‹ Du principe des nationalités (volume 2)Chapitre 5 sur 51 · DO PRINCIPE · texte numérisé non relu

DO PRINCIPE

progrès rapides et frappera bientôt les plus inattentifs. A la vérité, le Germain reste peut être encore cantonné dans le culte du germanisme, le Slave dans l'idée panslavute^ et Tltalien dans Vitalianisme. Nous en avons des indices dans la répugnance que montrent des promoteurs de Tunité allemande à abandonner des provinces italiennes dépendantes de Tempire autrichien^ et certains défenseurs de lltalie à abandonner des provinces d'origine gauloisey accouplées aux États italiques*. Mais ces idées sont tellement corrélatives les unes aux autres, tellement connexes, que chacune d'elles entraîne de plein droit, comme nous Tavons fait voir plus haut, la réalisation des deux autres. Partant d'une même source, écloses dans la même phatse historique et presqu'à la même heure, aspirant à un but identique, elles constituent, jusqu'à l'évidence, des applications d'une même loi sur divers points.

Cette loi, qui passe aujourd'hui de l'ordre spéculatif dans l'ordre pratique, qui s'impose d'une manière si éclatante aux peuples et aux gouvernements, cette loi peut s'appeler affinité de race, quand elle répond à un ordre ethnologique, c'est-à-dire aux premières origines; nationalité, quand elle répond à l'ordre historique.

< Garibaldi n'a-t-il pas protesté contre le retour à la France, du comté de Nice, SerrîlDire gaulois, qu'il appelle territoire italien? Étrange inadvertance, qu'on s'étonne de trouver dans les discours de cet homme à la foi profonde ; inconséquence flagrante, que l'Autriche pourrait retourner contre l'ardent pro- DBO^ur de rindépendance et de l'unité italiennes*

DES NATIONAUTÉS 8i

L'affinité de race est celle qui £ait reconnutre entre eux les en&nts d'une même race d'hommes, de tribus, qui ont chacune leur type physique et moral particulier.

La nationaliié est le lien qui unit entre eux des groupes d'hommes^ lesquels ont reçu ensemble les lu* mières de la civilisation, ont développé leurs intérêts dans les mêmes voies, perfectionné des aptitudes et contracté des mœurs semblables, qui possèdent enfin des traditions^ une histoire et souvent une langue communes \

Depuis la division de ces races et de ces nations, opérée, dans un passé parfois reculé, d'autres fois^ au contraire, assez récent, par la force brutale de la conquête ou par des actes diplomatiques, leurs débris ont fait un travail, d'abord cachéy aujourd'hui patent, pour parvenir à se rejoincbre, à renouer des relations viol^nmentmterrompueSi et à refaire leur antique unité.

Ce travail tout spontané^ commandé par ce qu'il y a de plus irrésistible, de plus insaisissable^ les consciences et les volontés d'agglomérations humaines, est^ à nos yeux, digne de respect et de sympathie; il est sacré, car il n'est point l'œuvre de l'homme, mais celle de Dieu même. Aussi, ne peut-on s'empêcher de sourire en voyant attribuer les résultats de ce travail divin à de mesquines intrigues de tel ou tel prince, de tel Qu tel ministre^ de tel ou tel personnage offi-

* Voir note C.

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