‹ Du problème de la misère et de sa solution chez les peuples anciens et modernes (volume 5)Chapitre 47 sur 75 · PUISSANCE PATERNELLE · texte numérisé non relu

PUISSANCE PATERNELLE

Puissance paternelle.

Herus el Pater, synonymes. — Étendue des familles antiques. — Polygamie.

— Qidd, quand trop de bouches à nourrir? — Droit de vie et de mort.

— Doctrine païenne de l'infanticide. — La doctrine de Malthus n'est pas autre chose. — La doctrine malthusienne d'ailleurs n'est pas nouvelle. — Est tirée d'Arislote et de Platon.

La puissance paternelle, chez les anciens, n'était qu'une modalité de l'hérilité servile.

Les mots herus et pater étaient synonymes; père et maître de famille étaient tout un ^

Le nom de père comportait môme l'idée d'une plus grande puissance que celui de maître. C'est ainsi que les païens, pour donner l'idée la plus haute de la puissance de Jupiter, l'appelaient, non pas le maître, mais le père des dieux j de même les juifs et les chrétiens donnèrent à Dieu le nom de père tout-puissant.

Pour pouvoir apprécier les causes et les effets de la puissance du père de famille sur sa femme et ses enfants, ces autres esclaves de la maison, il faut se rendre compte, avant tout, de l'étendue de la gens domestique sur laquelle elle s'exerçait.

Cette étendue, nous l'avons mesurée pour les esclaves ^; il nous reste à la déterminer quant au nombre des femmes et des enfants.

La polygamie étant permise chez la plupart des peuples anciens, les anciens pères de famille avaient un bien plus grand nombre d'enfants que n'en ont les

* Voy. ci-dessus, p. 440 et suiv.

* Voy. ci-dessus, p. 136.

pères d'aujourd'hui. Les traditions grecques ont conserve le souvenir des cinquante filles de Danaiis. Dans Homère, Priam dit à Achille qu'il ^ait eu cinquante enfants, dont dix-neuf de la même mère, et les autres de diverses concuhines ^ Plutarque raconte que, durant les premières guerres de la république, dans une bataille contre les Toscans, il y eut trois cents Fabiens tués ^ ; et il mentionne dans la Vie de Thésée une famille composée de cinquante fils ^ Dans l'histoire des Juifs, les familles de cinquante enfants sont fort communes. Flavius Josèphe rapporte que Gédéon eut soixante-dix fils; Jaïr, trente; Assan, trente fils et trente filles; Abdon, quarante fils, qui étaient tous vivants au jour de sa mort, ainsi que trente fils de ses fils ^. D'un autre côté, la Bible est remplie de témoignages sur la multitude d'enfants qui naissaient aux anciens patriarches, même à une époque si tardive que la leur, et où les concubines étaient non pas précisément restreintes, mais déjà notablement abaissées \ On conçoit donc que le grand nombre de femmes possédées par les premiers pères constituait des familles bien autrement nombreuses que les nôtres. C'étaient de petites tribus, des sortes de clans où les enfants et les petitsenfants étaient, ainsi que les femmes, soumis, comme les serviteurs, à la puissance d'un seul maître, qui était le père^

* Homère, Iliade, liv. XXIV, vers 495 el suiv. 2 Plutarque, Camille, ch. XXll.

» Plut., Thésée, ch. III.

* Flav. Joseph., Antiquit. Hebrœor., liv. V, ch. 9. ^ Granicr deCassagnac, Classes ouvrières, p. 1^.

^ La polygamie n'était pas permise chez les Romains; mais, jusqu'à Jusliuieû,elle ne fut punie que de Vmî'dime(Digest., lib. ïn,îlil. II, fr. i).

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