L'INFANTICIDE, LA GUERRE
I. La prohibition des mariaj;es et de rimmigration, faible obstaclo ^
l'énergie du principe de population.
IL Lactation prolongée.
IJI. Procédés excentriques de Fourier; — idées des autres socialistes
{Circulus àe U. Pierre Leroux, XaUhumnmte de M. Proudhon);
— procédés de Weinhold; — du prétendu Marcus; — des philosophes
grecs. ^ llhfanticide.j IV-. La Guerre considérée comme moyen de contenir la population.
I. — l4i p^hihitton des iiiArla«e« et de llniiMiiTAtioii , tetlile ehstinele à l-énersie du priàeipe de population.
La restriction des mariages est quelquefois demandée ; elle a été introduite dans la législation de quelques États d'Allemagne^ et en Norvège; mais, sans examiner ici les principes de justice et d'éga-
* Voir une note finale.
lité qui militent contre cette restriction, nous dirons simplement que des mesures de cette nature seraient parfaitement inefficaces, soit parce qu'elles provoqueraient les naissances illégitimes, soit parce qu'elles ne présenteraient qu un léger obstacle aux naissances légitimes.
On ne doit pas plus défendre aux gens de se marier que leur promettre des primes s'ils ont beaucoup d'enfants.
La liberté d'association doit être ici complète, comme la responsabilité de ceux qui la contractent ; et ce ne sont pas les lois, ce nous semble, mais les mœuri^ qui peuvent plus efficacement agir dans cette affaire. — Il n'est pas inutile de dire que tel est Tavis deMalthus.
Au sujet de l'immigration, Destutt de Tracy Va émis l'opinion que voici : « L'immigration est toujours inutile et même nuisible, à moins qu'elle ne soit celle de quelques hommes qui apportent des lumières^ nouvelles. Mais alors ce sont leurs connaissances et non pas leurs personnes qui sont précieuses, et ces hommes-là ne sont jamais bien nombreux. On peut ian? injustice défendre l'immigration; et c'est précisément à quoi les gouvernements n'ont jamais pensé. Il est vrai qu'ils se sont encore plus rarement avisés de donner beaucoup de motifs pour la désirer. »
* Traité d'économie politique y 1825, p. 211.
Destutt de Tracy a raison à de certains égards; mais il a peut-être trop restreint les avantages moraux, économiques et providentiels de Timmigration. Il est bori, il est utile que les diverses nations du globe se fréquentent, se mêlent, se pénètrent ; il est utile que les races se croisent ; or tous les résultats de cette pénétration ne peuvent s'obtienir que par l'abandon du sol natal et l'émigration (voyez p. 147). Toutefois il est évident que certaines immigrations ont pour effet de faire baisser les salaires, et d'ôler aux populations auxquelles elles viennent se mêler une partie des avantages qu'a pu leur donner la prévoyance; mais, quoi qu'il arrive, l'avantage reste toujours du côté de l'homme prudent. — On voit ici que toutes les nations sont solidaires et qu'elles ont un intérêt réciproque à se moraliser mutuellement par l'exemple de bonnes habitudes.
Nous croyons qu'il fani proclamer avec Malthus la liberté d'immigration ; maïs nous ferons remarquer que la restriction serait ici plus facile à justifier qu'elle ne Test pour les produits; et cependant ce senties produits dont on a exclusivement défendu l'importation. Lorsque la populace de Paris demandait, en 18481c départ des ouvriers étrangers, elle était barbare, maïs logique ; et il nous souvient que le parti protectionniste eut quelque peine, à cette époque, à expliquer, dans ses journaux, comment ceux qui repoussaient la concurrence des bras avaient moins de
raison que ceux qui repoussaient la concurrence des produits alimentaires et autres.
Quoi qu'il en soit, la défense d'immigration ne serait pas un obstacle suffisant à l'énergie du principe de population.