I-iége
Hainaut
Brabant
Luxembourg. .
Limbourg. . . .
Anvers
Namur
Liège
Flandre orientale
Brabant
Hainaut
Flandre occidentale.. . .
Luxembourg. .
Anvers
Namur
Liège
Limbourg.. . .
Hainaut
Flandre orientale
Brabant
Flandre occidentale. . . .
Il résulte de ce tableau deux choses : d'abord, que nulle part ailleurs le chiffre proportionnel des indigents secourus n'est aussi élevé qu'en Belgique; en second lieu, que ce sont les provinces où l'industrie a reçu le développement le plus rapide et le plus large, — le Hainaut, les Flandres, le Brabant, — où se trouve le nombre d'indigents le plus progressivement élevé, tandis que la province la plus pauvre du royaume, le Luxembourg, est celle où il s'en trouve le moins; d'où cette conséquence qu'alors que, partout ailleurs, la misère s'accroît en raison directe de la décroissance
* Ducpélia ux, ilfemoire5ur lepaupérisme dans les Flandres f Bruxelles, 1850, p. 17.
de la prospérité du pays , en Belgique la misère progresse en raison directe du développement des richesses de son industrie et de son sol ; double problème qu'il appartient plus à l'économie politique d'expliquer qu'à l'économie charitable de résoudre.
Autre problème :
Partout ailleurs la classe ouvrière agricole compte moins d'indigents que la classe ouvrière industrielle, et cela quoique son travail soit plus court * et son salaire moins élevé \ Or, c'est le contraire qui arrive en Belgique. Du moins, dans la Flandre orientale, sur les 221,250 indigents secourus en 1847, on en compte 171,681 appartenant aux campagnes, et 49,549 seulement appartenant aux villes , ce qui établit une proportion de 24 indigents sur 100 habitants dans les
* L'élé, la journée de l'ouvrier des champs commence à 6 heures du matin et finit à 6 heures du soir; l'hiver, elle commence à 7 heures du malin et finit à 5 heures du soir ; il y a 2 heures i/2 de repos dans la journée l'été, et 2 heures l'hiver (Arrivabene, ub. 5wp., p. 59). — Dans les filatures de coton et de lin, les journées de travail sont de 13 heures en été, et de 12 en hiver. Dans les houillères, elles sont de 8 à 12 heures. Dans les manufactures de cordes, les ouvriers travaillent jusqu'à 14 heures. Il n'y a d'interruption que pour les repas, 1/2 heure pour le déjeuner, 4 heure pour le dîner, i/2 heure pour le goûter (Poussin, La Belgique et les Belges, p. 383).
2 Dans la plupart des communes rurales, la moyenne du salaire des journaliers est de 60 centimes par jour. Quelques fermiers donnent du café, du pain et du beurre, le matin, et tous de la bière dans la journée; la journée du journalier peut être portée à 70 centimes; les femmes et les enfants ont moins. — En Flandre, on peut, pendant rhiver, se procurer des travailleurs champêtres à quatre sous (Arrivabene, ub. sup., p. 24 et 59). — Le prix moyen de la journée de l'ouvrier des villes est de 1 franc 30 centimes et au-dessous. Il dépasse rarement 75 centimes pour les femmes, et 40 à 50 centimes pour les enfants. Or la nourriture la plus commune revient de 50 à 60 centimes, et le plus nécessaire du vêtement à 60 centimes par jour (major Poussin, m6, sup., p. 386).