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I.es malthusiens! quelle est donc cette engeance

Dit en riant le peuple travailleur.

Est-ce un» canaixl rouge, blanc ou régence, frais emplumé par quelque ccrivailleur?

iVe riez pas, tremblez j)lutôt, mes frères,

C'est une secte à qui l'Anglais Malthns Osa léguer ces an êts funéiaires Dont je traduis le sombie |>rospectiis :

Qu’attendez-vous, enfants du prolétaire.

Quand vous n’avez ni travail ni crédit?

Celui qui chôme est de trop sur la terre.

Allez-vous-en, les malthusiens l’ont dit.

‘ 1 d'un Album populaire. (Chez Durand, rue Rambuteau;

jaroles de M. Victor Rabincau, musique de M. A. Maquerie. Avril 1849.)

Qu.iml nous disons ; « Que tout le inonde vive, » . . . Les barons, les sbires de la presse,

Les fmaritiers, les chacals de jiarquet,

Tous malthusiens engraissés de paresse.

Ont répondu : « Pour nous seuls le banquet ! »

Qu'attendez-vous, etc.

Tu dois, rebelle aux lois de la nature.

De par Malthus ossifier ton cœur.

La faim sévit sur la plèbe inutile El lord l’enfant h son cou suspendu.

.N’approche plus ta feniine trop fertile ; Comme le pain, l’amour l’est défendu.

Qu’attendez-vous, etc.

Le prè'.i e même épouse leurs fureurs.

Qn'attendez-v'ous, etc.

Allez-vous-en

Et, si bientôt la mi.sère est trop lente,

. . . L’ordre, à la main sanglante.

Aura pour vous des canons et du feu.

Qu’attendez-vous, etc.

Cette chanson est bien l’expression des sentiments de la grande majorité de ceux qui connaissent le nom de Malthus, qui croient, parce qu’on le leur a dit, et qui croiront justju’à ce ipi’on leur ait enseigné le contraire, — que les malthusiens sont les apôtres de toutes les aristocraties; — les promoteurs

AIIKRRATIOAS AH SDJET DE llALTltUS.

de l’exploilalion des masses par les riches; — les inspirateurs des écrivains, des magistrats , des gouvernements, des prêtres ennemis des reformes; — qu’ils veulent défendre les mariages, détruire la famille, — et qu’ils provoquent les mesures draconiennes contre les masses. — C’est tout juste le contraire de la vérité î

Dans un moment d'agitation populaire, l'accusation de malthusien pourrait donc devenir aussi dangereuse que celle d’accapareur ou de sorcier.

Et pourtant les pauvres, les salariés, n’ont jamais en tni défenseur plus chaleureux, mieux inspiré, plus intelligent que ce bon et digne Mallhus !

Je ne désesjicre donc pas qite, tôt ou tard et

. . .après lin lent examen,

On ne lui dresse une statue

Pour la gloire du genre humain. (Béraxger.)

Le lecteur trouvera peut-être assez curieux que nous lui signalions ici, au-dessous de l’accusation de malihusinisme lancée contre la doctrine économique et la doctrine générale de l'Eglise, différant entre elles sur les deux points fondamentaux de la charité publique et de la contrainte morale, — que nous lui signalions, disons-nous, la décision de la sacrée congrégation de l’Index.

Nous avons lu dans V Économiste beUje* :

' Journal des réformes économiques et adminislralives, publié par M. de Molinari, 2‘ année, 20 nov. 1856.

558 DC PniJiCIPF, DK l'OPlI.ATlOJÎ.

' » La sacrée congrégation de l’Index vient de mettre en in-

terdit le Dictionnaire de l'économie politique, ce magnifique répertoire d’une science qui a inspiré le plus grand homme d’Élat de notre temps, sir Robert Peel, et qui a fourni au pape Pie IX le seul bon ministre qu’aient jamais pqssétlé les États pontificaux , M. Rossi. Le Journal de Bj'îtxe/Ies ne manque pas d’approuver l’arrêt rendu par la sacrée congrégation de l'Index, en affirmant que le Dictionnaire de l'économie politique n’est qu’un tissu d’immoralité. Comme preuve à l’appui, le Journal de Bruxelles cite d’abord un article de M. Clément sur les besoins des hommes, dans lequel cet économiste immoral a proclamé que l’homme doit chercher à multiplièr ses besoins, et qu’on ne résiste à une jouissance qu’en vue d’une autre; ensuite, un article de M. Joseph Garnier, sur la population et sur la charité, dans lequel cet autre économiste, plus immoral encore, affirme, en premier lieu, que la charité ne saurait être la règle dans la société, mais l’exception, et qu’il n’est pas bon que les hommes s’accoutument à vivre les uns aux dépens des autres; eu second lieu, que les hommes ne doivent pas se multiplier avec l’imprévoyance des brutes, mais (ju’ils s«int tenus de consulter leurs ressources avant de se charger de la responsabilité d’une famille, Sans doute, répondrons-nous au Journal de Bruxelles, les économistes prétendentqueriiomme doit multiplier ses besoins; mais, comme les économistes sont essentiellement spiritualistes, comme à leurs yeux l’homme n’est pas simplement composé de matière, ils entendent par besoins aussi bien les appétits de l’àme que ceux du corps. Cultiver son esprit, développer et enrichir son àme, c’est donc un besoin pour les rédacteurs du Dictionnaire de l'économie politique, si ce n’en est pas un pour les membres de la sacrée congicgation «le l’Index et pour leui*s collègues du Joh; -

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AUl-tUlATIOKS AU %CJKT DE EAITlilS. " 559

nal de Binixelles. Voilà pour ce qui concerne les hérésies morales de M. A. Clément. ^

« Voyons maintenant si les méfaits reprochés à M. Joseph ’ Garnier sont plus sérieux. M. Garnier prétend que Forganisalion de la société ne saurait être fondée sur la charité, et que le travail est préférable à la mendicité. M. Garnier a contre lui, nous en convenons, l’exemple du bienheureux Labbre, ce vertueux mendiant d’Kglise, récemment préconisé par VL'nivers; en revanche, M. Garnier peut invoquer l’autorité de saint Paul, qui disait assez durement, ma foi, aux Labbre de son temps : « Celui qui ne veut pas travailler ne doit pas manger. » Il se peut que V Univers, qui a réussi à faire canoniser le bienheureux Labbre, réussisse aussi à faire mettre saint Paul à l’index; mais, en attendant, n’esl-il pas bien permis de préférer saint Paul à V Univers?

« Enfin, M. Garnier recommande la prévoyance en ma-tière de population. Quand le Journal de Bruxelles le voudra, nous lui prouverons que M. Garnier et les autres disciples de Malthus sont d’accord sur ce point, non-seulement avec le sens commun et ses apôtres, mais encore avec la religion et ses docteurs. En attendant, nous nous bornerons à lui recommander de mieux choisir les témoignages qu’il oppose aux démonstrations des économistes?

« Au surplus, ne nous étonnons pas de l’arrêt rendu par la sacrée congrégation de l'Index. On condamne volontiers ce qu’on ignore. Il y a apparence que, si les inquisiteurs de la Foi avaient su un peu d’astronomie, ils se seraient abstenus de condamner Galilée. De même, si comme le voulait excellemment, en 1847, le pape Pie IX, conseillé par M. Rossi, l’économie politique était enseignée dans les séminaires, la sacrée congiégation de l’Index ne condamnerait pas aujourd’hui le Dictionnaire de l'économie politique. »

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nr PKIM IPK IlE POPri.ATlO.N.

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Dans cette même appréciation, le Journal de Bi'uxelles s’appuyait sur l’autorité do M. Proiulhon, qui n’a pas, que nous sachions, préconisé la charité comme solution à la misère, bien qu’à vrai dire la doctrine de la charité aboutisse au droit au travail , dont ne voudrait pas le Journal de ' Bruxelles, dès lors mallbusien aux yeux de M. Proudhon, malthusien, à son tour, aux yeux des rédacteurs du journal religieux, qui rc|ioussent la contrainte morale que conseille M. Proudhon (V’. p. 171).

FI.N DES SiVTKS COMPLÉMENTAIRES

TABLE ÂLPHÂBÉnOlE ET RÂISOAAÉE

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