‹ Du progrès des agglomérations urbaines et de l'émigration rurale en Europe et particulièrement en FranceChapitre 12 sur 42 · COMPOSITION DE LA FAMILLE RURALE ET URBAINE · texte numérisé non relu

COMPOSITION DE LA FAMILLE RURALE ET URBAINE

Les populations rurales sont-elles soumises à d'autres lois que les populations urbaines au point de vue de leurs éléments constitutifs, et, ce point établi, ces lois sont-elles plus favorables dans les campagnes que dans les villes?

Examinons d'abord, dans la mesure des documents officiels, s'il peut être répondu a la x^remière question.

1° Sexes. — La prédominance de l'un ou de l'autre sexe dans les villes ou dans les campagnes peut varier sous l'influence de circonstances économiques, sociales et morales très diverses, et à priori, à moins d'avoir, pour chaque pays, la connaissance intime de ces circonstances, il est bien difficile de s'expliquer pourquoi, ici, le sexe masculin l'emporte dans les campagnes, tandis que, là, le phénomène contraire se produit.

Quelquefois la forme même du dénombrement peut modifier le rapport sexuel. Que les garnisons soient recensées à part et distraites entièrement des populations des villes et des campagnes, voilà immédiatement un élément urbain considérable qui disparait, les garnisons étant généralement plac(''es dans les villes. Qu'il en soit autrement dnns un Etnt voisin, que nous supposerons .-iv(jir. comme les grandes puissnnces continentales, une

liirméc considérable, et par ce seul fait, la population masr.uline des villes s'accroît tout à coup dans une forte proportion. Malheureusement, les comptes-rendus officiels des dénombrements ne permettent pas toujours d'établir cette distinction et d'opérer ainsi sur des valeurs en quel- ■que sorte égales.

Autre exemple : on sait que les émigrations portent généralement sur les campagnes et sur les adultes mâles. Que l'on suppose deux pays, l'un ayant une forte émigration, l'autre, au contraire, conservant tous ses habitants et recevant en outre une forte immigration, il est évident que l'on trouvera, dans ce dernier, une plus forte population masculine.

C'est sous ces réserves que nous allons donner la parole aux documents officiels.

En Prusse, le sexe masculin domine dans les villes. Ainsi, pour 100 habitants, on a trouvé, à Toccasion des trois derniers dénombrements, en moyenne 50. 3 hommes dans les villes et 49. 7 femmes dans les campagnes. En d'autres termes, pour 100 hommes, on a recensé 98,81 femmes dans les villes et 101.21 dans les campagnes.

En Wurtemberg, où les femmes, par suite d'une forte émigration extérieure, sont plus nombreuses que les hommes à la fois dans les villes et les campagnes, on constate 'que leur prédominance est plus accusée dans les campagnes et qu'elle y devient de phis en plus forte comme l'indique le tableau ci-après :

VillcB. Campagnes. Villes Camiiagne*. Villes. Canipiignes.

Femmes pour 100 hommes.

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