‹ Du principe des nationalités (volume 2)Chapitre 1 sur 51 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

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L'idée première de cet ouvrage remonte à plusieurs années : elle me fut suggérée par les efforts laborieux que les Principautés moldo-valaques firent, en 1855 et 1856, pour fonder leur unité et préparer leur indépendance, efforts, qui, avec Taide persévérante de la France, triomphèrent à la fois des résistances de la Turquie et de l'opposition ombrageuse des diplomates autrichiens et anglais. Mon attention fut, dès cet instant, éveillée sur les tentatives faites, dans un but semblable /en divers f oints de notre continent, au sein de l'Allé-

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magne, en Italie, parmi les races slave et madgyare, et dans le groupe Scandinave qui habite les rivages de la Baltique. J'aperçus le travail de régénération des nations européennes, et j'entrepris de réunir les éléments qui devaient me sewir à en exposer les phases successives ainsi que les fortunes diverses suivant les temps et les lieux. Ce sujet se rattachait d'ailleurs, par plus d'un côté, à des études de géographie et d'histoire qui m'étaient devenues familières et rendaient ma tâche plus facile.

Depuis 1859, les événemens se sont précipités. Après cette courte et brillante campagne, où chaque rencontre avec l'ennemi a été l'occasion d'une victoire pour nos armes et pour celles de notre allié, nous avons vu se réaliser, en moins d'une année, l'affranchissement de la Lombardie, du grand duché de Toscane, des duchés de Parme et Plaisance; de Modène et du Bolonais; la création d'un royaume subalpin de douze millions d'âmes, et le retour du comté de Nice et de la province de Savoie au giron de la famille française. En dernier lieu, et, pendant que nous terminions cet écrit, le monde retentissait des exploits légendaires d'un chef héroïque de p^tisanSj et l'accession imminente des Deux-Siciles, des Marchés et de

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rOmbrie à la couronne de Piémont va compléter la formation d'une monarchie italienne.

Quand on considère ces faits dans leur ensemble, et qu'on les rapproche des événements politiques accomplis depuis quarante ans, on ne peut s'empêcher de reconnaître qu'ils procèdent d'une cause commune, qu'ils constituent des applications variées d'un principe unique, et forment, pour ainsi dire, les scènes successives d'un drame qui se déroule à la surface de l'Europe.

Montrer la loi générale qui régit ce grand mouvement, qui domine désormais les combinaisons de la diplomatie, et s'introduit dans le droit public des sociétés civilisées; expliquer la date récente de son avènement ; définir le rôle que chacun des principaux gouvernements remplit dans cette lutte du droit des peuples contre l'ancien esprit de conquête ; faire voir ses effets immédiats dans la distribution des États, et pressentir ses conséquences futures au point de vue économique et moral, tel est, en peu de mots, l'objet du livre que je mets sous les yeux du public.

Plein de foi dans le principe des nationalités, j'oserai, tout dénué que je suis de notoriété dans le monde politique, réclamer quelques instants d'attention que les

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plus autorisés ont tant de peine à obtenir. Mais ma conviction n'est pas seulement mon excuse, elle fait aussi ma force, et la puissance virtuelle de l'idée dont je poursuis la vulgarisation, suppléera, j'en ai la confiance, à la faiblesse et à Tinsuffisance de l'ouvrier.

l^aris, 10 octobre 1860.

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