‹ Du principe de populationChapitre 35 sur 120 · LE DÉSARMEMENT, ETC · texte numérisé non relu

LE DÉSARMEMENT, ETC

I. Des progrès de la production, de l’augmentation du Capital et des réformes économiques comme moyens de contre-bulancer l'excès de population : la réforme douanière , la diminution des armées permanentes. — Hypothèse d’un progrès absolu.

II. Des progrès de la production agricole ; de la culture des terres incultes, etc.; — des nouveaux aliments, de la pomme de terre, etc., comme remèdes à l’excès de population.

I.— DeM progrès de la production, de l’augmentation du Capital et deo réformée économiquee comme nioyeno de eontre-balaneer l’excèe de population > la réforme doua* nière ; la diminution dee armée» permanentes — Hypothèse d’un progrès absolu.

Il a été dit bien souvent, même par des économistes ; Pourquoi introduire dans la science cette délicate question de la population (p. 55), qui soulève

DU PIlINCirK DK POni-ATION.

tant do vives critiques, et un point de morale qui , ne peut ^mère être traité avec indépendance et bonne foi? Ne vaut-il pas mieux tourner les efforts de la j science vers les questions purement économiques, ' et reclierclicr les moyens d’augmenter la production ' par tous les moyens, et notamment par l’accroisscment du capital, le développement du crédit et de l’association, l’extension des débouchés, la suppression des abus et des monopoles, les réformes économiques et financières, et notamment par la réforme douanière, capalilede donner un si grand élan à toutes les branches de l’activité sociale, et un système de désarmement international, qui laisserait au travail des capitaux immenses dépensés en pure perte ; tous procédés largement efficaces, desquels résulterait plus de travail, plus de richesse à partager, et finalement l’aisance produisant naturellement plus de moralité et moins de fécondité dans la population ‘?

• C’est dans cette énumération que puisent les semi-adversaires plus ou moins inconséquents de Maltbus et tous ceux qui ne se soucient point de soutenir la discussion sur la prévoyance. Quelques-uns se donnent pour a])partenir b une prétendue école française moins sévère, moins dure que ce que l'on ai)pelle par op|H>sitinn l’école anglaise (voir p. 10, en note). D’autres se classent dans V économie politique chrétienne, à la suite de M.de Villeneuve-Bargemont, ou dans Véconomie politique charitable, appellation fort iiiqiroprc inventée par une société s’occupant à Paris des questions de charité. La vérité est ou n’est. |ias : si elle est; elle est aussi bien anglaise que française, aussi bien chrétienne que musulmane, cl la vraie chni’ilé eonsiste à la proclamer.

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iJ’aulrcs ajoutent à cette liste rinstriictioii, dont nous venons de parler, et l’éinigration, dont nous parlerons dans le chapitre suivant.

D’autres (et ce ne peuvent plus être des éconoinistesi invoquent l’emploi des moyens politiques, socialistes, charitistes et réglementaires, dont nous |)arlerons dans les chapitres suivants et dont nous faisons provisoiiement abstraction.

Nous sommes, avec l’école économique tout entière, de ceux qui ont la plus grande confiance dans l’efficacité des premiers moyens indiqués ci-dessus. C’est de l’ensemble de ces moyens (la liste est incomplète), introduits de plus en plus dans la pratitpie des gouvernements et des peuples , éclairés par l’expérience et par l’enseignement de la science, que doit résulter, toujours en proportion plus gi’ande, le produit net de la production, à l’aide duquel la population peut ou s’accroître ou améliorer sa condition par l’augmentation du bien-être et de la moralité.

Assurément plus le capital s’accroîtra par l’épargne «lans toutes les classes, plus l’agriculture, l’industrie et le commerce pourront se développer par la division (lu travail, avec l’aide des machines, du crédit, de l’association* et des voies de communication; plus les entraves de toute nature, administratives, douanières,

' Voii', pour rAssociitlioii, te qui est dit au tliap. ix, § 5.

nu i>ui>r.n’K hf. l■«l•uL.\Tlo^.

linnucièi es, politiques et militaires, les abus, les im>iiopoles, les mauvaises mesures lépslatives ou réglementaires, disparaîtront, et plus encore la puissance de la ])roduction se trouvera augmentée; plus les entreprises de toute espèce se multiplieront, plus il y aura des aliments pour les hommes, plus ces hommes, pris en masse, auront des salaires pour les payer.

(]e n’est pas tout; il résultera de cet ensemble de moyens, d’une part, une réduction générale des frais de production, et, d’autre part, une hausse relative des salaires, qui feront progresser la consommation, laquelle surexcitera à son tour la production.

Or ces effets seront surtout obtenus quand tomberont les barrières des douanes, qui isolent les peuples, (pii ralentissent le jirogrés des industries protégées en endormant celles-ci sur l’oreillerdes tarifs, — qui sacrifient pour ce résultat toutes les autres branches du travail, ayant besoin de la liberté d’aclieter pour s’approvisionner et de la liberté de vendre pour écouler leurs produits, — et (pii exercent une influence perturbatrice des plus d(';sastreuses sur la multiplication des classes inférieures.

Le système prohibitif a créé des industries artificielles ou mis diverses industries naturelles dans des conditions factices, qui ont indirectement et quelquefois trés-directemenl provoqué l’excès de population, puis amené une baisse des salaires. Ce système agit par les soubresauts et les crises auxquels il expose les

ACGMKM AT. DK l.\ PllODUCTIOÎI, ltKK)ll>IES KCO.NOMIQIiES. 17(1

jiopulations. Toute prohibition resserre à l’étrangeile débouché, le travail, le salaire dans l’induslrie contre laquelle elle est dirigée. Elle provoque ensuite des prohibitions correspondantes qui produisent le même efTet à Tintérieur. (Test par l’ensenible de ces effets réciproques que le système a produit une série de crises suivies de la mine de plusieurs entreprises et de la misère de diverses populations, et qu’il a arrêté l’élan général de l’industrie. Celle-ci a énormément progressé, par l’effet de l’expansion des libertés qui ont suivi l’émancipation de la tin du dernier siècle; mais elle aurait pu faire des pas bien plus étonnants encoi e. La cessation de ce malencontieux régime produira, comme cela est déjà arrivé, en Angleterre, des ctTets inverses. En Angleterre, la l éforme commerciale, provoquée par l’agitation delà Ligue de Manchester, qu’ont dirigée MM. Cobden, Bright, Wilson, etc., proposée et défendue par Robert Peel au Parlement (1840), a déjà produit, quoique incomplète, un accroissement prodigieux dans l’agricnllure. les manufactures, le commerce et la navigation; dans les importations , les exportations et la consommation intérieure *, ainsi qu’une diminution notable dans le paupérisme et la criminalité.

‘ En 1846, les oxporlaliüiis de la Gi ande-Bretagiie riiieiil de 57, 7 millions sterling } elles ont été* en 1855 , de U5,5 millions sterling I

DU l’I'.INCIl’K ÜK l'Ol'UI.ATlOfi.

Ce moven, présenté comme très-eflicace par les cconornistes et sanctionné par l'expérience, est actuellement à la portée d’à peu prés tous les peuples. Il peut être appliqué avec un avantage assuré, si on procède sur une assez grande éclielle, pour agrandir les débouchés; — stimuler la production et la consommation; —faire baisser les salaires directement par les demandes du travail, ou indirectement par la baisse de prix des objets; — amener l'aisance dans la population, et, avec l’aisance, les conditions nécessaires pour que le sentiment de dignité et de prévoyance se réveille parmi les classes pauvres et pour que la limitation ])révenlive de la population et de la concurrence les maintienne dans une situation moralement et matériellement supérieure.

Des effets analogues seront obtenus quand au système d’armements qui enlèvent annuellement des milliards et l’élite de la population virile à la production (pour ne parler que des résultats purement économiques et en négligeant l’action démoralisante du système) succédera, par l’effort de l’opinion publique et des gouvernements éclairés, un régime de fédération pacilique et libérale V

' .M. Lu roiiue, dans un excellent ouvrage intitulé : De lu tjuerre cl des arnu'es permanentes, i vol. in-8°, chez Guillaumin, a recueilli des chilTres destjuels il résulte qu’avant la guerre d’ürient les années d'Europe occupaient 2,800,000 hommes perdant un travail évalué à 753 millions de fiancs, et consommant les six

AUGMENTAT. DE LA I'HODUCTION, IIÉEOIIWES ÉCONOI KJL ES. 155

Mais ces améliorations, celle augmentation de capital, cet accroissement de production agricole et antre, marchent bien lentement; et, quant à présent, il est impossible de ne pas admettre (les faits sont là) que les progrès sont plus lents à s’accomplir que les populations à multiplier et à passer; de sorte que la nécessité des conseils de prévoyance et de prudence subsiste. Toutefois, c’est à cet ordre de moyens, exclusivement, qu’aprés l’instruction des masses sur les lois de la population, sur le devoir et l’efticacilé de la prévoyance, sur les illusions de la charité et des autres moyens de la politique, delà philanthropie ou du socialisme, il faut avoir recours de nos jours pour obtenir d’une manière un peu eflicace l’amélioration de la condition des populations.

Ce rnoven sera mallieureusement encore très-longtemps à la disposition des réformateurs.

Mais supposons, à l’aide d’une hypothèse fantastique, qu’un pays x en est arrivé à ce degré de civilisation on les Abus, les Monopoles, les Préjugés, les

f('|)licnu*s des recettes |jubli(|uos, soit 5 iiiilllards 260 million.s de francs. Les propriétés affectées au service de la guerre valent plus de 18 milliards : intérêt 750 millions. Les dettes publiques occasionnées par la guerre dépassent 58 milliards : intérêt annuel à payer, 1,748 millions de francs. Tout cela retournerait à la production! 11 faut ensuite multiplier |>ar 2 les avantages qui en résulteraient, car, au lieu d'une consuunnation improductive, on aurait lin consoinniation reproductive.

'IL nU.NLIl'b UK POI'L'LATIO.N.

Kiiliavos tlc“ lontos sortes, ont disparu. 11 n'y a j)liis d’Arinéc peiinanente ; la Justice est bien rendue; le Gouvernement peut remplir sa mission de producteur de sécurité avec un petit nombre d’agents bien surveillés, point tracassiers, responsables. Les ImpiMs ne i)èsent point, le Travail et les échanges sont libres urlii et orbi; le Capital progresse; on tire le meilleur parti du sol, du capital et du travail; la l'roduction agricole et industrielle, la Consommation, s’o|)crcnt sans obstacles.

Kli bien, si ceux des habitants de ce pays pbénoménal, qui vivent du produit de leurs services, veulent voir s’élever ou se maintenir leurs salaires, ils devront ])rendre un soin extrême à ne pas multiplier leurs familles aussi vite que la nature leur * permetrait de le faire, car il arriverait bientôt un moment où cette multiplication irait plus vite que celle du capital, plus vite que celle des économies et du produit net. Alors la rente des propriétaires et le profit des entrepreneurs hausseraient, en même temps que le prix des subsistances et des autres produits du sol, tandis que les salaires baisseraient. La lèpre du Paupérisme, avec son cortège de maux, viendrait compliquer la situation, et dame .Nature procéderait par les souffrances morales (d physiques, et par la mort, pour éclaircir les rangs des travailleurs qui ne se seraient pas assez préoccupés du danger de s'accroilie au delà des propor-

AI'GMKATAT. de I.A PllODlICTION, llÉFOUMES ^XO^OJI IQUES. 155

lions nécessaires, en vertu de ce libre arliilre, attribut donné à l’homme précisément pour éviter ce danger.

Et, chose à remarquer, il n’y aurait plus dans ce pays des abus, des monopoles, des obstacles, jdus de barrières douanières, plus d’armements à faiie disparaître pour donner de l’élan au travail et à la production. Nous parlerons plus loin de réinigi ation.

L’hypothèse que nous venons de faire, fantastique aujourd’hui, est cependant réalisable, parce que les abus, les monopoles, les obstacles provenant des hommes doivent disparaître progressivement. On inct du temps à se débarrasser des anciens abus, et il en pousse toujours de nouveaux; mais la forêt tend à disparaître devant ces bûcherons qui ont nom liberté! presse! opinion!

Les obstacles physiques ne seront, à beaucoup d'égards, ni tous ni toujours insurmontables; car l’humanité a été douée de ce puissant auxiliaire qui a nom la science.

Tôt ou tard aussi les classes les plus nombreuses pourront apprendre à quelle condition fondamentale, sine qud non, elles peuvent espérer un meilleur sort. Cette condition fait théoriquement partie du bon sens, et ce bon sens peut devenir le sens commun et pénétrer dans l’opinion malgré l’opposition des intérêts et des préjugés, de la prévention, de l’ignorance on (le l’idiîc préconçue.

DU PRmCIPE DE POI’LI.ATIOS.

ll.-neH |>rosrèw de la prodiietion agricole; de la culture deR (erre* incultea, etc. ; — des nouveaux alinientM i de la pomme de terre, etc., comme remèdeo à l’excèa de population.

Les réflexions qui précèdent seraient, au besoin, suffisantes ; mais il ne sera peut-être pas inutile de nous arrêter sur les points spéciaux que nous venons d'indiquer.

Assurément les progrès des arts agricoles et l’extension des qultures, par l’augmentation du capital, l’applicâtion des machines, etc., accroissent les quantités et le rendement des récoltes assurément l’augmentation des subsistances permet de pourvoir à l’entretien d’un plus grand nombre d’hommes. Ri en de plus évident et de moins contesté par les économistes malthusiens. Mais ce progrès agricole peut-il être toujoui’s et partout, dans le présent comme dans l’avenir, assez fécond pour contre-ba lancer l’énergie du principe de population? Évidemment non, si ce que nous avons dit à propos de la facilité de la multiplication de l’espèce humaine et de la fécondité du sol est exact. La discussion revient donc sur ce point fondamental . Car, si la terre était capable de nourrir tous ceux qui seraient susceptibles de naitre ; et si les salaires pou-

* P.ir suite (le récents perfectionnements, la meunerie, depuis (pielqiu's annt'os, relire un tiers et même uncpiartdeplus de farine.

M’GME.NTAT. UE I-A PRODUCTIOX, RÉFORMES Kf.O.NOMlQUES. iZl

vaient ne pas baisser par la (^ncurrence des travailleurs, la prévoyance serait évidemment une vertu de reste, et les discussions sur la population parfaitement oiseuses. Jusqu’à preuve du cctntrairo , nous pensons que, si J. Say a pu dire que partout où il y avait un pain il naissait un homme, il serait absurde d’agir comme si partout où nait un homme surgissait un pain, et que les aliments se proportionnent aux homnvss.

11 peut se faire que, dans un temps et dans une localitédonnés, une plus grande population soit nécessaire pour occuper plus utilement le capital existant, soit dans l’agriculture, produisant directement les moyens de subsistance, soit dans l’industrie et le commerce, les produisant indirectement par voie d’échange ; mais ce n’est là qu’une exception sur laquelle on ne peut baser la sécurité de toute une société, à l’exclusion de la prévoyance.

Et les terres incultes ne forment-elles pas les trois cinquièmes du globe? Sans doute. Mais il faut aller les chercher, s’y installer et s’y maintenir, avec des chances très-incertaines de résister au climat, aux hôtes féroces, aux sauvages et à l’isolement : et, pour cela, il faut avoir un capital, qui fasse face aux irais de déplacement, d’installation et de défrichement, en attendant les récoltes. Sans capital et sans moyens de transport et de travail, ces terres sont comme si elles n’existaient pas. Le capital doit donc

picct'dcr la population dans une certaine mesure.

Si l’on parlait seulement des terres encore incultes (pii sont à proximiU'i des populations, nous dirions (pi’il est rare que leur mise en culture ne soit une erreur au point de vue de l’agronomie, et qu’on ne tarde jias à s’apercevoir qu’on a employé du travail et de l’engrais sur de mauvaises terres, tandis que ces capitau.v eussent donné de plus utiles résultats sur des terres de qualité supérieure. Il peut y avoir des exceptions; mais ces exceptions ne sauraient être un remède suffisant à l’excès de population d’un pays*.

Tou|efois il y a bien des localités où l’aliénation des biens communaux improductifs entre les mains des communes amène un accroissement de production et d’occupation pour de nombreuses familles. M. J. S. Mill a assez de contiancc dans ce moyen pour le recommander en Angleterre. «Le désir de posséder une de ces petites propriétés, dit-il, deviendrait probablement, comme sur le continent, une excitation à la prudence et à l’économie, qui ferait sentir ses elfets dans la classe laborieuse tout enlièi c ; et on aurait rempli le grand vide qui existe chez un peuple de cultivateurs salariés, en créant une classe intermédiaire entre lui et ceux qui l’emploient*. »

Le: moyen parait bon, eu effet ; mais il est limité et

' Voir Essai sur la •population, liv. 111, ch. xiv.

* Principes d'économie politùiue, ch. xui, § 4.

AtIGMESTAT. DE I.A DDODUCTION, HÉPORMES Éi.ONOMIQL Eti. 159

ne peut être employé que pour une seule génération.

L’argument des terres incultes, considérées comme moyen de contrc-balancer l’énergie du principe de population, est donc, en définitive, une illusion.

Il en est de même de celui tiré des nouvelles sid)stances alimentaires, la pomme de terre, par exeni|)le, argument favori d’une certaine classe de philantliropes.

Toute conquête de l’agriculture est favorable au développement de la population dans une certaine mesure; mais il faut considérer que la nouvelle culture nécessite une certaine qualité de terrain, de travail et de capital, aux dépens d’une culture ancienne.

D’autre part, l’expérience montre le danger qu’il y a pour une population à baser sa subsistance sur un seul produit . Quand arrive une disette, la famine exerce de bien plus cruels ravages. La déplorable situation de l’Irlande et de beaucoup de localités dans d’autres contrées par suite de la maladie des pommes de terre en est un cruel exemple.

Cet infortuné pays nous a encore montré combien le développement de la culture des pommes de terre a peu remédié à la misère. Voici dans quel affreux inartyTe, malgré le développement de la culture du tubercule, les Irlandais traversaient cette vie avant la maladie des pommes de terre. On lit dans l’irlunde sociale, poidique et religieuse , par M . G . de Beau-

140 DU rniNCiPE pe popli-ation.

mont : « Tous, étant pauvres, n’emploient pour se nourrir que l’aliment le moins cher dans le pays, les pommes de terre; mais tous n’en consomment pas la même quantité : les uns, et ce sont les privilégiés, en mangent trois fois par jour; d’autres, moins heureux, deux fois; ceux-ci, en état d’indigence, une fois seulement; il en est qui, plus dénués encore, demeurent un jour, deux jours même, sans prendre aucune nourriture... L’Irlandais ne mange de viande qu’une fois l’an, le jour de Noël*. »

La pomme de terre est une bonne et excellente nourriture quand elle est convenablement accompagnée, mais elle devient une triste chose quand elle est, comme en Irlande et dans les plus pauvres villages de France et d’ailleurs l’unique soutien d’une population cliétive et affamée. Mais admettez que le kilogramme de pommes de terre ou de tout autre légume équivale à un kilogramme de bonne viande ; ce tubercule tardera-t-il longtemps à manquer, si vous n’arrêtez pas le principe de population ? Nous sommes toujours en face de la même difliculté.

Mêmes réflexions à faire sur l’igname de la Chine, le marron d’Inde , le gland*, ou tout autre tu-

* L'Irlande sociale, politique et religieuse, 6* édit., 1845, t. I, p.217.

* Si l’homme se résout à manger des glands, que mangeront les rodions? Ne vaut-il pas mieux manger les glands sous la forme indirrrtp de lard et de jambon?

AUGMENTAT. DE LA PRODUCTION, IlÉrOflMES ÉCOOMIQUES. |41

hercule ou fruit , sur les autres expédients de cuisine économique ou cliaritable \ les sociétés alimentaires pour la consommation en commun, qui ne peuvent être que des expédients momentanés plus ou moins efficaces.

* Voir ce que dit Mallhus sur les soupes économiques du comte Rmnrord, comme nouiTilure géncnilc du |(Ciipli‘. Liv. VI, cliap. xi.

CHANTRE Mil

SUIT!-: DKS MUVK.NS UL' IIKMKÜKS l'ROl’OSKS

POUR coMHA'rriîi': i;knf,ruie du prlncipu du pmpi i,.\tiu.\ ou p;.N UONTRK-ItAUANCKR UKSEFFUTS:

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