CHAPITRE PREMIER
L'irréductibilité ou l’étranglement ne sont pas seulement l'apanage du prolapsus total du rectum, on les trouve également dans la forme partielle ou muqueuse de cette affection. AR |
L'irréductibilité peut être complète, totale, avec ou sans étranglement, et ses causes sont variables ; en outre, le rectum prolabé peut n'être pas irréductible, mais seulement ne pas se maintenir réduit ; enfin, l’irréductibilité est aiguë ou chronique. | |
De quelle façon le prolapsus du rectum devient-il irréductible, comment se fait l’étranglement ? Voilà ce qui va nous occuper tout d’abord. Le rectum a des attaches
supérieures et inférieures. En haut, dans l’intérieur du.
bassin, il est suspendu par le méso-rectum, le méso-côlon qui l’empêchent de glisser de haut en bas et de franchir l’orifice anal, alors même que celui-ci serait béant. En bas, le rectum est contenu dans le plancher périnéal, et soutenu par les sphincters qui s'opposent à son issue, même dans le cas où les liens suspenseurs ne fonctionneraient plus, Tels sont donc les moyens de fixité qui con-
md
tribuent à maintenir l'organe à sa place, quoique avec ‘une efficacité inégale, l'appareil suspenseur jouant évidemment le principal rôle 4 Quelle sera la genèse du prolapsus ?
Il extrêmement rare que tous les moyens de fixité cèdent à la fois ; habituellement, le groupe supérieur se relâche le premier, et le prolapsus est aisément réduit. Mais si: à la longue, la résistance des sphincters est vaincue, le prolapsus, de réductible qu'il était primitivement, devient, sinon irréductible, au moins permanent ou incoercible. Nous sommes donc en présence d’une première forme de prolapsus rectal, irréductible par dilatation du sphincter et relâchement des ligaments appartenant au groupe supérieur.
S1 au lieu de considérer les moyens de fixité du rectum au point de vue topographique on les envisage relativement à leur constitution histologique, on arrivera à la forme suivante du prolapsus irréductible. | :
À quelque groupe qu’elles appartiennent, les attaches rectales sont histologiquement constituées par des fibres musCulaireslisses ou striées : des fibres conjonctives éparses ou réunies en faisceaux. et des fibres élastiques. Ces éléments jouent dans la fixation de, l'intestin, un rôle en rapport avec leurs propriétés respectives ; les liens passifs
élant fournis par les tissus fibreux et élastiques, tandis que les liens actifs sont fournis par les muscles striés ou lisses.
L'affaiblissement ou la destruction de chaque ordre de
liens à une origine différente, les ligaments passifs ces-
mire
sant de fonctionner quand i!s ont été allongés ou rompus, alors que la déchéance des fibres musculaires entraine leur paralysie ou leur atrophie. On peut donc aisément entrevoir les conséquences primitives et éloignées de ces lésions variées, et il est dès lors facile de suivre la pathogénie du prolapsus rectal jusque dans ses formes les plus graves.
Y a-til allongement ou rupture des fibres conjonctives et élastiques servant de liens suspenseurs, le rectum, solli cité par la pesanteuret les efforts de la toux, de la miction, de la défécation, vient s'appuyer sur le plancher périnéal, presse sur l’orifice anal et tend à le franchir et à le dilater peu à peu ; si les fibres musculaires du releveur de l'anus etdu sphineter restent intactes, on serasimplement en présence d'un prolapsus facilement réductible par la contrac-
tion musculaire ou le taxis. Mais si, au contraire survient soit une paralysie, soit une atrophie des fibres musculalres, il se produira les phénomènes suivants. :
Le releveur de l'anus est-il atteint ? alors le plancher périnéal s’abaisse, perd sa forme et peut devenir Convexe par effacement de la dépression anale. Les sphineters sont-ils lésés ? L’orifice anal s'agrandit, se déforme, cesse de résister et ne s'oppose plus à l'issue du rectum au-dehors. Le prolapsus une fois devenu permanent, provoque des troubles intestinaux, la muqueuse rectale s'ædématie et ne peut être refoulée dans le bassin. [l n°y a, dans cecas, qu’une irréduetibilité avec un pseudo-étranglement, le sphincter étant généralement élargi. Maïs,