‹ Du problème de la misère et de la solution chez les peuples anciens et modernesChapitre 44 sur 82 · IX · texte numérisé non relu

IX

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La religioo des Romains se gréeUe eomme îenn moetirs. — fiéseau quf enlace te peupler. — Dérotions des grands. -^ Stl mille dhrinités. — TotiS Xett tieés déî^ fiés par riAoiàtrie grecque. — Honteia mystères» — Praliqnes aboiàlnables* «- Superstition et incrédulité. — Remède de la misère en devient la source.

Il peut sembler étrange, au premier abord, de nous yoir compter la religion au nombre des causes de la misère ; la religion^ en effets en est bien plus le remède que la source. Mais, il en a été de la religion des Romains <K>nime de leurs mœurs; pures, dans le priadpe, elles ont fini par se corrompre. La religion même a commencé Toauvre de corruption, car c'est par elle principalement que les mœurs s€^ sont dépravées.

La religion des premiers Romains, féroce conmie oux, s'était dépouillée, sous Numa , de ce qu'elle avait de barbare. Non-seulement les sacrifices humains , mais les sacrifices sanglants avaient disparu S et Dieu était devenu un être infini, immatériel, invisible, qu'on ne pouvait représenter ni adorer sous aucune forme *• . Mais cette religion était trc^ simple pour un peuple qu'on voulait plonger dans les superstitions les plus grossières. Il en fallait une autre qui l'ébloutt par une multitude de cérémonies bizarres, par des mystères affectés, et par des oracles obscurs dont les grands seraient les seuls dépositaires et les seuls interprètes. Tarquin l'Ancien fut lé père de cette religion nouvelle.

^ ÛYid., Fast, lib. V, Tera 339. — Plularch., Numa. ' Plularcb., iM.

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C'est par lui que les diyinités grecques firent irruption daus Romet Dès ]pr9i les autels de gazon firent place aux temples sqperbes « au^ cultes fastueux , aux cérémor nies idolâtres, etc. — Les sacrifices sanglants reparut rent et, avec eux» Fart de trouver des présages d'avenir dans le^ entrailles des victimes ^ . Tous les dieux de l'univers Irouvèrent asile à Rome; les patriciens seuls devinrent Içurs prêtres, et la religion par eux devint un vaste réseau dont les mailles nombreuses étaient auf^nt de pratiques , autant d'observances minutieuses qui enlaçaient le peuple de toutes parts et

lui permettaient plys d'appartenir qu'à la main gui tenait le filet*

Ce qui maintenait le plus fortement le peuple dans cette dépendance, c'était non-seulement la croyanci^ qu'il avait que les ministres des dieux étaient les orr ganes des dieux mêmes, et que ce qu'ils enseignaient au peuple ne pouvait être que ce qu^e les dieux lùêmes leur avaient apprît, c'était encore, et surtout, cette même croyance qi^e le pemple voyait professer aux patrici^s les plqs haut plaicés, lesquels c^servaient si scrupuleusement et avec tant de sérieux les mon^eries les plus ridicnles, qu'ils persuadaient aisécÉient au ipour pie qu'ils étaient les premiers persuadés âe ce qu'il leur importait qn'il firil$.

Ainsii jafuaj^ les grands m parlaient <}u'avae veBtr pectdes prfitiques jies plus superstitieuses, fit, quand H leur arrivait de faire allusion aux oracles, aux augures, aux mystères, ils le faisaient avec tant de réserve çgje Gicéron lui-même, l'incrédule Cicéron^ disait ; a Qu'il ignorait bien des choses que savaient les pontifes et que,

^ Tertullien, Apologet,, cap. XXV.

quand méine il les saurait, il feindrait de les ignorer ^j» Et non-seulement les grands se montraient religieux dans leurs paroles ; en fait, ils affectaient les dehors de la plus grande dévotion.

Ainsi, jamais le sénat ne s'assemblait sans ouvrir ses séances par quelque acte pie, et jamais un sénateur ne prenait sa place sans faire des libations et offrir de Tencens aux dieux protecteurs*. De même, lorsque les magistrats entraient en charge, ils se rendaient au Gapitole et adressaient des prières et des actions de grâces à Jupiter^ Marc-Ântoine tenait à honneur de faire partie de Tune des nombreuses confréries ou congrégations religieuses qui existaient à Rome, et dont étaient membres beaucoup de jeunes patriciens et de magistrats^. Scipion l'Africain , le vainqueur d'Annibal, était l'un des membres zélés de l'une de ces confréries. II n'entreprenait jamais aucune affaire qu'il n'eût passé quelque temps en adoration dans la chapelle de Jupiter Capitolin ^ Jules César, qui n'a jamais passé pour dévot, se rendit au Capilole, à son retour d'Afrique, pour remercier les dieux des victoires qu'ils lui avaient accordées ; il se mit à genoux sur la première^ marche, et montaainsi à genoux toutes les autres marches, jusque dans riptérieur du temple^.

Les simples particuliers n'étaient pas moins fidèles observateurs des moindres pratiques religieuses. Avant de sortir de chez eux, ils ne manquaient pas d'offrir à

*.Cic., Pro domo^ cap. XXXVI.

* SiieLy in Augttst,f ca,^, XXXV.

» Tit.-LiY., lib. XXI, cap. 6a. — Tacil., Annal, lib. XVI, cap. 22.

* Cic, Philipp.y lib. 11, cap 34. — Plut., in Antonio, p. 901. » Val. Max., lib. I, cap. 2. — Til.-Liv., lib. XXXVn, cap. 33. « Dio. Gass., lib. XLIII, p. 254, A.

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