DD PRINCIPE
progrès rapides et frappera bientôt les plus inattentifs. A la vérité, le Germain reste peut être encore cantonné dans le culte du gemamme^ le Slave dans l'idée panslaviste, et l'italien dans ïitalianisme. Nous en avons des indices dans la répugnance que montrent des promoteurs de l'unité allemande à abandonner des provinces itaUmmes dépendantes de Tempire aufnchien» et certains défenseurs de FItalie ï abandonner des provinces à^oHgine gmdoisef accouplées aux États italiques*. Mais ces idées sont tellement corrélatives les unes aux autres, tellement connexes^ que chacune d'elles entraine de plein drmt, eomme nous Favons Ait voir plus haut, la réalisation des deux autres. Partant d'une même source, écloses dans la même phase historique et presqu a la même heure, aspirant à un but identique, elles constituent, jusqu'à l'évidence, des applications d'une même loi sur divers points.
Cette loi, qui passe aujourd'hui de l'ordre spéculatif dans Tordre pratique, qui s'impose d'une manière si éclatante aux peuples et aux gouvernements, cette loi peut s'appeler affinité de racêj quand elle répond à un ordre ethnologique, c'est-à-dire aux premières origines ; fUUUmalité, quand elle répond à Tordre historique^
* Gttibildi n*a-t-il pas protesté contre le retour à la France, du comté île Nioé, fienriloire gautois^ qv'U appelle territoire itafien? ttraige inadvertance, qa*0B s'étonne de trouver dans les diaconrs de cet homme à la foi profonde ;
ineonséquence flagrante, que l'Autriche pourrait letawatet contre Fardeot pro- — leur de rindépMidaïuw et du l'nnitA ii^ifmMu, •
DBS fiUTIOMAUTSS M
L'ailOudité de race est celle qui iait reconnaître entre eux les enfents d'une même race d'hommeg, de tribus, qui ont chacune leur type physique et moral particuher.
La nationalité est le lien qiu unit entre eux des groupes d'hommes, lesquels ont reçu ensemble les lumières de k civilisation, onl développé leuxs intérêts dans les mêmes voies, perfectionné des aptitudes et contracté des mœurs semblables, qui possèdent enfin destraditionsy «ne histoiie et souvent une langue c(hd-
munes ^ .
Depuis la division de ces races et de ces nations, opérée, dans un passé parfois reculé, d'autres foîs^ au contraire, assez récent, par la force brutale de la conquête ou par des actes diplomatiques, leurs débris ont fait un travail, d'abord caché, aujourd'hui patent, pour parvenir à se reioindre, à renouer des relations violemment interrompues^ et à refaire leur antique unité.
Ce travail tout spontané, commandé par ce qu'il y si de plus irrésistible, de plus insaisissable, les consciences et les volontés d'agglomérations humaines, esty à nos yeuK, digne de respect et de sympathie; il est sacré» car il n'est point l'ccuvre de l'homme, mais celle de Dieu même* Aussi, ne peut-on s'empéchar de sourire en voyant attribuer tes résultats de ce travail divin à de mesquines in^trigues de tel ou tel prince; de tel ou tel ministre, de tel ou td personnage offi-
* Voir note G.
ciel ou officieux* Il faut fermer les oreilles à tout bruit du dehors et les yeux i la lumière, pour se refuser à reconnaître, dans l'ensemble des faits que nous avons résumés tout à l'heurey-le produit d'une action providentielle, dont le but prochain est la transformation des États européens suivant une seule et même loi.
Ck)ntre notre thèse se produisent les objections sui-^ vantes : Son application n'amènera-t-elle pas les plus graves désordres, les plus cruels déchirements? Par quel procédé reformera- t-on les races ou les nationalités morcelées? La science historique et la science géographique sont-elles assez avancées pour tracer entre elles des limites précises, certaines? A quelle date de leur histofare remontera-t-on d'ailleurs pour cela ? Ne faut-il pas voir dans les frontières naturelles, telles qu'elles résultent des chaînes de montagnes, de fleuves larges et profonds, la base principale et presque exclusive, de la formation des nouveaux États ?
Nous n'éprouvons aucun embarras pour répondre à ces objections.
Ce n*est point ici, comme quelques-uns pourraient le croire, un sujet d'étude purement scientifique, dont la solution dépende de l'état d'avancement des connaissances géographie} ues et historiques. A la vérité, les recherches sur l'ethnologie et les origines des peuples, qui ont tant occupé, depuis quarante ans, et passionnent encore aujourd'hui les esprits, n'ont pas été sans une
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DES NAtMNALltÉS. 3d
gl ande influence sui^ le mouvement qui nous emporte, filles ont eu, en effet, pour résultat de eonslater la parenté séculaire des membres disjoints de nationalités aujourd'hui mutilées. Physiologues, ethnologistes, philologues et historiens ont explique, par là, les liens mystérieux et invisibles, qui rendent frères les hommes de tels ou tels groupés, et les distinguent des groupes vol* sins. Ils ont donné aux populations la raison de ces aûinités naturelles» qu'elles éprouvaient sans en comprendre la cause et la portée. Il n'est pas non plus permis de douter que l'étude des géographes et des historiens ne puisse aider à prévoir, d'une manière générale et approximative, dans quel sens et dans quelles proportions tel État devrait reeevoir de l'extension et tel autre subir un amoindrissement. Mais les données de la science, qui sont en la possession d'un si petit nombre et souvent contestables, ne sauraient deveiûr le fondement d'une déUmitation nouvelle.
Les signes d'apràs lesquels on peut vérifier les tendances des peuples à l'égard les uns des autres, la base d'après laquelle les aggrégations se formeront, n'appartiennent pas, nous le répétons, au domaine absolu de la science ; ils sont aisément aperçus de tous, gouvernants et gouvernés, diplomates, pubUdstes et autres. Ce sont les instincts, les aspirations, qui portent certaines populations à se rapprocher de telles autres ; c'est leur volonté déclarée par tous leurs organes : par les
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livres, les mues» les journaux^ par les pétitions et par
les délibérations des assemblées électives, en attendant répreuve officielle à laquelle il faut en venir pour donner au vœu de réunion une consécration légale et définitive^ en un mot, c'est la voix du sang, c'est-àdire ce témoin, toujours vivant, toujours présent, que les faits politiques accomplis à la surface n'ont pu détruire. Or» ce témoin, il est on ne peut plus aisé de le consulter : que dis-je? Il n'est pas besoin de l'invoquer ; il p$yrle de lui-même et à toute heure. Le signe déterminant est donc facile à apercevoir; et, quand le travail de préparation à la reconstitution de l'ancien faisceau est arrivé à son terme, quand le moment de la réalisa* tiouest proche, chacun le sent, le voit, l'entend; c est alors une simple ai&ire de bon sens et de bonne foi.
Après avoir montré que les affinités de race doivent présider à la reconstitution des États,, nous avons à apprécier Tinfluence qu*ont exi^rcée et que sont destinées à exercer encore, dans l'application de ce principe, les circonstances topographiques, la configuration du sol, enfm ce que Ton est convenu d'appeler les frontières naUtreUes.
Admettons, par hypothèse, qu'une nation existant en telle ou telle régpon se soit arrêtée, dans son établissement primitif ou dans son développement postérieur, devant des obstacles oatureis : chaînes de montagnes^ bras de mer, fleuves ou lacs profonds, qui séparent cette
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eeatrée, deia eoatrée voûsifie, et qu'ùosi, le* domaine oecupé par eette fitmille hmnaiDe ait pirar Ikiites lei
borne» mêmes de ce territoire. Da&acecâs, l'élément elhaifiiia eorrèapoadndt cxactenml avec k& U^es de la géographie physique. Mais nous ne ouimaissoQâ pas d'ex£tfi|de d'une ai beuBeuseeoncordimee.
Aksuîtedes grandft mouvements de peuples et de leurs déi»lacemenis fréquents, il est nécessairement arrivé que des tribus d'origines diverses se sont trou* vées placées ensemble dans un périmètre borné par La nature, et dans lequel elles ont du forcément se développer, unir leurs travaux, et se confondre en une seule nation. Ën outre,, lespeuplesy en se constituant et en fondant un ordre social, ont Instinctivèoient ch^hé, surtout aux époques d'invasions armées, à organiser des moyens permanents de défense. Le même motif qui faisait |)laeer leurs oppides et leurs bourgades dans des lieux de furte assiette» sur des montagnesou des collines escarpées, et sur des promontoires protégés de deux côtés par des cours d'eau ou des vallées pro&mdes, ce même motif, disons-nous, devait les déterminer i re^ chercher une ligne de dé&use, des abris naturels pour Tagglomération du peuple entier. C'est pourquoi il est aisé de s'expliquer que des tribus ou fractions de peuple,» séparées par un grand obstacle naturel du corps de leur nation, et placées, par suite de circonstances connues ou ignorées,, auprès d une race diiférenle, sesoientplus