‹ Du procédé opératoire a suivre dans l'exploration des organes par la percussion médiateChapitre 10 sur 20 · EXAMEN PLESS1MÉTR1QUE · texte numérisé non relu

EXAMEN PLESS1MÉTR1QUE

l’intelligence est telle, qu’on ne peut quelquefois obtenir d’eux le moindre renseignement. On leur demande s’ils urinent facilement, ils répondent par l’affirmative, et cependant c’est par regorgement que s’écoule une très -petite quantité de fluide. Dans le délire, et à tous les âges, on est souvent privé des circonstances commémoratives, et les assistans croient souvent que les malades dont la vessie est paralysée, ont évacué l’urine comme à l’ordinaire, parce que les draps ont été tachés par quelques gouttes de ce liquide.

325°. Enfin, quant au cathétérisme, on ne l’emploie d’abord que quaud on pense que la vessie peut contenir de l’urine, et on est loin de le soupçonner dans bien des cas où il serait urgent d’évacuer ce liquide : sonder est ensuite une opération douloureuse, à laquelle les malades ou les assistans se refusent quelquefois, et que beaucoup de médecins pratiquent fort mal; d’ailleurs, dans les maladies internes, le cathétérisme, à cause de l’irritation qu’il détermine, doit n’être le plus souvent employé que comme moyen de traitement, puisqu’on possède des moyens de diagnostic moins pénibles.

326°. Or, la percussion médiate, alors même qu’on ne soupçonne pas une maladie des voies urinaires, nous a fait reconnaître comme par hasard, et dans plus de vingt cas, que la vessie était distendue par l’urine : ce procédé, qui n’avait aucun inconvénient, servait à déterminer d’une manière précise si le cathétérisme était indiqué ou

non. Avant d’exposer quelques-uns des faits nombreux que je possède sur ce sujet, traçons avec soin la manière d’explorer avec le plessimètre le réservoir de l’urine.

32^°. Pour la vessie ainsi que pour les intestins, on aura d’abord recours à des expériences sur le cadavre, et on percutera l’organe soit à nu, soit à travers les parois. Il faudra explorer, avec le plessimètre, la poche urinaire, soit vide , soit pleine; lout-à-fait distendue, et à moitié remplie. Tantôt on la percutera isolée, d’autres fois, lorsqu’on l’aura préalablement mise en contact avec les intestins; dans d’autres cas, recouverte par ces viscères, ou encore entourée par eux. On se familiarisera ainsi avec les sons que donne la vessie, et avec les impressions tactiles qu’elle fournit, lorsque, dans ces cas divers, on l’explore pendant la vie avec le plessimètre.

320°. C’est le plus souvent en percutant avec soin l’abdomen dans l’intention de reconnaître l’état des intestins, qu’une paralysie de la vessie non soupçonnée a été découverte. ( Lancette , t. II, n°73, observations recueillies par M. Bosc). 11 faut donc, sur tous les malades graves, explorer plessimétriquement le ventre avec le plus grand soin, et suivant les règles indiquées (nos 212 et suivans).

329°. S’agit-il d’examiner la vessie en particulier, le médecin et le malade seront encore placés comme pour l’exploration de l’abdomen (n° 21 1). On appliquera légèrement le plessimètre vers la

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ligne médiane et près de l’ombilic ; on la percutera dans cette position- on descendra ensuite successivement jusque vers le pubis, en percutant toujours, et dans le plus grand nombre des cas on trouvera sur toutes ces parties un son trèstympanique du aux intestins. Mais si la vessie est très-distendue par l’urine, si elle a refoulé les viscères par en haut, alors le doigt éprouvera, sur les points qu’elle occupe, un léger degré de résistance et de matité. Plus on descendra vers le pubis, et plus ces derniers caractères plessimétriques seront évidens.

33o°. On déprimera ensuite les parois avec le plessimètre , de manière à déplacer les intestins qui pourraient être placés entre ces parois et la vessie ; et cette dépression , d’abord légère , deviendra de plus en plus forte, jusqu’à ce qu’on porte dans le bassin la plaque d’ivoire aussi profondément que possible. Dans cette manœuvre, il faudra presser lentement, par degrés et avec précaution, pour éviter toute douleur au malade, et le plessimètre devra être tenu fixé de la manière la plus solide. La percussion, dans toutes ces positionsde l’instrument, sera alternativement très-légère et plus forte, pour juger de l’état des parties superficielles et de celui des organes profondément placés. O11 la pratiquera avec d’autant plus de douceur que le ventre sera plus sensible. Pour juger du sou donné par la vessie, les doigts frapperont par un coup sec et seront de suite retirés; pour apprécier la sensation tactile qu’elle

donne, ils resteront appliques un instant par-delà le moment où le clioc aura eu lieu.

33i°. Quand 011 aura bien examiné la partie moyenne de l’abdomen dans le sens longitudinal , on fera la même opération de chaque côté, puis sur les fosses iliaques, et même vers les flancs. Dans bien des cas, en effet, la vessie est développée plutôt latéralement que sur la ligne médiane. S’il arrive que l’on n’ait pas trouvé dans l’hypogastre le réservoir urinaire, on percutera la symphyse pubienne, pour y chercher encore la vessie pleine de liquide.

33?.°. Dans tous les points où la vessie, distendue par l’urine, touche les parois, la percussion donne de la matité à l’oreille et un certain degré de résistance au doigt. On trouve de la résonnance et superficiellement de l’élasticité là où des intestins recouvrent le viscère; celles-ci disparaissent lorsqu’on déprime les parois et que le plessimètre est en contact avec le réservoir de l’urine. Tout autour de l’organe, lorsqu’il n’est pas très -distend u, et quand ses tuniques sont minces, le bruit humorique a quelquefois lieu. Une élasticité et une résonnance parfaites, à quelque profondeur que la plaque d’ivoire soit portée, sert à circonscrire par en haut et sur les côtés la circonférence de la vessie, que des lignes noires limitent alors avec exactitude. Ce n’est pas sur une ligne de niveau que les transitions du son clair au son mat ont lieu dans ce cas, mais au contraire dans une direction contournée : des anses

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