‹ Du problème de la misère et de la solution chez les peuples anciens et modernesChapitre 20 sur 82 · FEMMES · texte numérisé non relu

FEMMES

Fautorité d*UD mari, leâr tutelle était donnée au plus proche de leurs parents par màlés \

La puissance du père de famille, comme mari, lui donnait le droit de vie et de mort sur sa femme. Il avait dès lors, à fortiori, le droit de la répudier, et, par Une conséquence naturelle, celui de la condamner à rester captive dans sa maison, ligandi ^.

Lors donc que réponse infidèle était traduite au tribunal domestique du mari outragé, celui-ci assemblait les parents de sa femme, et prononçait contre elle une peine arbitraire proportionnée à la gravité de Finjure '•

La plus douce qu'il pût infliger, parce qu'elle restait ignorée comme la faute^ était celle de la prison privée.

Mais lorsque la faute était publique, l'application de la peine le devenait aussi, et alors elle était laissée à la vindicte du peuple *.

Ne jamais s'appartenir; vivre dans un état continu de dépendance et d'incapacité^ sans droits, sans biens^ ou, ce qui est plus injuste encore et plus humiliant^ sans jouissance aucune de ses biens; tomber au pouvoir d'un homme, et deveni;' sa propriété; n'étie pas une personne, mais simplement une chose; une chose qui se vend % qui se donne ou se prête pour en avoir de la race *; à la moindre faute, se voir faire son

- * Voy. Etprit des lois, liv. VU, ch. XU.

* Farinacius, De delictis camis, quœst. 143, n» 205. ' • Voy. Fournel, Traité de V adultère.

♦ Tit.-Liv., Hist,, lib. XLIX. — Val. Max., lib. VI, ch. Hî.

* Plaut., Mmechmesy à la fin.

• Strabon rapporte que Calon (d'Ulique) céda pour un certain temps sa femme Hartia à son ami Hortensius, pour qu'il en eût des enfants, et cela conformément à l'ancienne coutume des Romains. Voy. Plut., Co^., 36 et 68. Voy. aussi Bayle, IHct. Mst,, au mot Bortensius^ note N.

procès, c'e^t^à-^dîre condamoer au tribunal d*mi imÎIm à la fois juge et partie ; subir des peiues cruelles ; pf>w un peu de viu bu, empirer sou3 le bâton ^ ; eiKc^urir Taffront d'être répudiée ^, parce qu'oQ aura p^rdu de sa jeuuess^ et de ça beauté, parce que celui qui vou^ % ne veut plus dç voua, mais en veut que autre» une plus jeune, une plus belWi^ ^^^ pl^s riche qui le mette en état de payer ses dettes ' ; et alors, sans plus de façon, un beau jour s'enteudie dire : « Feoime, va-t'eo î femme, sors d'ici ! thlm^ i for^n ^ j » telle était eon»^ niuAéDient à Home la eoudliloQt des feimmesi telie que

le vieux droit l'avait faite *.

Quand; elles faisaient retour sur Téiat de choses, les femmes ne pouvaient-elles pas se trouver indigneo^l^t traitées, tyrauniséeSt asservies? Comme les esclaves, elles aussi détestaient leurs maîtres ; elles aussi sou:« piraient après leur affranchissement. Appien , véridique historien des Guerres civiles de Rom^, fait une bien grave révélation; il dit que,, quand Catilina eut formé sea complot, «^ dont, par parenthèse, le noyau se compo-^ sait de plébéiens, d'esclaves, d'étraugers> et de fil$ de famille impatients de voir mourir leurs^ pèipes% —un de ses premiers soins, pour avoir le iierf de la guerre, fut de s'adresser aux femmes^ et de ramasser auprès

I Val. Max., 11b. VI, cap. HI. — D'après une loi de Romulus les maris avaient droit de vie et de mort sur leurs épouses adonnées au vin. De là Tusage d'embrasser les femmes, pour découvrir, à Todeur de l'haleine, celles qui avaient goûlé du vin. Ut odor^ inddmm focsnt si bibiMnt (Aul. Gel., X, 2»).

* Montesquieu, Espr, des lois, XVI, i&

• PUut., Merçator, IV, se. 5.

^ Plaut , Cassette, aei. U, se. S.

B Voy. Vouctoud, t, I, p. G67. ^ EU U Gdft» Ehéàf^suf Gahèlh.

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d'elles beaucoup d'argent, en faisant une quête au profit de Tœuvre qui leur donnait l'espoir d'être bientôt veuves, à la faveur d'une sanglante exécution K

Donc, les femmes, ainsi que les fils et les esclaves, étaient du parti des mécontents; cbei^ les femmes, copime chez les esclaves, même esprit d'hostilité contre l'ordre établi. Seulement, en raison du se%e, leç actes difi^rent : les forts attaquent ouvertenient^ glaive en main ; les faibles ourdissent des ligues funeste^ ^, prepnent conseil de leurs passions, et, par représailles, s'abandonnent à des excès où il y a peut-être plus d'esprit de vengeance que de libertinage. D^inç ce que les Romains, à l'instar des Grecs, appelaient If vnjti amour, les femmes n'avaient aucune part^. Cemépria de leur sexe était bien de nature k les rendre furieuses. Furens quid femina possii ! « Qu'est-ce qi)'en sa furçur une femme n'essaye ! * »

Au commencement du cinquième siècle de Rome^ un grand nombre de dameç romaines attentent aux jogrs de leurs maris par le poison \ Procès instruit : Cent iu>ixante**dix sont condamnées à mort et exécutées '•

* Voici la traduction littérale du passage d'Âppiea : « Quêtant beau-i. coup de richesses auprès de beaucoup de femmes, lesquelles espé>raient détruire leurs maris dans lé soulèvement » (liv. U, â). •* Le Gris, Etitde sur Catulle, p. 260.

• Voy. sur la lig. dçs femmes, Plaute, Cc^sett$, act. !•% sç. i^*.— i TiL-Liv., XXXIX, 18.

• Montesquieu, Espr. des loiSy ch. IX, liv, VII, note, -i- De là ce pasi^e de saint Paul : a Masculi, reliçto maturali usu fc^min^, exarserunt in desideriis suis in invicem^ masçuli in mo^çulos turpidinem opérantes, et mercedem quam oportuit erroris sui in semetipsis reci-t piente^ » (Ep. ad Rom. y I, 27).

* Corneille, Nicomède, acl. V, se. !'•.

' De Ségur, Hist. rom., république, «h* VIL

< Le Gris, Etude sur Catulle, p. 261. -*- On lit da^ Tite^Live « qae

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