‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 55 sur 168 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Hollande.

Misère et bienfaisance. — Institutions charitables. — Institutions préventives. Institutions répressives. — Résultats obtenus.

Misère et Bienfaisance.

Aspect de la misère en Hollande. — Ni luxe, ni haillons. — Ni mendiants ni prostituées dans les rues. — Comparaison avec la Belgique. — Gvi schops et Musicos. — Condition des classes pauvres. — Système d'impôts. — Salaires. — Dépenses annuelles de l'ouvrier. — Décadence de l'industrie. — Proportion de la population urbaine et de la population rurale. — Superflcie territoriale. — Chiffre du paupérisme officiel. — Naissances illégilimes. — Tolérance et charité.

La misère et la richesse ont cela de commun, en Hollande , qu'aucun signe saillant ne les révèle au dehors : toutes deux ont une mise simple et modeste; toutes deux semblent craindre également de se manifester aux yeux. J'ai parcouru la Hollande dans tous ses sens; nulle part je n'y ai rencontré ni le luxe brillant de l'opulence, ni les haillons de la mendicité.

Et pourtant, que de richesses et que de misères renferme l'étroit territoire de ce populeux petit pays * !

* Sa population était, en janvier 1844, de 2,953,618 habitants pour une superficie totale de 3,352,325 hectares; ce qui donae 121 habitants par 100 hectares, môme proportion à peu près qu'en Belgique (Voir ci-dessus, p. 126, noie 1). — Dans un espace de 17 lieues, de Rotterdam à Amsterdam, on rencontre cinq villes de premier ordre ayant ensemble plus de 500,000 habitants.

238 EUIIOPE PROTESTANTE.

Les comptes rendus officiels constatent que 500,000 personnes environ prennent part, chaque année, aux distributions des secours publics; ce qui donne, pour le paupérisme officiel, 1 indigent secouru sur 5,26 habitants : proportion qui s'élève jusqu'à 1 sur 4, jusqu'à 1 sur 3, peut-être, dans certaines villes, dans certaines provinces du royaume.

D'après les faits constatés dans une brochure récente du général Van clen Bosch, ii y aurait, en ce moment, en Hollande et dans le Limbourg, environ 915,000 personnes réparties dans 195,000 demeures, lesquelles, ne payant aucun impôt direct, appartiendraient à la classe nécessiteuse.

Les revenus de cette classe ne peuvent pas être évalués au-delà de 59 fr. 50 c. par tête, et comme il leur faudrait pour vivre au moins 10 fr. 50 c, ce n'est que la charité légale ou privée qui peut combler la différence.

Un autre tiers de la nation n'aurait qu'un revenu moyen de 112 fr. 15 c. ; ce qui ne dépasse que de peu de chose la dépense annuelle des mendiants dans la colonie forcée d'Ommerschans *.

Les deux tiers du sol étant occupés par des prairies et ne réclamant dès lors qu'un petit nombre de bras, ceci explique pourquoi, — dans un pays où la grande industrie est en décadence depuis que les fabriques d'Utrecht et les toiles de Hollande ne vivent plus guère que de leurs souvenirs, — les deux tiers de la population, prise en masse, appartiennent aux villes et un tiers seulement aux communes rurales.

* Paul de Tliury, Colonies agricoles de la HollandCj 1845 (Annales de la Charité, p. 457 et suiv.).

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