‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 4)Chapitre 63 sur 168 · Charité légale à domicile · texte numérisé non relu

Charité légale à domicile

Secours domiciliaires. — Avantages et inconvénients, — Pauvres honteux. — Pères et Mères des pauvres à Fribourg. — Bureau cantonnai à Genève. — Administrations communales de bienfaisance. — Taux des secours.

C'est sous la forme de secours à domicile que la charité légale emploie, le plus communément, en Suisse, le produit de ses taxes, au soulagement de la misère.

Malheureusement, les secours domiciliaires ne vont que trop souvent, de préférence, aux personnes audacieuses et bruyantes qui en imposent, par leurs exagéations, aux distributeurs et qui les fatiguent par leurs

1 Ibid., t. II, p. 256.

2 ibid.. l. II, p. 113.

importuintés, tandis que l'indigent timide et modeste est nécessairement sacrifié. De là, les plaintes qui s'élèvent partout sur l'abandon dans lequel languissent les pauvres les plus honnêtes et les plus intéressants. C'est pour remédier à ce mal qu'on a établi, à Fribourg, dans chaque quartier, un père et une mère des pauvres pour rechercher ceux qui souffrent en secret et les faire connaître à la commission chargée de la distribution des secours.

C'est dans ce même but, et pour empêcher qu'une sorte de hasard aveugle préside à la distribution des secours à domicile, qu'une loi du 22 janvier 184S a créé, dans le canton de Genève, autant d'administrations locales de bienfaisance qu'il y a de communes dans le canton, administrations locales reliées toutes à un bureau cantonal ou central dépendant de l'hôpital de Genève, lequel, outre qu'il exerce une surveillance générale sur tous les établissements publics de charité, et une inspection spéciale sur celles des administrations communales qui demandent des subventions, a le pouvoir d'accorder ces subventions, selon la nature et l'importance des besoins, sur les fonds qui sont mis à cet effet à sa disposition par le budget de l'État * .

Une somme de 100,000 francs est répartie, à ce titre, chaque année, par le bureau central, entre les indigents des diverses communes du canton de Genève. Sur cette somme, 70,000francssont distribués en argent; 10,000 en pain, denrées, combustibles; 10,000 en assistance passagère aux indigents du dehors; 10,000 enfin

* Voy. sur la composition et le fonctionnement du bureau et des administrations de bienfaisance du canton de Genève, l'article publié par M. Marlin-Doisy dans les Annales de la Charité^ 1846, p. 693.

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