‹ Du principe de populationChapitre 52 sur 120 · NOTICE SUR GODWIN · texte numérisé non relu

NOTICE SUR GODWIN

\vin, traduit de l’anglais, par F. S. Constancio, D. M., etc. Paris, Aillaud, 1821,2 vol. in-8.

L’auteur a partagé son ouvrage eu six livres, traitant ; de l’accroissement de l’espèce humaine dans les divere pays ; des bornes de la faculté d’accroissement; des causes qui entravent ou font décroître la population ; de la population aux États-Unis ; des moyens que 1a terre fournit pour la subsistance de l'homme et des principes de morale et de politique ressortant de la théorie de Malthus. Le premier volume contient en outre une dissertation de M. David South, aux instances et aux idées duquel Godwin doit (il le dit luimême) d’avoir publié ce livre.

Les autres principaux ouvrages de Godw iii sont

Vie de Chaucer (1823), 2 vol. in-8 ; — L'Histoire de la répu-blique d'Angleterre jusqu'à la restauration de Charles II (1821 ’a 1828), 4 vol. in-8 (Le quatrième volume est entièrement consacré à Cromwell, dont Godwin a fait une étude particulière) ; — Pensées sur l'homme, sa nature, ses productions et découvertes, 1 vol. in-8; — Essai sur les sépultures (18ü8), in-8; — Vies des nécromanciens (ISÔit), 1 vol. in-8; — les romans : Caleb William (1795), traduit par Germain Garnier; Suint-Léon, Fleetwood (1805), Mandeville (1817), Cloudeslay (1850), Deloraine, etc.

^OTE HISTORIQUE SUR LES OPINIONS ÉMISES, AVANT MALTIIUS, SUR LE PRINCIPE UE POPULVTION.

Moxtesquieü exposait, dans V Esprit des lois *, que la popiilaliou est en raison des pi-oduits dout elle peut disposer. Mais on voit dans d’aulrcs passages qu’il n'avait pas des idées bien nettes sur ce sujet. (V. plus loin la noie Xlll.)

Il dit ailleurs :

« Partout où il se trouve une place où deux personnes peuvent vivre commodément, il se fait un mariage. La nature y porte assez , lorsqu’elle n’est point arrêtée par la difficulté de la subsistance »

Voir encore (i>. 39) son opinion sur la fécondité des mendiants.

Mirabeau, le père, dans son célèbre et j)cu intelligible Ami des hommes, ou Traité de la population (1755), .avait d’abord écrit que la population était une source de revenu. Plus tard il avouait son erreur et reconnaissait que c’est le i'evenu qui est la source de la population, et il disait : (( La « mesure de la subsistance est la mesure de la population^.»

* Liv. XVill, cliup. X. — La pieiuièrc édiliou de VEspril des lois est de 1748.

* Esprit des lois, liv. xxm, ch. 10.

* Tome VIII, p. 84, in-12, 17C2.

OPIMONS ÉMISES AVANT IIALTIIIS, 24i

Les autres Piiïsiocrates avaient assez nettement entrevu le principe de population ; mais aucun d’eux ne l’a démontré à fond. — QoESNAva dit : « Qu’on soit moins attentif à l’augmcutation de la popidation qu’à l’accroissement des revenus ' . »

Smith écrivait en 1775 ;

a Naturellement, toutes les espèces animales multiplient à proportion de leurs moyens de subsistance, et aucune espèce ne peut jamais multiplier au delà. Mais, dans les sociétés civilisées, ce n’est que parmi les classes inférieures du peuple que la disette de subsistances peut mettre des bornes à la propagation de l’espèce humaine ; et cela ne peut arriver qi*c d’une seule manière : en détruisant une grande partie des enfants que produisent les mariages féconds de ces classes du peuple*.

« La demande d’iiommcs règle nécessairement la production des hommes, comme fait la demande à l’égard de toute autre marchandise ; elle en liàte la production quand celle-ci marche lentement, et l’arrête quand elle va trop vite. C'est cette demande qui règle et détermine l’état où est la propagation des hommes dans tous les différents pays du monde , dans l’Amérique septentrionale, en Eurapc et à la Chine; qui la fait marcher d’un pas si rapide dans la première de ces contrées, qui lui donne dans l’autre une marclie lente et graduelle, et qui la rend tout à fait stationnaire dans la troisième »

« Dans la majeure partie de l’Europe, il faut au moins, à ce qu’on prétend , cinq cents ans pour doubler le nombre des habitants, tandis que, dans plusieurs de nos colonies de l’Amérique

* XXV* Maxime. (Collection des Principaux Économistes. Vh\- SIOCRATES, p. 101).

* Richesse des nations, liv. I, chap. vni, édition Guillaumiu, p. 109.

’ Ib., p. 111.

DD PRIKCM’E r.F. POPCLATIOK.

scploiitrionjtl.e, il double, dit-on, eu vingt ou vingt-cinq ans *. » « Les pays ne sc peuplent pas en proportion du nombre ([lie leur produit peut vêtir et loger, mais en raison du nombre que ce produit peut nourrir. Quand la nourriture ne inauque pas, il est aisé de trouver les choses nécessaires pour SC viHrr et se loger; mais on peut avoir eelles-ei en abondance et éprouver souvent de grandes difficultés à se procurer la nourriture’*. »

llerreuschwaud disait aussi:

« La procréation de res[»èce humaine parait être sans bornes; sa'nourrituro, au contraire, a des limites. Tant([ucla procréation n’a pas. atteint les limites de la nourriture, l’espèce humaine est susceptible de imiltijilication »

ünTEs émettait, à la fin du siècle dernier, les propositions suivantes : ' - *• ,

« La population se mainlicnt,* augmente ou diipinue toujours proportionuellemeut et en conséquence des richesses maintenues, augmentées ou diminuées avunt; mais jamais la population ne précède les richesses. »

« Les générations des hommes sont limitées par les hommes, celles des brutes par la force *. »

' L’écrivain italien entend par population la 'population elVective, et non les naissances» qui- peuvent très-bien précéder les richesses , sauf il être neutralisées par la mort.

Dügald Stkwart, ([uelques aimées avant la première publication de Mal th^us, posait ainsi le problème :

' Hichessc des nations, liv. 1, Cli. .\r, pi 201».

- Ihid., U' vol., liv. III, cli. iv,p. 515.

* Discours sur lu population, Londres, -1780, cité par J. B. Say {Cours complet, 4' partie, chap. I).

* liiflessioni sullapopulatione..., Venise, 1790.

Page 1