MAUX QUI PEUVE^T EN RÉSULTER. PROPOSITIONS DE MVLTHUS
en défalquant les immigrants, soit de 38 pour 100?
Ne faut-il pas admettre que toutes ces familles d'étrangers, que toutes ces familles d'Irlandais et d'Allemands surtout, qui s'établissent dans la Pensylvanie, dans l'Ohio, etc., participent bientôt à la fécondité des familles américaines, et qu'ensuite la misère exerce beaucoup moins ses ravages parmi elles qu'elle ne l'eût fait sur l'ancien continent?
En résumé, nous sommes autorisés à conclure de toutes ces considérations et de tous ces faits que Malthus, en établissant sa fameuse proposition de la possibilité du doublement d'une population donnée en un quart de siècle, lorsque aucun obstacle ne s'oppose à son développement, était dans les limites de la réalité. Répétons que Malthus ne dit pas que la population double partout et toujours dans cette période. <i Jamais, a écrit Bastiat, Malthus n'a posé cette inepte prémisse : Les hommes multiplient en fait suivant une progression géométrique. Il dit, au contraire, que le fait ne se manifeste pas, puisqu'il cherche quels sont les obstacles qui s'y opposent; et il ne donne cette formule que comme puissance organique do multiplication*. »
¥. — Deuxième proposUion, démontrée par la nature des choiieff.
\/à deuxième proposition établie par Malthus re- * Harmonies économiques, 2* édition, p. 431.
50 DH PRINCIPE DE rOPULATION.
vient à dire que les subsistances ont une tendance à s'accroître moins vite que la population,
La démonstration résulte de la comparaison de la facilité avec laquelle les familles peuvent multiplier, et de la difficulté avec laquelle les récoltes sont obtenues. Or cette diflîculté,il n'est besoin que de trèspeu de considérations pour la rendre apparente.
D'abord il faut remarquer que la terre cultivée, celle qui donne les subsistances, est limitée*; qu'elle ne produit qu'à Taide des capitaux, qui sont également limités, et dont la formation ne s'obtient qu'à force de peines et de sacrifices; que ce n'est aussi qu'à Tàide de capitaux que les familles se transportent là où sont des terres cultivables et encore incultes^ et que ce n'est encore qu'à l'aide de capitaux, de travaux pénibles et du temps, qu'elles parviennent à rendre ces terres productives et à entretenir leur productivité. Cette puissance de la terre s'épuise en effet rapidement; au bout de peu d'années le sol refuserait tout secours, si les assolements, les engrais ou la jachère ne venaient lui rendre de nouvelles forces. Or qui dit assolement, engrais, drainage, amélioration quelconque, dit capital, et qui dit jachère dit interruption du produit.
Que si, par une hypothèse d'ailleurs tout à fait
^ En France, sur 5^2 millions d'hectares, près de 8 millions sont en landes, pâtis et bruyères, 7 millions en bois, 25 millions en terres labourables, dont un septième seulement en bonnes terres.
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inadmissible, on supposait que le capital pût se former aussi vite que la population, il y aurait à répondre, avec M* Senior*, quen agriculture, quoique chaque augmentation de travail ei de capital fasse augmenter le produit, cette augmentation du produit n est pas en proportion du travail et du capital. Supposons, en effet, que, par suite d'intelligentes améliorations, on ait dans le cours d'une période de temps doublé le produit : croit-on que, en doublant la dépense dans le cours d'une autre période, on parvienne encore à doubler le produit, et ainsi de suite? Y at-il un agronome qui puisse répondre affirmativement?