‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 29 sur 168 · VI · texte numérisé non relu

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Royaume de Naples.

Deux roÎ8 des pauvres. — Regium Hospitium totius regni pauperum. — Palais des pauvres au milieu des palais des riches. — Divers établissements qui s'y rattachent. — Leurs revenus. — Charité privée. — Commission centrale de bienfaisance. — Mendiants, vagabonds, brigands ; — Ce qu'on a fait pour les réprimer. — Orphelins, enfants trouvés, prisonniers ; — Ce qu'on a fait pour

* La ville de Parme compte deux hôpitaux pour les malades des deux sexes, et six hospices, — savoir : des Exposés, — de la Maternité, — des Orphelines, — des Arts, — des Mendiants, — des Aliénés.

* Voy. détails intéressants à ce sujet dans le Rapport sur les établissements de bienfaisance de Vltaliej de M. Cerfberr, p. 58 et mw.

les soulager. — Sœurs de charité de France envoyées et installées à Naples. — Nombre prodigieux de malheureux secourus par elles à domicile. — Propagande d'humanité.

Deux rois vivront éternellemement dans la mémoire des pauvres du royaume de Naples, — Charles III et Ferdinand II.

Lorsqu'on 1754 la couronne sicilienne fut posée sur la tête du vainqueur de Velletri, la misère dominait partout; la mendicité encombrait les rues, les hôtels et les temples, et le vagabondage était tellement insolent et impérieux qu'à chaque instant on pouvait craindre une sédition populaire. Le nouveau monarque comprit qu'il fallait purger la ville de toutes ces infirmités et régénérer ce peuple réduit à un état d'abjection sociale. Pour cela , il songea tout d'abord à établir un immense asile qui pût contenir les mendiants, les vagabonds, les pauvres malades, les enfants et les vieillards qui avaient besoin d'aide et de protection S et à faire construire un local où l'on pût partager les différentes classes de ces malheureux selon leurs conditions et leurs besoins, afin que le même établissement pût servir non-seulement d'asile aux mendiants, aux vieillards infirmes, aux enfants qu'on voulait arracher au vagabondage, mais encore à être un lieu d'éducation pour ces mêmes enfants pauvres, et de travail pour tous ceux qui étaient en état d'utiliser leurs bras. Il fit donc bâtir cet édifice colossal qu'on appelle VÀlhergo dei poveri^

* Il y avait déjà, à Naples, la Real sancta casa, fondée en 1522 pour 1,000 malades; l'hospice de VAnnunziatay fondé en 1545 pour les enfants trouvés ; et l'hospice de Saint- Janvier y fondé en 1656, après la peste de celte époque.

ITALIE.— NAPLES. — ÉTABLISSEMENTS DE BIENFaISAINCE. 93

l'Auberge, FHôtel royal des pauvres *, disant qu'à côté des palais des riches il voulait que les pauvres eussent aussi leur palais^. Et pour que la réalisation de cette royale pensée ne grevât pas la nation d'impôts publics nouveaux, le roi abolit, avec le consentement du pape Benoît XIV, onze monastères des Agostiniens réformés, et il en destina le revenu à VAlbergo deipoveri, revenu qu'il augmenta de 12,000 ducats (500,000 fr.) tirés de sa cassette, et des dons qu'il provoqua de toutes les communautés religieuses et de toutes les corporations de province. Tout, d'ailleurs, s'exécuta si bien selon sa pensée que, lorsqu'il partit de Naples pour monter sur le trône d'Espagne, VAlbergo dei poveri contenait déjà plus de 2,000 indigents, et que la rente qui lui était assignée montait à plus de 200,000 francs par an ^

Depuis lors, d'autres établissements de charité furent créés et servirent, pour ainsi dire, de branche à cet arbre souverain *; mais les guerres, les désordres, les révolutions qui survinrent en suspendirent les bienfaits tout en les rendant plus nécessaires.

Ce ne fut qu'à l'avènement au trône de Ferdinand II que s'ouvrit, de nouveau, dans toute sa plénitude , l'ère de la charité, et que les institutions de

* Regium Hospitium totius regni pauperum est l'inscription qu'on lit au-dessus de son portique.

' Voy. le deuxième article publié par M. le marquis de Salvo, dans les Annales de la Charité de 4846, p. 301 et suiv. •^ Voy. ibid.,p. 306 et 310.

* Tels que l'hospice de San-Gennaro dei poveri, celui de la Facella, la maison de Saint-François de Sales, Sancta-Maria dcll' Arco, l'iiôpilal de Saint-Lazare, celui de Saint-Eligio, ceux dei Percgrino, de Saint-Joseph et de Sainte-Lucie destinés aux aveugles, celui de Sancta- Maria-di LoretOfdic,, etc.

bienfaisance acquirent, à Naples, un nouvel essop^

En 1850, époque de la mort de François V% le re-r! venu des établissements de bienfaisance s'élevait déj^j à 1,600,000 ducats (à peu près 6,000,000 de francs), i Grâce au zèle infatigable du roi actuel, ce revenu est,] en ce moment, de 2,5(K),000 ducats, c'est-à-dire d^\ 11,000,000 de nos francs environ *.

Dès la première année de son règne, Ferdinand IIj créa une Commission centrale de charité, appelée di] benefîcenza reale, qui communique avec les commissions de province, à laquelle il alloua une somme dtj 60,000 ducats (250,000 francs ^)

Cette commission est aidée dans son œuvre par laj noblesse et la bourgeoisie de Naples qui y concourenl de leur zèle et de leur bourse, à l'imitation du roi de la reine et des fonctionnaires de l'Etat.

C'est grâce à ce concours qu'on a fondé récemment^ à Naples des salles d'asile, appelées Asili infantili, des» tinées à donner aux enfants pauvres l'éducation à la-rj ■quelle leurs parents ne peuvent aucunement subvenir.

C'est aussi grâce à ce concours que Naples possède! depuis longtemps un Mont de Miséricorde et un Mont des pauvres, fondés par de nobles familles, pour assister^ les pauvres honteux, les infirmes , les prisonniers, et distribuer des dots à des jeunes filles indigentes.

Les prisons ^, comme les établissements de bienfai-»!

* Marquis de Salvo, ub. sup., p. 3H et 312.

* Les ordonnances relatives à la Sicile portent que les commissions! de cliarilé pourront, par l'intermédiaire des autorités communales, demander aux communes aisées des secours pour les pauvres {Istruzioni per Vamministrazione degli stabilimenti di benefîcenza j etc.,; Falerme, 1828, § 123).

3 Un des premiers soins du jeune prince fut de visiter lui-même le! prisons de la capitale. C'est par suite de celte visite que, par un décret]

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