‹ Du procédé opératoire a suivre dans l'exploration des organes par la percussion médiateChapitre 11 sur 20 · EXAMEN PLESS1MÉTRIQUE · texte numérisé non relu

EXAMEN PLESS1MÉTRIQUE

intestinales sont reconnaissables vers les parties déclives, par leur élasticité et leur résonnance.

333. Quand on a bien reconnu le son propre à la vessie, il faut faire incliner successivement le malade et sur le côté droit et sur le côté gauche. Si en elfet c’est le réservoir de l’urine qui donne lieu à cette résonnance, l’espace où on aura trouvé le son obscur ne variera pas en raison des variations de position du sujet : le contraire aura lieu dans l’ascite.

334°. Alors, soit pour évacuer l’urine soit pour distinguer si la matité reconnue appartient à la matrice , chez la femme , à une tumeur enkystée (nos 241 et suivans), au rectum distendu (n° So'j) ou à la vessie, on pratiquera le cathétérisme, on aura recours au toucher et on sondera le rectum.

335°. Si l’on voit l’urine s’écouler par la sonde, on profitera de cette occasion pour apprécier les variations de son que l’abdomen présente inférieurement en raison des quantités d’urine que contient la vessie. On trouvera à fur et à mesure que le liquide s’écoulera, que la sonoréité et l’élasticité reviendront, et que la matité et la résistance disparaîtront.

336°. Si les tégumens sont infiltrés, il faudra les déprimer avec le plessimètre jusqu’à ce qu’on parvienne aux muscles. S’il y a coexistence d’une ascite, on combinera les moyens d’exploration propres à distinguer les épanchemens péritonéaux d’avec la distension de la vessie.

337°. Les faits suivans font partie de ceux beau-

coup plus nombreux qui m’ont fait établir les règles précédentes.

338°. Une femme est portée à l’infirmerie de la Salpêtrière, présentant les signes d’une apoplexie cérébrale. Pendant le cours de la maladie le ventre se météorise; un examen superficiel fait admettre l’existence d’une tympanite, et on rapporte à celle-ci les douleurs que la malade accuse par ses plaintes, car elle ne parle pas. La percussion pratiquée avec plus de soin fait entendre dans la région inférieure de l’abdomen un son mat qui ne change pas de place par les diverses positions qu’on imprime à la malade. La matité se prolonge jusque vers l’ombilic. On annonce que la vessie est distendue. Le cathétérisme évacue plus d’une pinte d’une urine claire et sans odeur; la matité descend à mesure que le liquide s’écoule et le météorisme disparaît. Lorsque la vessie est entièrement vidée, le ventre est devenu souple. Dans la journée la malade rend spontanément de l’urine, le balonnement ne revient pas le lendemain , mais le surlendemain les symptômes reparaissent. Le cathétérisme pratiqué de nouveau donne alors issue à une urine sanglante, et la mort survient.

339°. « A la nécropsie hémorragie cér ébrale en rapport avec les symptômes apoplectiques moëlle épinière sans altération. La vessie était très-spacieuse,les paroisenétaient minces, elle contenait peu d’urine, la muqueuse était soulevée par des veines variqueuses; 011 n’aperçut pas qu’aucune d’elles

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fût déchirée. La membrane interne de la vessie était d’un rouge foncé en quelques points; dans d’autres on la voyait pointi liée ou d’un rouge uniforme. Elle n’offrait aucune trace d’ulcération ; le sang avait été exhalé à sa surface; elle n’ctait ni épaisse, ni ramollie, mais recouverte en différens points de matières lithiques dont la présence paraissait due à la durée trop prolongée de l’urine dans la vessie, car les reins et les uretères ne présentaient aucune lésion.»

34o°. « Une femme couchée dans un des lits de la salle S.-Jacques, et malade comme la précédente d’une affection cérébrale, fut lesujet d’une semblable observation. Mais de plus, la percussion fit entendre sur la circonférence de la vessie le bruit humorique. A la nécropsie, on trouva que le réservoir de l’urine enflammée, était en même temps très-mince. » ( Lancette , t. II, n° 73, Observations recueillies par M. Bosc).

34 1°. Chez un malade de l’Hôtel-Dieu , atteint depuis long-temps d’une inflammation des glandes de Peyer, et chez lequel le ventre était météorisé, à un point tel qu’on ne pouvait palper la région hypogastrique, la percussion médiate' découvrit à l’aide de la dépression des intestins par le plessimètre, que la vessie contenait une énorme quantité de liquide. On pouvait être ici d’autant plus facilement induit en erreur que le lit de ce malade en délire était inondé d’urine qui coulait par regorgement. Dans le mois qui suivit l’évacuation du liquide la distension de la vessie 11e reparut pas.

342°. Trois fois dans le service des incurables de la Salpétrière et plusieurs fois encore à l’infirmerie, deux fois dans ma pratique particulière des faits semblables se sont renouvelés.

3430. Une jeune personne que je soignais avec MM. Récamier et Labbé, était atteinte d’une ményngiteet d’ulcérations dans le colon ascendant; elle présentait un extrême ballonnement du ventre. On songeait d’autant moins à la vessie que l’urinecoulaitfréquemrnent. La percussion de l’abdomen fit encore découvrir que le réservoir de ce liquide était distendu et paralysé. Le cathétérisme évacua l’urine. Les jours suivans une paraplégie se déclara. A la mort , légère teinte rougeâtre de la muqueuse vésicale au-dessous de laquelle rampent des veines dilatées ; plaques rouges sur la piemère dans la largeur de la paume de la main de chaque côté de l’encéphale, vers les tempes et sur les points où pendant la vie la jeune malade accusait de la douleur; ramollissement diffluent de la moëlle épinière depuis la sixième vertèbre dorsale jusqu’en bas.

3440* Dans tous ces cas, la connaissance de la tuméfaction de la vessie par l’urine ne fit que soulager les malades, mais ne les guérit pas. Il n’en fut pas ainsi dans le suivant.

3450. Je vis en consultation avec M. le docteur Fourcade Prunet un malade qui avait présenté les signes d’une inflammation aiguë du tube digestif; il y avait déjà plusieurs semaines qu’il était alité, le ventre était météoriséet énormément distendu;

2C>4 examen peessiméerique

l’expression de souffrance du sujet, la persistance desaccidens la fièvre qui se déclarait , les vomissemens qui survenaient , les douleurs du ventre faisaient redouter une mort prochaine. La percussion de l’abdomen sur la région hypogastrique y découvrit une matité remarquable, accompagnée de peu de résistance au doigt, et qui, circonscrite par des lignes, était limitée par un espace où se trouvaient le son tympanique et l’élasticité des intestins. Ces caractères ne variaient pas par la position du sujet ; ou la vessie, ou un kyste étaient situés sur ce point. Le malade assura qu’il n’avait jamais eu de maladie des voies urinaires, lien imposait. Nous chercha mes inutilement à le sonder. La prostate engorgée oblitérait la partie de l’urètre qu’elle embrasse, il nous fut impossible d’évacuer l’urine. M. Amussat fut plus heureux , il introduisit avec facilité une trèspetite bougie dans la cavité urétrale prostatique; l’urine s’écoula lentement, mais en grande quantité; dès le lendemain lessymptômes gastriques s’étaient calmés, les vomissemens avaient cessé; le malade, traité par les bougies guérit; tous les accidens étaient secondaires «à la souffrance de la vessie, et la percussion médiate , en découvrant celle-ci, fut la cause de la guérison du malade.

3460. Comment se fait-il que dans les cas de paralysie et de distension de la vessie , un son tympanique ait si souvent lieu à la surface de l’abdomen ? Cela tient à plusieurs causes. D’abord à ce que la poche urinaire tenant beaucoup de place refoule les intestins dans tous les sens et vers les

parois comme ailleurs. Ce n’est qu’en bas qu’elleest en contact avec ces parois et qu’elle donne de la matité; ensuite c’est que la compression qu’elle exerce sur le rectum et sur l’s iliaque empêche la sortie des gaz; c’est peut-être enfin parce que l’irritation secondaire dont les intestins peuvent devenir le siège y fait exhaler une grande quantité de fluides élastiques.

347°. Je crois qu’il est très-difficile de reconnaître par la percussion médiate de petites quantités d’urine renfermées dans son réservoir. Cela doit être impossible lorsque le bassin est large. Dans un cas observé à l’Hôtel-Dieu et où l’on ne remarquait pas de son mat dans l’hypogastre, la vessie contenait sept ou huit onces du liquide; des observations cadavériques indiquent le même fait; chez les enfans on retrouverait plus facilement une faible accumulation d’urine à cause de la position de la vessie qui, chez eux, est élevée vers l’ombilic. Peut-être chez l’adulte pourraiton tirer plus de parti de la percussion pubienne et périnéale que je ne l’ai fait.

348°. Aussitôt que l’on a reconnu l’urine dans la vessie, il faut en évacuer une partie, mais non la totalité. C’est à plusieurs reprises qu’il faut pratiquer le cathétérisme etfaire sortir leliquide peuà la fois. C’est bien moins pour éviter le collapsus où la vessie peut tomber que la congestion sanguine, et par suite l’inflammation qui résultent pour la membrane muqueusede l’abord immédiat du sang après la sortie de l’urine ( nn5 338, 339, 34° et suivans).

20 6 examen plessim étriqué , etc.

349°- Je n’ai presque rien à ajouter à ce que j’ai dit dans mon ouvrage sur l’exploration plessiraétrique de l’utérus; la manière d’examiner cet organe ne diffère pas de celle qui convient pour la vessie, il est fâcheux qu’on n’ait pas étudié les degrés divers de matité et la hauteur de l’espace où on la trouve dans les différens temps de la gestation. Ce serait un beau sujet de recherches; je n’ai pas eu l’occasion de les faire; je laisse cette tâcheà d’autres; je dirai seulement que dans plusieurs cas où l’on croyait à des grossesses de quatre mois , la percussion médiate trouvait un son clair à toute profondeur dans le bassin , je dis qu’on se trompait et la suite vérifia mon jugement. Dans un cas de gestation observé avec mon ami M. le docteur Ilureau , la percussion médiate démontra par les signes plessimétriq ues qu’il existait une légère collection de sérosité, et par une matité avec résistance qui ne changeait pas de place, que la matrice était énormément distendue. La malade guérit de son hydropisie à la suite de l’accouchement.

COLLECTION DE MEMOIRES, etc.

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