‹ Du principe de population: egergie de ce principeChapitre 34 sur 68 · CHARITÉ. DROIT AU TRAVAIL, A L* ASSISTANCE» ETC · texte numérisé non relu

CHARITÉ. DROIT AU TRAVAIL, A L* ASSISTANCE» ETC

a rencontré sur sa route la doctrine du Droit des pauvres à être assistés; soutenue par plusieurs publicistes du dernier siècle*; inscrite dans les constitutions françaises de 1791 et de 1793; proclamée de nouveau par les écoles socialistes de nos jours sous les noms de Droit au travail, Droit à Fassistance, Droit de vivre, Droit à un minimum de salaire ; inscrite dans la constitution de 1848, et de temps en temps invoquée par tous ceux qui veulent flatter les passions et les préjugés populaires.

C'est à cette occasion que Maltbus a fait une phrase qui a servi de texte à la plupart des dedans tions qui ont été dirigées contre lui. Cette phrase a été supprimée ds^ns la seconde édition de son ouvrage, mais elle a été relevée par Godwin et rééditée des milliers de fois par les adversaires de Malthus, qui Faltèrent la plupart du temps et qui en ont fait la base de son système. Les écrivain* socialistes l'ont, pour leur compte, répétée à satiété : dans un petit livre in-8", M. Pierre Leroux la reproduit au moins quarante fois; elle défraye les déclamations de tous les réformateurs de deuxième ordre. La voici :

« Un homme qui nait dans un monde déjà occupé, si sa famille i^ peut {dus le nourrir, ou si la société ne peut utiliser son travail, n'a pas le moindre droit

* Pjlt le proclamait au sein du parlement en 1796. (Hist. parlementaire de Hausard, v. XXX, p. 710.)

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à réclamer une portion quelconque de nourriture, et il est réellement de trop sur la terre. — Au grand banquet de la nature, il n'y a point de couvert rais pour lui. — La nature lui commande de s'en aller, et elle ne tarde pas à mettre elle-même cet ordre à exécution. »

La première phrase nie simplement le droit au travail et à l'existence. Ce rfest pas celle qu'on a le plus critiquée. La seconde est une figure de rhétorique assez prétentieuse et assez inutile, puisque l'idée qu'elle renferme se retrouve dans la troisième ; et celle-ci, il faut le dire, n'était ni exacte ni conforme à la pensée de l'excellent Malthus. — Malthus ne voulait pas dire à celui qui n'a pas de famille capable de le nourrir, ou dont le travail ne peut être utilisé par la société, de s'en aller; mais lui affirmer de la manière la plus positive, la plus péremptoire, la plus franche et la plus vraie, qu'il n'a rien à attendre, si ce n'est du bon cœur de ses semblables, envers lesquels il n'a aucun droit à faire valoir, desquels il n'a rien à exiger, sous peine de dissolution sociale. Il voulait dire aux pères de famille et à tous ceux qui coopèrent à la multiplication des hommes que la charité a des limites très-restreintes, et que les misères et les souffrances ne tardent pas à abréger les jtmrs de ceux dont la société ne peut acheter les services, ou, ce qui revient au même, de ceux qui ne peuvent lui rendre d'utiles services.

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Mettez dans la phrase de Malthus, au lieu des mots : napas le moindre droit à réclamer, ceux-ci : na pas le pouvoir de réclamer ou réclame en vain, et elle sera l'expression pure et simple de notre état social et de tout état social possible. « Personne, dit M. J. S. Mill*. n'a le droit d'avoir des enfants pour les mettre à la charge d'autres gens. »

Nous ne voulons pas dire que "cette vérité ne soif vraiment pénible, et qu'elle ne doive même étonnei ceux qui ont vécu dans l'illusion que, moyennant unf. nouvelle frtrme de gouvernement, un nouveau personnage à la tête des affaires publiques, l'émigration, la culture des terres incultes, la vulgarisation de la pomme de terre, l'usage des soupes économiques ou tout autre moyen dé banale philanthropie ou de crédule politique, on peut ne pas s'inquiéter de la multiplication des misérables. Mais ce qu'il faut bien reconnaître, c'est que ce qu'on vient de lire est effrayant, Malthus ne l'invente ni ne le conseille : Jl le constate seulement, et en avertit les pères de famille et ceux qui coopèrent à la multiplication des hommes hors de proportion avec leurs moyens de travail.

C'est la nature, et non Malthus, qui a mis un précipice sous les pas de l'humanité, et pourtant c'est ce pauvre savant que l'on rend responsable, comme

* Principes d'économie politiqve, liv. Vif, chîip. xii, § 2.

to.

s'il fallait punir une sentinelle de son cri d'alarme et des avis sévères, mais salutaires, qu'elle donne pour éviter le danger, ainsi que le faisait saint Paull (V.p.87.)

Mais, dit-on, il n'y a pas de précipice à éviter, et Malthus affirme une erreur, fci, le reproche change d'aspect, et notre philosophe n'est plus qu'un visionnaire. Hélas I nous le voudrions bien; mais les détails dans lesquels nous sommes entrés et l'expérience de tous les jours nous confirment que malheureusement Malthus a bien observé, et que les hommes doivent faire appel, comme a dit Rossi, à un travail incessant, à une haute moralité, à une inébranlable prudence, pour ne pas tomber dans les maux sur lesquels le philosophe anglais a appelé l'attention de son siècle.

Un écrivain éloquent, mais dont les variations ont beaucoup diminué l'autorité comme penseur, M. de Lamennais, a émis une assertion hiverse à celle de Malthus.

« 11 y a, a-t-il dit , place pour tous sur la terre, et Dieu l'a rendue assez féconde pour fournir abondamment aux besoins de tous.... L'auteur de l'univers n'a pas fait l'homme de pire condition que les animaux : tous ne sont-ils pas conviés au riche banquet de la Nature? un seul d'entre eux en est-il exclu?. . . . Les plantes des champs étendent l'une près de l'autre les racines dans le champ qui les nourrit

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toutes, et toutes y croissent en paix, aucune d'elles n'absorbe la sève d'une autre. »

Et autre part :

« Si le développement de chaque espèce ne rencontrait des bornes infranchissables, rien ne serait. Chaque espèce tendrait à envahir et remplir seule les milieux appropriés à sa nature... Animaux, plantes, entraînés par le même nouvement, dans un cercle éternel de permutations incessantes, sont l'élément les uns des autres, se donnent les uns aux autres et leur être et le climat de leur être, sans quoi aucun n'existerait ^ »

C'est la seconde fois que M. de Lamennais a raison, et dès lors son assertion première est lettre nulle. Il n'est pas vrai qu'il y ait place pour tous sur la terre; car Dieu ne rend la Terre féconde qu'avec le Travail et le Capital des hommes en état de travailler. L'homme n'a pas été fait de pire condition que les animaux; non assurément; mais l'auteur de l'univers lui a donné un libre arbitre, des facultés et une responsabilité qu'il n'a pas accordés aux bêtes et aux plantes. S'il ne sait pas se servir de son libre arbitre, s'il ne sait pas user de ses facultés, il trouve la souffrance et la mort. Les animaux et les plantes n'obéissent qu'à leur instinct et meurent aussi, quand

* Esquisse d'une philosophie, citation de M. du Pujuodc dans récrit cité plus haut, p. 170.

ils multiplient trop. 11 ne paraît pas que l'auteur de toutes choses ait voulu qu*il en fût autrement. Les hommes, au contraire, peuvent user de leur liberté, modérer la reproduction et éviter la famine qui amènerait la mort.

Nous avons voulu reproduira ce passage de Malthus tant critiqué, parce qu'il a un intérêt scientifique et historique, et parce qu'on dit que Malthus avait reculé de\^nt son œuvre. Malthus s'est si peu démenti, qu'il reproduit la même pensée dans un autre passage de sa dernière édition \ à propos de la liberté qu'il veut laisser au père de famille, à ses risques et périls. Ce sur quoi Malthus s'est toujours montré de bonne composition, c'est la forme de ses écrits; mais, sans se laisser détourner, même par l'injure, de ce qu'il a cru être la vérité, son calme, son sang-froid, son aménité à l'égard d'adversaires qui étaient loin de le payer de retour, sont vraiment remarquables.

Ici je pourrais citer bien des autorités respectables à l'appui des sentiments de Malthus; mais je me bornerai à transcrire celle de Bastiat, qu'on a voulu lui opposer, et qui a eu le tort lui-même de croire un instant, en écrivant les Harmonies économiques, qu'il avait trouvé une doctrine supérieure à celle de Malthus . Frédéric Bastiat disait, en 1844* : « On s'est élevé

* Voir notre édition de VEssai sur le principe de population, p. 516 de la collection des principaux économistes

* Dans une brochure sur la Répartition de IHmpÔt foncier

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dans ces derniers temps contre la doctrine de Malthus; on lui a reproché d'être triste, décourageante. H serait heureux^ sans doute, que les moyens d'existence pussent diminuer, s'anéantir, sans que pour cela les hommes en fussent moins bien nourris, vêtus, logés, soignés dans l'enfance, la vieillesse et la maladie. Mais cela n'est ni vrai ni possible ; cela est même contradictoire. Je ne puis vraiment pas concevoir les clameurs dont Malthus a été T objet. Qu'a donc révélé ce célèbre Économiste? Après tout, son système n'est que le méthodique commentaire de celle vérité bien ancienne et bien claire : Quand les hommes ne peuvent plus se procurer en suffisante quantité les choses qui alimentent la vie, il faut nécessairement qu'ils diminuent en nombre, et, s'ils n'y pourvoient pas par la prudence, la souffrance s'en chargera. »

C'est, en d'autres termes, la proposition tant reprochée à Malthus, dont Bastiat a partagé la plupart des idées dans ses Harmonies, en lui adressant toutefois quelques reproches erronés.

M. J. Stuart-Mill, l'économiste qui a le plus énergiquement défendu la prévoyance malthusienne et celte assertion qu'il n'y a d'aulre sauvegarde pour les salariés que la restriction du progrès de la population, admet le droit de la génération exislante à recevoir un minimum de salaire de la société , en

dans les Landes (écrite en 1844), p. 25, reproduite dans le t. I de ses Œuvres complètes.

échange du travail, par cette raison que personne n'est responsable de sa naissance. II considère cette dépei^se comme d'utilité publique, et dit qail n'est point de sacrifice pécuniaire trop grand pour ceux qui possèdent plus que le nécessaire, lorsqu'il s'agit d'assurer à tous ceux c[ui existent les moyens de vivre ^

M. Mill va ici bien loin» Le comunisme serait ou bout de cette assertion, qui n'est que le lapsus jÂimisR d'un esprit sympathique aux souffrances des pauvres. Qu'à un certain moment il soit prudent et d'utUité publique de secourir certaines classes; qu'on donne des secours aussi par sympathie, charité et devoir chrétien; — à la bonne heure. Mais, si on admet le droit strict des pauvres, à percevoir les secours; il n'y a plus de propriété. — Quant à la responsabilité de la naissance, pourquoi pèserait-elle plus sur le malheureux fils de l'imprévoyant que sur les autres?

Au reste, M. Mill, dans ce même chapitre, se répond à lui-même; car il combat la possibilité d'appliquer ce droit, en disant que, « si tout homme aie droit de vivre, personne n'a le droit de mettre au monde des êtres destinés à rester à la charge d' autrui, et que quiconque prétend soutenir le premier doit renoncer au second. » D'où résulte, selon lui, la nécessité de prohiber les mariages des indigents [V. cbap. xi).

Il ajoute : « Si vous mettez les ouvriers en état

* Ptineipes d'économie politique , vol. I, ch. xii.j). 413 de la traduction françair>e de JMM. Courcelle-Seneuil et Dussard, 1854.

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de ne plus s'occuper de leur salaire, si vous leur garantissez un minimum par la loi ou par l'opinion, tout le bien-être que vous pourrez leur donner ne déterminera ni eux ni leurs descendants à considérer la continence comme un moyen de rester en cet état. Ils réclameront avec colère Texécutioik de la garantie qu'on leur wra donnée pour eux-mêmes et poyr toute la postérité qu'As pourront amr. »

M. Mill fait encore remarquer que le travail de pareils ouvriers sera insignifiant : « Lorsqu'on n'a pas la faculté de congédier les journaliers, remarque-t-il, on ne peut en obtenir du travail que par le fouet, yx'

Ainsi la œnséquence forcée de ce droit à un minimum de salaire, c'est la démoralisation, la colère et l'esclavage des salariés!

Est-ce bien là un droit, et un droit à proclamer* ?

Toutefois M. Mill pense que la nouvelle loi des pauvres (1834), en Angleterre, a résolu la difficulté; mais on va voir que c'est en restreignant singulièrement ce prétendu drcrit qu'on n'a pas le droit de réclamer.

^ V. une note finale, historique et critique sur la question du Droit au travail, en France, après les événements de 1848.

180 DO PRinCIPE DE POPOLATIOn.

III. » Wem mOuftmiimmm mujL pMtvres prati^aées em A«- Sleierre t — Em taxe de» pauvre» aetaelle; — Syslèmetf de Mitevestleii uwée snppléiiieBt aux salaire» {mH—tmme^ •ycftfiM) et d'afrenaace d'om petit IH «e terre (allef.

T^xe d«« pattvfts. « C'est, dit M. Mill*, en se fondant sur ces motifs (F. les citations, p. 179) que plusieurs écrivains ont condamné la loi anglaise sur les pauvres et tout le système de secours accordé aux hommes valides qui n'est pas combiné avec un ensemWe de précautions légales contre l'excès de la population. Le fameux acte de la quarante-troisième année d'Elisabeth promet, au nom du gouvernement, du travail et des salaires pour tous les bras valides inoccupés. Il est probable que, si cet acte avait été exécuté dans toute sa teneur, si les administrateurs des secours publics n'avaient pas pris des mesures pour atténuer les effets naturels, la taxe des pauvres absorberait aujourd'hui tout le produit net de la terre et du travail de ce pays. Aussi ne faut-il pas s'étonner que Malthus et d'autres aient d'abord conclu contre toute espèce de loi des pauvres. Il fallait beaucoup d'expérience et une étude approfondie des différents modes de distribution des secours publics, pour affirmer que ledroit absolu à Tas* sistance pouvait être admis en droit et en fait, sans af* faiblir le principe d'activité elles effets de la prudence.

» Principes d'économie politique, ch. xn, g 2.

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C'est ce qui a été établi par les rechercher de la Commission pour la loi des pauvres.

« Bien qu'elle ait été injustement accusée d'hostilité contre le principe de l'assistance légale, c'est elle qui, la première, a prononcé complètement qu'une loi de§ pauvres dans laquelle le droit à l'assistance se trouvait reconnu, n'était pas inconfipatible avec l'intérêt permanent des classes laborieuses et de la postérité. Par la comparaison de faits constatés par l'expérience dans diverses paroisses dispersées sur toute la surface de l'Angleterre, cette commission a établi que le droit de l'assistance n'aurait point, sur les idées et les habitudes du peuple, les mauvais effets qu'on en redoutait, si l'assistance, complète quant au nécessaire, était accompagnée de conditions pénibles, telles qu'une diminution de liberté et la privation de certains agréments.

« A cette condition, on peut affirmer désormais qu'il n'est pas nécessaire d'abandonner au hasard le sort d'aucun membre de la société; que la société peut et par conséquent doit garantir tous ses meïnbres contre les dernières extrémités du besoin; enfin, que ceux qui sont hors d'état de vivre par euxmêmes peuvent être secourus sans craindre ou sans éprouver de douleur physique, et qu'il suffit de restreindre leur bien-être en les soumettant à une discipline rigide. Assurément l'humanité y a gagné quelque chose d'important déjà et qui peut le devenir

davantage par les conséquences qui peuvent en résulter : l'humanité n'a pas d'ennemis pires que ceux qui, sciemment ou sans intention, cherchent à jeter de l'odieux sur cette loi ou sur les principes qui l'ont produite*.»

Avant la réforme de 1834^ on donnait aux pauvi'es dés campagnes un supplément de salaires qui avait produit les plua détestables résultats révélés par l'enquête, et dont nous allons dire quelques mots.

AUowance System^ ou Système de subvention comme supplément aux salaires. — Ce système a été pratiqué par les paroisses pendant tout le commencement de ce siècle jusqu'à la loi de 1834. 11 consistait dans des secours donnés par les magistrats des districts ruraux à des ouvriers occupés chez les cultivateurs, pour compléter le salaire jugé nécessaire à ces ouvriers et à leurs familles. Le& fermiers prêtèrent la niain à ce système, qui leur permettait d'avoir des ouvriers à bas prix. Comme la subvention était distribuée proportionnellement au nombre des individus, elle a singulièrement encouragé la population, et les salaires étaient tombés si bas, qu'en réunissant le salaire et la subvention, les familles secourues étaient plus malheureuses qu'à l'époque oii elles n'avaient que

* Voir une note sur la loi des pauvres et les workouses, dans Notes et petits traités faisant suite à nos Ëiéments de Véconomie potilique, 5* édition.

CHARITÉ; DBOfT AU TRAVAlt, A L*ASSISTANGE , ETC, 185

leurs salaires, et que les familles non subventionnées tombaient, en nombre toujours croissant, dans le paupérisme.

Une subvention fixe par famille n'aurait pas tant encouragé la population; mais elle n en aurait pas moins amené la baisse des salaires, Fouvria^ comptant toujours sur elle ctoime sur un minimum assuré.

La loi de 4 854 a aboli ce déplorable Système.

Allotmentsystem, cm Système d'affermagt d un petit ht de teîi^e.—Ce système est pratiqué. 11 est défendu par M. Thomton et combattu par M. Mill *. D consisté à louer à Touvrier agricole une petite parcelle de terre qu'il cultive à la bêche pour obtenir les légumes dont il a besoin et un petit excédant qu'il peut vendre au marché, en bénéficiant sur la rente qu'il paye. On craint de louer à l'ouvrier une parcelle assez considérable pour l'occuper entièrement, ce qui le tirerait de la classe des salariés pour le transformer en petit cottager irlandais, obéré par la rente qu'il doit payer.

M, Mill ne voit pas dans ce système les avantages de la petite propriété^ qu'on a pu observer en Finance et en Europe ; il y voit au contraire l^s inconvénients d'un subside, si tous les ouvriers obtiennent des a/iotmentSj et un moyen restreint^ s'il ne profite qu'aux

^ M. Hill a plus dé confiance dans la Colonisation (v. diap. Viit> p. 148), et l'aliénation des biens communaiu (cfa; vii,p. 159).

{84 ou PAIKCIPE DE POPCLikTlOK.

ouvriers de choix *. M* Thonitoti le défend comme un moyen d'améliorer le sort des générations actuelles, qui, sous rinfluence d'une plus grande aisance, donneraient à leurs enfants des besoins plus élevés, et ceux-ci ne voudraient avoir des familles qu'à la condition de les voir jouir du même bien-être. — M. Mil, qui croit que toute amélioration soudaine et considérable (p. 149) peut exercer sur la moralité du pauvre assez d'influence poui* qu'elle devienne durable, n'attend pas cet effet de la location d'un morceau de terre * loué d'ailleurs à un prix exorbitant.

IY« — CMidasiiiB*

En résumé, personne ne peut avoir le droit strict, réel, positif, efficace, d'être assisté par des Secours ou même du Travail, c'est-à-dire, de vivre aux dépens de ses semblables.

La charité publique est insignifiante comme remède pour contre-balancer l'énergie du principe de population. Il en est de même, à fbrtioriy de la diarité privée volotitaire.

Que si on développait indéfiniment les institutions charitables à l'aide du trésor public, et si oii rendait la charité privée obligatoire, cela se réduirait à pren-

^ Over populc^ion nnd Us rem^t^, hoadon, 1846^ iih8. * Un quart ou un <leini-acre, 42 à 25 ares.

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dre la propriété des uns pour la donner aux autres, en vertu du droit au travaily etc., et à pratiquer le communisme contraire à la nature humaine; ce qui serait la dissolution de la société.

Toute institution charitable a toujours pour effet, dans une mesure plus ou moins grande, selon sa nature, son (wrganisation et Tesprit qui la dirige, d'affaiblir le ressort moral, la responsabilité, la dignité, et àe susciter Timprévoyance, Timmoralité, le paupérisme. Il en est de même de la charité privée, si elle est faite banalement, sans intelligence et sans dévouement à Thumanité.

Concluons enfin avec Ricardo* qu'aucun plan, pour secourir Findigence, ne mérite attention, s'il ne tend à mettre les pauvres en état de se passer de secours.

* Principes de V Économie polUiqttey chap. v.

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