‹ Du progrès des agglomérations urbaines et de l'émigration rurale en Europe et particulièrement en FranceChapitre 24 sur 42 · NOMBRE DES ACCUSÉS · texte numérisé non relu

NOMBRE DES ACCUSÉS

demeurant dans sans des communes domicile Total, rurales, urbaines. Qxe. 1,000.

Les rapports inscrits dans les trois dernières colonnes indiquent que le contingent des villes dans la criminalité tend à augmenter et que, par la même raison, celui des campagnes diminue. Sur 1,000 accusés, 560 de 1858 à 1862, et 511 seulement, de 1863 à 1867, habitaient la campagne.

Si maintenant, on rapporte les accusés directement à celle des deux populations auxquelles ils appartiennent, on trouve les termes ci-après :

Habitants nour 1 accusé.

Population

rurale. urbaine.

Ainsi en moyenne, on compte, en France, 12,051 habitants pour 1 accusé dans les campagnes et 5,618 dans les villes.

Ces proportions indiquent-elles réellement une moralité meilleure parmi les populations rurales ? La question serait résolue s'il était possible d'affirmer que les moyens de découvrir les infractions à la loi pénale ont la même efficacité des deux côtés. En fait, il n'en est pas ainsi, beaucoup de ces infractions restant probablement inconnues dans les campagnes, par suite d'une organisation insuffisante de la police judiciaire. Un grand nombre de communes rurales , en effet , n'ont même pas de garde champêtre. Il est permis de croire, en outre, que, sauf pour les grands crimes qui, par le fait de leur publicité, attirent vivement l'attention et obligent l'autorité municipale à les dénoncer à l'autorité judiciaire, beaucoup de méfaits trouvent, dans l'indulgence des maires, une im-

punité déterminée, tantôt par les relations suivies, quelquefois intimes, de ces magistrats avec les familles des coupables, tantôt par le désir d'éviter à leur commune une fâcheuse notoriété, et autres considérations de môme nature.

Si les crimes contre les personnes, fruit de la haine, de la vengeance , y sont fréquents, les atteintes graves à la propriété (moins les incendies toutefois) doivent être assez rares dans ces communes. Il semble, en effet, que le vol ne peut guère s'y produire que sous la forme du maraudage ou de la dévastation des récoltes et des plantations. L'escroquerie y est peu connue. L'absence du recel, la difficulté d'y utiHser promptement les valeurs dérobées, y sont également un obstacle aux tentations criminelles. Les délits de chasse, de pêche, les délits forestiers, s'y commettent, au contraire, en grand nombre.

En constatant la différence de criminalité des deux populations, le Rapport sur la justice criminelle de 1860 l'explique, comme nous, en grande partie par l'impunité.

« Une des principales raisons de cette impunité, dit le document officiel, se trouve dans la disposition topographique du pays; il n'y a dans toute la contrée qu'un petit nombre de maisons agglomérées. Les habitations disséminées dans les campagnes, sont isolées et séparées par des champs en culture. Cette distribution des maisons, excellente au point de vue de Thygiène, est très propre à entourer du mystère le plus profond des faits qui seraient divulgués à l'instant même au milieu d'un bourg ou d'un village. »

Les Rapports distinguent, en ce qui concernent les deux populations, les crimes contre les propriétés des crimes contre les personnes. Voici, pour la période 1856-60, le résultat de cette distinction, en nombres absolus et pro-

portionnels. La première ligne horizontale se rapporte aux crimes de la première catégorie ; la seconde aux crimes de la deuxième.

l^e Nombres absolus.

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