CHAPITRE I
La plupart des gneim eldes inmmctkms «imrniei en Europe depuis 40 ms ont en pour etnie roppressieii ou le dimembraneiift ées natimiaiités. — La CMee. — La Belgique. — La Pologne. — La Hongrie. — Les Slaves roumains. — L'Italie. — Guerre de 1859. Le Piémont et l'italianisme. — La Prusse et !e germanisme. — La Russie et le panslavisme. — Les Scandinaves; incident du Schleswig-Uolstein. — Les îles Ioniennes.
Ën 48211, une noble nation, courbée depuis quatre siècles sons le joug de la (Conquête, la nation des Hellènes, releva la tête, et, après avoir soutenu seule, pendant six années, contre les conquérants, une lutte inégale, elle vit venir à son aide trois grands peuples de l'Occident. Grâce au concours des armes réunies de la France, de la Russie et de l'Angleterre, elle purgea du moins» en 18âl9, le sol classique du Péloponèse et de la Livadie, d'oppresseurs, qui, là comme partout
OÙ a régné le despotisme turc , avaient accumulé les mmes, les malheurs et les ruines.
Depuis ce temps, les populations de même race, qui • iM)rdent au nord le royaume de Grèce, n'ont cessé de réclamer leur indépendance, et ne sont retenues dans l'obéissance à l'empire ottoman que par l'occupation armée.
Sous l'impulsion de la révolution de 1 830, lune des plus glorieuses tribus de Tancienne îmû\e gauloise, celle qu'une diplomatie vindicative et ombrageuse avait» dans nos jours de désastres, arrachée à la France épuisée, la Belgique, non contente de briser les liens artificiels qui l'attachaient aux États néerlandais, demanda à la France une place sous son drapeau. Tous les coeurs l'accueillaient comme on accueille un frère trop longtemps absent du foyer. Mais TAngleterre, alors notre unique alliée, abusant de notre isolement, ne permit pas que les rives de TEscaut et le port d'Anvers retournassent aux mains de son étemelle rivale * ; elle opposa son veto, et la France répondit â la Belgique par un refus.
Ën 1831, quelques mois après la réapparition en France du drapeau tricolore, dont ils avaient si longtemps partagé les gloires et les revers, les Slaves de Pologne tentèrent, à leur tour, de secouer le joug de la Russie, qui les tenait en partie sous sa domination.
< Voir note A.
La lutte fut longue» acharnée» héroïque ; mais, comme le disaient les soldats de l'indépendance : « Dieu eêl trop haut et la France est trop loin, » La France laissa, en effet» écraser la nation martyre; Dieu lui (Hrépare un brillant réveil.
Quinze années s'écoulent, quinze années de paix, durant lesquelles de savants ethnologistes et historiens, des professeurs et des publicistes éloquents^ rappelèrent aux peuples leurs antiques origines, tracèrent les limites de leurs domaines primitifs, invoquèrent les affinités indestructibles des races, et» au nom de ces affinités^ proclamèrent 1 individualité distincte des groupes qui habitent notre vieux continent.
Les uns montrèrent le rôle chevaleresque et la puissance tutéiaire des Slaves, qui, du Danube à la Yistule, avaient servi autrefois de boulevard aux nations occidentales, et que ces ingrates nations avaient laissé morcder et asservir ; ils fir^t appel au sentiment de fraternité qui devait réunir les tronçons épars de cette grande famille humaine*
D'autres exaltèrent la patrie allemande, glorifièrent daQs son passé cette race robuste, indomptable, qui» seule, avait victorieusement résisté aux armes romaines, alors que les armes romaines régnaient sur presque tout l'univers connu.
D'autres, enfin, se firent les apôtres ardents de Yunité iUiUemie. En 1846, le Souverain Pontife devint
ou niINGIPB
le promoteur de cette grande idée, aux applaudisse»
mënts de l'Europe attentive et émue, et, de la tribune française, tombèrent ces paroles qui sont encore dans toutes les mémoires : « Courage, Saint-Père, courage * ! »
A« coup de foudre de 1 lltalie se leva et posa
nettement, en face du droit de conquête représenté par TAutriche et les archiducs, le droit imprescriptible
Toute la péninsule fut bientôt en teu : Turin, Milan, Yenisé et Rome, ces phares lumineux, semblaimt convier les peuples italiens à Tindépendance. Mais une nation, dont la renaissance est, pour ainsi dire, improvisée, sans armes, sans apprentissage militaire, sans chef, sans organisation, divisant ses efforts et ses ressources, vulnérable partout, fortifiée nulle part, devait succomber sous les coups d'une puissance organisée presque exclusivement pour la guerre, préparée de longue main à la lutte, assurée de refuges inexpugnables en cas de revers, et pourvue de plans de campagne qui avaient fait l'objet des méditations de ses généraux. D'ailleurs, l'idée de l'hégémonie italienne n'avait pas encore passé à l'état de formule populaire, de symbole politique, et Ton retrouvait, dans la division des parties et dans leurs tradances distinctes, des traces de cet esprit municipal du moyen âge, esprit
* DiMOun de M. Thien & la Chambra des Députés, seuioii'de 1846.
bBS MAtlOllALiTÊS. 13
qui contribua, il est vrai, à la grandeur artistique et
littéraire de l'Italie, mais qui devait amener, par Tantagonisoie des villesy son abaissement, et faire de cette
noble terre un champ ouvert aux ambitions conquérantes.
Après quelques succès brillants, des défiâtes amenèrent Tennemi aux portes de Turin. La cause italienne était oicore une fins vaincue et Tépée de Charles^Albert était brisée. Venise tomba la dernière ; mais elle eut le temps de fiiire connaître au monde une des plus grandes figures de l'époque moderne, Manin, l'homme • bienveillant, modeste^ désintéressé, autant qu'il était énergique par le caractère, élevé par l'esprit, héroïque par le cœur. 11 vit bien que l'idée de l'unilieation, servie par une épée dévouée, pourrait seule rendre une patrie aux italiens. C'est à la prédication de cette idée que l'illustre proscaît consacra ses heures d'exil, ses dernières heures, car il ne devait plus revoir cette terre dont l'amour lui avait tant coûté.
L'Autriche, c'e8l*à-dire l'élément étranger, recommença à dominer sur l'Italie. Les fils de la Lombardie et de la Vénétie furent, comme par le passé, transportés enHongrie, dans la Gallicie ou dans d'autres provinces de l'empire, tandis que les soldats hongrois, galliciens ou croates, vinrent sur le sol italien, maintenir par la force cette oppression contre laquelle protestaient les instincts immortds de la race*
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Dans le mèm temps, les Hongrois seoooaiéilt» à leur tour, le joug de TAutriche, et» combattant victorieusement ses armées, menaçaient sa capitale. La
Hongrie fut un moment aux Hongrois ; et c'en était fait de l'aigle impérial à deux têtes sans le secours de son allié du Nord. La luttedevint par là trop inégale, et la valeureuse nation dut baisser de nouveau la tête sous un pouvoir détesté. Mais une antipathie profonde sépare toujours les deux races : aux tentatives d'incorporktion à l'eaqiire et d'ef&eement de Tautonomie» les Hongrois ont répondu par les protestations les plus énergiques, et chaque effort que faisait le cabinet de Vienne, pour réaliser leiir assimilation, semblait élargir la distance qui les séparait de lui. Devant de telle répugnances, devant des résistances si opinifttres, Tempereur François-Joseph a reculé : il parait consentir à laisser, du moins quant à présent, à l'antique royaume de Hongrie son individualité^ et des actes récents, notamment le choix du nouveau gouverneur, le général Hongrois Bénédeck, peuvent être considérés comme des pas faits dans la voie des concessions à l'esprit national. Mais ce sont là de vains palliatif, tout au plus de nature à retarder une rupture violente entre deux éléments profondément hostiles Tun à l'autre.
Auprès des Hongrois, les Slaves roumains de Moldavie et de Valachie s'élevèrent, en 4848, avec la même, énergie, contre la domination ottomane* Hs
bfis Nationalités. 15
|>arviiirent, eux ans», à rendre, pour un temps, les deux principautés indépendantes i mais ce succès fut éphémère, la réaction survint» et les Roumains rentrérent dans l'obéissance. L'heure de leur délivrance définitive devait bientôt sonner. Après l'expédition de Crimée et la chute de Sébastopol , notre représentant au Congrès de Paris» appuyé par les plénipotentiaires de Russie et de Sar^igne, assuré tout au moins de la neutralité de la Prusse, stipula, malgré l'opposition de TAngleterre et de TAutriche réunies (allianee monstrueuse en apparence, rationnelle au fond), stipula, disons-nous, pour les Principautés, de bonnes conditions, dont une mise en pratique intelligente et courageuse devait conduire à l'entier afùranchissement des peuples roumains. La double élection du prince Cou2a a résolu, en iait> la question de Tunion. Cette union est aujourd'hui accomplie,* le lien qui retient encore les peuples des rives danubiennes sous la suzeraineté delà Porte ottomane est bien faible, bien fragile, et tout le monde pressent qu'au premier conflit, il se brisera sans retour. Le sang et les trésors prodigués en Crimée sont leur rançon, et la France, dont tant de fois leurs sympathies avouées ou secrètes avaient invoqué le nom, peut se dire avec fierté leur libératrice.
Dans ce même congrès de Paris, où se posèrent incir demment les questions les plus graves de la politique internationale, et oil Ton peut apercevoir le germe de
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tous les grands événements contemporains, le Piémont,
qui avait, lui aussi, acheté, par le sang versé à nos côtés sur le champ de hataille de ïracktir, le droit de siéger dans le conseil des grandes poissances, le Piémont, nation italienne, se iit Torgane des souffrances et des vœux de Tllalie* Il demanda, au nom de la sécurité da l'Europe, comme au nom des droits de l'humanité, que les gouvernements oppresseurs, qui pesaient sur les différentes parties de la Péninsule, adoucissent des rigueurs, qui, après la désaffecticm, devaient amener la haine^ le désespoir et la révolte.
Les déclarations et les réserves solennelles de M. de Cavour furent suivies des remontrances de la France aux cours de Vienne et de Rome j nos relations avec la cour de Naples furent suspendues; des promesses vagues de réforme, arrachées au gouvernement pontifical, furent éludées comme les4>romesses précédentes^ les demandes de la France, appuyées ostensiblement par l'Autriche, furent secrètement combattues en son nom; le pape Pie UL et le cardinal Antonelli fur^t encouragés à la résistance.
Aces (NTocédés hostiles et irritants du cabinet autrichien, étaient venus se joindre des actes d'opposition persistante au travail d'unification des Principautés moldo-valaques, et des menaces d'intervention dans la Servie, alors agitée par l'esprit nouveau.
Enfin, le 1" janvier 1859, on entendit ces paroles
DES MATI0NALRÊ8. 47
significatives à l'adresse de François-Joseph, qui, en
dévoilant des complications dont peu de personnes soupçonnaient la gravité, annoncèrent au monde l'imminmice d'une lutte terrible. C'était le premier grondement de cet orage, dont le dernier coup de tonnerre retentît, quelques mois plus tard, à Solferino*
Chacun sait le cours rapide de cette victorieuse campagne d'Italie, où nos soldats se mcmtrèrent les dignes fils des héros de Lodi, d'ArcoIe et de Marengo. La France et l'Europe tressaillaient dqà à l'espoir de la délivrance de l'Italie jusqu'à l'Adriatique, lorsque survint la paix de YiUafranca, subitement coaclue entre les deux empereurs, et confirmée depuis à Zuridi^ La Lombard] c cédée à la France, puis rétrocédée par celleci au Piémont^ les droits réservés diplomatiquement aux souverains de l'Italie centrale, annulés par l'unanimité des populations ; 4a Romagne^ le jour même du départ des soldats autrichiens, arborant le drapeau tricolore, et refusant de se ranger de nouveau sous le régime des cardinaux légats; enfin, tous lés peuples -de l'Italie, se prononçant pour l'union aux États de Sardaigne, ei le roi Victor-Emmanuel consentant, sdon les vœux réitérés des Italiens, à étendre son sceptre sur les provinces qui se donnaient à lui; tels furent les résuU tats do notre intervention. sormée et des négociations qui la suivirent*
Il y a peu de mois, une insurrection ayant écfatté en
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Sicile, GavibaMS, l'habile et audaeieux'capitaiae, dAar-
qua sur ses côtes, suivi d'une poignée de volontaires, et^ après deux victoires remportées sur rarmée napolitaine, entra triomphant dans Palermç. Catane, Messine (sauf la citadelle) et toutes les autres places et villes siciliennes, lui ouvrirent leurs portes, et l'île entière fut bientôt au pouvoir du libérateur.
Frappé par ce coup terrible et imprévu , François II sollicita, mais vainement, l 'intervention des puissances européennes, qu'il avait jusque-li repoussée. C'est alors que, par un acte souverain (c'est-à-dire par un de ces actes que le prince peut retracter à son gré), il chercha à faire revivre la constitution octroyée en 1848, puis annulée par feu son père, Ferdinand II; il accorda l'amnistie, le drapeau tricolore italien orné des armes de sa dynastie, et la promesse d'une alliance avec la Hiônarchie piémonlaise pour le règlement collectif des intérêts généraux de l'Italie.
Mais les popuhtions avaient été si souvent abusées par des concessions du même genre, faites sous les étreintes de la peur, en désespoir de cause (per de&ferar i¥me] , puis éludées ou retractées quand le danger semblait disparu, qu'elles n'avaient plus foi dans la parole du souverain, et qu'elles raceueillirent par le mot fatal : // est trop tard.
On put constater, à coté de cet accueil dédaigneux, le prestige qu'exerçait déjà sur les peuples et sur l'armée
^Msâm ie nom de GwnMdi, r€iittNiiinaffli^ qa*H
excilait dans Tardente jeunesse de ritalie; on put remarquer aussi ôsm h lettre adrfsaae pur le» déléguâ» des douze quartiers de Naples à M. le baron Brenier, pour pr<^ter contre raUenUt dout l'bqiioraUe éipkH mate avait été victifide, le passage^eù As rappelaient leur dette de gratitii^de envers la France et Tempereur, lequel^ • a»ec le rm Vietor-'Emmmiielt dmmaii^ iùr » les champs de bataille, le signal de la résurrection » lltaUe. » Il élaii aisé de (vessentir que le» Napolitains ne bornaient plus leurs vœux à une édition nouvelle d'ini^litulians, qui n'avaient laissé ni -traces glorieuses ni souvenirs heorem; que, là comme en Toscane et dans TÉmilie, les esprits s'étaient élevée à l'idée plus haute de VmUé UaUenM, ef q/mêy déterminés qu'ils étaient à en poursuivre la réalisation par le suffrage ou par les armes, ils n'aœ^terai^t la liberté même que des mains du roi de Vltalie affranchie, * Ces pressentiments se sont r^éalisés»
Le dictateur de la Sicile, mettre détroit de Me»sine y a jeté une armée dans le& Cabdi>res. A sa voix, les provinces m^dionales du royaume napotitain» la Bas^ licate, la Capitanate, Içs Abruzzes, se sont levées contre François U, et ont organisé des administrations provi* soires. Sauf le combat de Reggio, où la lutte n*a même dfiréqae ù&ùsl ou trois heures, les.vûlontaire& se sont avancés au cœur du pays, presque saop coup fiftdr
tO DO MUNGlPlC
Tannée royale s'est, en partie, dispersée oa rendue ati
chef dont la bravoure chevaleresque et les intelligentes liardiesses fascinent les âmes italiennes.
Délaissé par ses ministres et par la plupart de ses généraux, le jeutie fils de Ferdinand II, victime expiatoire des fautes de son royal prédéeesseur, a quitté sa capitale, et la manne, malgré ses ordres et ses prières, a reftisé de le suivre à Gaëte, préférant à cette cause perdue, la cause de la patrie.
Quelques heures après , le dictateur entrait à Naples, lui cinquième, sans armée, sans escorte, et saisissait les rênes abandonnées du gouvernement.
Et tous ces faits si étranges dans leur succession rapide, se sont accomplis sous Finilueuce d'une même idée, d'une m&ne volonté : l'unité italienne sous le sceptre de Victor-Emmanuel.
Toutefois, un reste important de troupes fidèles à François II, fortifié dans les places de Gaëte et de Capoue, a fait subir aux lieutenants de Garibaldi, près de Gajasso, un échec meurtrier.
Le célèbre partisan a pris depuis une éclatante revan* dïe sur les bords du Yultume, et, au moment où nous traçons ces lignes, une lutte décisive et dont Tissue est &cile à prévoir, va s'engager entre les royaux et les volontaires secondés par les troupes piéniontaises.
Tournons maintenantnos regards vers l'antique Germanie. Le culte de la patrie allemande, qui, de 1813
DES NATIOHAUTte. 31
1 1815, souleva contre noB armées les popidations
d'outre Rhin, a continué, depuis le triomphe de la Coalition et la ohttte du prends empire, d'être exalté par les philosophes, les savants et les poètes. Les livres et les revues sont remplis de la glorification de la race gmnanique, de ses origines et de son histoire* L'Allemagne aspire à la fois à Tunité et à la liberté. Elle se cherche, et elle ne trouve que sa drcoitférenoe, mais point de centre, où elle sente son cœur battre, sa pensée éclore, et sa volonté se traduire dans la pratique de la vie internationale. Elle réclame instamment la réforme de sa constitution fédérale» et ce désir de réforme n'est» au fond , que l'acpression du besoin d'unité politique.
Or, des deux grandes puissances qui se disputent la [ffééminrace dans la confédération, Tune, l'Autrielie, composée de Slaves, de Hongrois, d'Italiens et d* Allemands, ne saurait, à aucun égard, perscmnifier Tidée de l'hégémonie allemande , dont elle est la négation. Dirigée par un gouvemem^t autocratique et sans contrôle, elle est inapte à fonder la liberté, dont elle est rennemie. Soumise à un régime d'intolérance ultramontaine, elle ne peut se confondre avec les états protestants, dont elle est l'adversaire et deviendrait la persécutrice. C'est donc à Tautre, la Prusse, nation germanique d'origine, libérale d'instincts, tolérante par prindpe, qu'incombe la grave et difficile mission de refondre TAUemagne.
22 DU nmct»
En 4848, par un contrecoup de notre révohtion,
une première tentative d'unification eut lieu. Les aspiretioM du peuple prussim vers les institutions libérales et la direction politique de rAllemagne, dont il tenait déjà la direction littéraire et scientifique» éclatèrent yiotemment. On oomiatt l'histoire des mouvements populaires de Berlin* Sous la pression de ces mouvements^ k Diète de Rpanofort offrit au rm de Prasse le sceptre d'un empire allemand. Mais Frcdéric^Guillaume, esprit dénué d'ai^titttde gouvememfflDitale, imagination romanesque et caractère mobile, s'effaça devant un rôle dont il n'avait pas compris la grandeur et rimportance, et s'afTaissa sous une responsabilité dont il n'avait pas cal- -eulé le poids. Il recula, au moment suprême, devant les éventualités d'une collision «vec l'Autriche et d'une rupture avec la Russie^ alors alliée de cette dernière : car rAutridie n'avait pas eu encore l'ocoasiond'étonner le monde par Veaxès de son ingratitude, ' Depuis cette époque, à propos de la lutte inégale qui s'engagea ratre l'un des duchés de h confédâ^tion (Hesse-Cassel)^ qui s'était donné une constitution plus libârale, et la Diète, qui, d'après l'inspiration de VAxjh triche, lui déniait le droit de changer son organisation intâneiire» l'antagonisme se réveilla. La Prusse encouragea les Hessois à la résistance. Mais, malgré les obligations morales que cet encouragement lui avait imposées, elle déserta son rôle, abandonna ses clients, et
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parut mêmewliiârer âux infoiictioiis de la Diète, c'esMidire de l'Autriche, dont la Diète était le docile iostni* ment.
La question se présentera de nouveau, et le prince régent de Prusse, dont la pditîqiie a» par intervalles» des allures plus résolues que celles du roi Guillaume, et qui semblait naguère di^sé à soutenir le duché, devra aviser. Mais feut-il compter sur des velléités et des promesses qui ont été si souvent trompeuses ?
La propagande natioMBde s'exerce activement sur toute la surface du territoire allemand. L'idée nouvelle s'est fait jour même au sein de rassemblée élective qui siège à Berlin ; le gouvernement s'est plus d'une fois associé ouvertement aux vœux du pays, et, si la provi^ dence suscitait de oe ooté un bomine intelligent, habUe et énergique, tel qu'elle l'a donné au Piémont, nous verrions biratot, peut*âre» poser les premières pierres de l'édifice de l'empire germanique *.
Or, quelle que soit l'époque où la pensée de l'organisation de la patrie allemande recevra sa réalisation, cette pensée in^lique nÀturellement, néeessairemeat même, la désagrégation de tout ee qui n'est point l'élément germanique. Cette conséquence logique nous pa^ ratt aussi incontestable qu'une vérité mathématique. Ad* mettre, en effet, la constitution d'une nation conformément à la loi de l'indépoidanee relative des races, c'est-
«îVoirnOteB.
à-dire par runed'elles, individualité distîncle, e'estfoFcément admettre qu'elle se séparera de tout ce qui n'est pas cette race et aigtartient aux individualités limitrophes. N'est-on pas, dès lors» autorisé à taxer d'inconséquentes les susoeptibités que nos voisins d'outre Rhin ont montrées, en 1859, à l'endroit du démembrement des provinces italiennes de l'empire autrichien ? Hâtonsnous d'ajouter cependant, qu'en définitive, malgré des préventions aveugles et des passions jalouses, exploitées contre nous avec plus d'habileté que de bonne foi, rAllemagne a laissé entamer le domaine italien de François-Joseph, rendant ainsi hommage, sans l'avouer, au principe de l'affranchissement des nationalités.
En face de la propagande germanique, une propagande aussi active s'est faite au nord-est de l'Europe, parmi les races slaves. Mettant systématiquement à profit l'élémrat slave que lui ptocure l'incorporation de la Pologne^ la Ru3sie s'adresse, par l'organe de cette dernière, comme par ses propres écrivains, aux habitants du duché de Posen, de la Gallicie autriciiieniie, des bords du Danube, de la Croatie» etc..., attirant ainsi vers ses possessions slaves, par l'affinité du sang, les nombreuses tribus assises au sud de ses États. Le panàlafnme, tel est le nom donné à cette propagande : il en définit bien le but et le moyen. Mais, « Vhotnme ff s'agiie et Dieu le mène^ » et Dieu bit servir à ses propres desseins les menées ambitieuses, autant que
les vertus des peuples et de leurs gouvernements. Nous verrons plus bas qu'à son insu y la Russie prépare, par eetie vole, la formation, i ses propres dépens, d'une confédération qui lui deviendra vraisemblablement étrangère. Quoiqu'il en soit» et à ne prmidre que le principe même de la prédication panslavisle, nous avons le droit de dire, qu'à l'exemple de la propagande germanique, elle suppose évidemment la désagrégation de ce qui n'est pas slave, c'est-à-dire, quant à l'Europe, de tout élémwt tartareou finnois, allemand ou italien.
Au nord-ouest de l'Europe» un groupe oonsidérable»
quoique très-inférieur au groupe germanique, cherche à se constituer distinct et compacte : c'est celui des peuples Scandinaves, qui habitent le littoral de la mer Baltique, et sont aujourd'hui répartis entre la Suède» la Norvège et le Danemarck. Us se reconnaissent comme frères par l'origine et les traditions historiques.
Les deux races germanique et Scandinave ont eu déjà l'occasion, lors de l'insurrection des duchés de Schlesvrig-Holstein, de montrer leur antagonisme. Cette insurrection survenue, jour pour jour, un mois après la révolution du ^4 février 1848, a, comme on sait, pour cause réelle, le mouvement de la race saxoraie qui peuple le Holstein, et que ses instincts éloignent du Danemarck (auquel elle est pourtant soumise), même temps qu'ils Tattirent vers les nations allemandes.
Pour compléter cet exposé, nous devons mentionner un des faits les plus caractéristiques peui-étre, dece besoin des races, de se dégager de l'asservissement ou même de tout rapport de subordination à une race étrangère. Nous voulons parler des tentatives des tles Ioniennes pour obtenir leur annexion au royaume hellénique. On connaît le régime bicarré auquel elles sont soumises : l'Angleterre, aux termes des traités de 1 81 5, et dans le même esprit qui lui a £Mt prendre et garder le rocher de Gibraltar, ainsi queTile de Malte, s'est chargée d'exer* cer sur Corfou et le groupe d'îles qui l'entoure» un protectorat qui ressmble fort i une haute souveraineté. Ce protectorat excite depuis longtemps une vive répulsion chez les Ioniens. Les vœux et les tendances hautem^t déclarées de ces peuples de race hellénique, sont dirigés vers le petit royaume de Grèce» cette promesse fkite à l'avenir, cettepierre d'attente d'un grand édifice. Nous, n'entrerons pas dans le récit des luttes que le parlement ionien a engagées avec le lord haut^oommissaire : il suffira de rappeler que» dans sa dernière sessimi» il a refusé péremptoirement de donner suite aux réformes proposées par le représentant de la couronne d'Angleterre» de les examiner même» et a motivé son relus sur les volontés des Ioniens de se libérer du protectorat ou plutôt de la souveraineté de l'étranger. Le lord commissaire s'est vu obligé de clore la session et de fermer une tribune qui devenait un danger poiir la
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possession d'état des autorités britanniques. Nous reviendrons sur le rôle inconséquent, contradictoire, sur ce point comme sur d autres, de la politique anglaise.