cette période de 21 ans, n'en aurait pas moins donné un accroissement de plus de 4 millions et demi, quand l'immigration, ainsi exagérée, n'aurait fourni que 150 à 300,000 nouveaux habitants.
Le Journal des Économistes^ reproduisait récem-
* Description des ÉtaU-Unis, 1820, t. V, p. 104. «TomeXXIlI,p.313.
28 no PRINCIPE DR POPULATIOIV.
ment, d'après la Revtie britannique, qui ne citait pas l'auteur, un calcul par lequel on cherchait à évaluer, selon une méthode indiquée par Godwin et sur la valeur de laquelle nous ne discuterons pas, le nombre des immigrés aux États-Unis, aux diverses périodes décennales de 1790, 1800, 1810, 1820, 1850 et 1840. D'après ce calcul, on a déduit de chaque recensement général les enfants au-dessous de 10 ans, par ce motif que tous les enfants qui, au recensement de 1830, par exemple, n'avaient pas atteint l'âge de 10 ans, étaient nés depuis 1820, et continuaient l'accroissement naturel par voie de naissance; on a fait la différence entre ce nombre d'enfants et celui de l'accroissement de la population indiqué par le recensement, et l'on a considéré cette différence comme exprimant le nombre des étrangers immigrés. De cette manière, l'auteur dont nous parlons a calculé qu'il avait dû y avoir : 160,000 immigrés de 1790 à 1800; 229,000 de 1800 à 1810; 312,000 de 1810 à 1820; 494,000 de 1820 à 1830; 862,000 de 1830 à 1840 : total, en 50 ans, environ 2 millions. Admettons ce chiffre comme l'expression de la réalité, de 1790 à 1840 la population totale n'en a pas moins progressé de 4 millions à plus de 17 millions. Admettons aussi que 800,000 étrangers soient venus se fixer aux États-Unis de 1830 à 1840 : est-ce que la population ne s'est pas accrue de 12,866,000 à 17,062,000, soitdeplus de 4 millions, et de 3 millions