DU PLESSIMÈTRE
nore. La percussion, pratiquée avec le plessimètre à tambour y a bien donné plus de son ; mais les différences entre les bruits produits par les divers organes sous-jacens n’en sont pas devenues pour cela plus sensibles.
3°. Dans les premiers mois de 1828, M. Scelle- Montdezert, attaché à mon service à la Salpêtrière, garnit de baudruche la face supérieure ou de percussion du plessimètre ordinaire, et se servit d’un corps conique et résistant pour la frapper. 11 introduisait ce corps, qui représentait assez bien un bouchon, dans le stéthoscope figuré dans mon premier ouvrage, et percutait perpendiculairement avec le bout de cet instrument sur la plaque recouverte de baudruche. Il fallut renoncer à l’emploi de ce moyen, parce que le doigt donne dans la percussion médiate des sensations dépendantes du toucher, que le marteau ne peut fournir.
4°. M. Faye, médecin à Angoulême, lit, à la Salpêtrière, et deux mois avant que M. Cottereau ne proposât la même modification à l’Académie des sciences, l’essai d’un plessimètre en liège. Je ne sais auquel de ces deux médecins appartient la priorité. Le liège, tout en augmentant de beaucoup le volume du son produit par les organes percutés immédiatement, ne donne pas de bruit qui lui soit propre. Sous ce rapport, il peut avoir l’avantage que M. Scelle avait trouvé au plessimètre d’ivoire recouvert de baudruche; mais il a moins de solidité que celui-ci. Plus tard
MM. Leblanc et Trousseau recouvrirent de gomme élastique un plessirnètre en bois.
5°. Il ne faut pas s’exagérer lesinconvéniensdu bruit propre à la plaque percutée. Qu’il soit fort ou faible, sourd ou sec, il n’en est pas moins partout le même, sur quelque partie du corps que le plessirnètre soit appliqué. Le son fourni par les parties sous-jacentes est le seul qui diffère. Il suffit donc, dans le jugement qu’on porte sur la sensation qu’on éprouve , de déduire le bruit de la plaque et de 11e tenir compte que de la différence donnée par les organes. En représentant par A le son du plessirnètre ; par B celui des poumons, et par G celui du foie, B et C ne resteront pas moins très-distincts l’un de l’autre, bien que A leur soit ou non ajouté. En suivant d’ailleurs les règles que je vais établir, en percutant souvent les organes du cadavre ou de l’homme vivant, en acquiérant de l’expérience que les livres ne donnent pas , en évitant de frapper avec l’ongle on entend à peine le son donné par l’ivoire du plessirnètre ordinaire.
(i°. Le stéthoscope de Laënnec, celui que je lui ai substitué, quelques autres essais qui ont été tentés me paraissaient laisser quelque chose à désirer, soit sous le rapport de la légèreté, soit sous celui du volume ou de la solidité. J’ai pensé qu’on pouvait rendre tres-mince le tube de cet instrument, sans nuire à sa propriété de conduire les sons, et je crois y être parvenu. Il fallait y joindre le plessimètre, et j’ai fait de celui-ci l’une des pièces du
DU PLESSIMETRE
nouveau stéthoscope dont je vais donner la description.
7°* J’ai d’abord constaté deux faits : le premier, contradictoire a l’opinion deLaë.mec, c’est que les métaux peuvent très-bien remplir l’olïice de stéthoscope, ce que M. Col ter eau avait déjà reconnu comme moi. Si l’auteur de l’auscultation a remarqué le contraire, c’est qu’il s’est sans doute servi de tubes dilFérens de celui que je propose. J’ai exploré le thorax successivement avec des tuyaux métalliques et des cylindres creux , en bois, et les résultats m’ont paru les mêmes. Le second fait se rapporte au plessimètre : les métaux, tels que le cuivre, l’argent et le mai llechort remplacent parfaitement l’ivoire $ ils ne valent pas mieux, ils ne valent pas moins. Seulement il faut que la plaque qu’ils forment soit mince. Une lame de cuivre épaisse est un mauvais plessimètre; mais un plessimètre mince, du même métal, donne des sons très- purs à qui sait bien le percuter. Si, faute d’habitude, on craignait le mélange du son que donne le métal avec la résonnance des organes, ce bruit métallique serait détruit par l’application d’une couche très-mince de liège ou de baudruche sur la surface percutée.
8n. Ces deux faits étant bien constatés, j’ai fait faire un tube de cuivre de deux lignes de diamètre et de six pouces de long : on peut doubler cette longueur au moyen d’un corps de rechange qui se visse sur le premier tube. Le plessimètre de dixhuit lignes de diamètre, aussi en cuivre, semblable
à celui que je faisais confectionner en ivoire, bien poli et présentant des bords unis et arrondis, porte à deux lignes d’un des points de sa circonférence une ouverture qui se visse sur l’une des extrémités de la tige métallique. Cette ouverture est placée sur le côté de l’instrument, afin que la percussion médiate puisse êtreconvenablement pratiquée. L’opercule a aussi un pouce et demi de large. J1 porte au centre un trou qui reçoit l’autre extrémité du cylindre.
90. Si leplessimètre est articulé avec la tige, de telle sorte que sa face concave corresponde à cette tige, et que sa surface plane repose sur le malade, l’instrument remplit exactement les fonctions du stéthoscope garni de son embout; s’il est joint au cylindre d’une telle manière que sa surface concave repose sur le sujet qu’on explore, le vide qui se trouve entre la tige et la partie qu’on examine a les mêmes usages que ceux du stéthoscope dont l’embout est ôté. En elïet, la forme de cet espace vide, qu’elle soit conoïde, arrondie, ou qu’elle offre une courte portion de cylindre, influe trop faiblement sur l’intensité des sons qu’on obtient, pour que l’oreille saisisse la différence qui pourrait exister en raison de ces formes variées. La position latérale du cylindre sur la plaque inférieure du stéthoscope n’a aucun inconvénient sous le rapport de l’auscultation. Ce nouveau stéthoscope, bien que le plessimètre lui soit annexé, présente une pièce de moins que tout autre, puisqu’il ne nécessite pas un embout. Il peut être