LIVRE TROISIÈME
Nous avons déjà indiqué le but que nous cherchons à atteindre par les études auxquelles est consacré ce troisième livre 3 nous y reviendrons ici brièvement pour plus de clarté : ce but est de mesurer, en quelque sorte , la portée des conclusions que nous déduirons plus tard de notre série sur le pronostic et le traitement de l'épilepsie.
Quelles sont les conditions que doit offrir une suite de faits morbides , pour qu'il soit permis de regarder comme généralement applicables les résultats qu'elle peut fournir? En admettant que les observations soient exactes et complètes, on n'exige communément que les deux conditions suivantes : 1° que les faits soient réunis en nombre un peu considérable; 1° qu'ils aient été recueillis sans choix. Cette dernière circonstance est de rigueur, celle du nombre dans certaines limites est indispensable; mais ces deux conditions ne sont pas toujours les seules qu'on doive remplir pour atteindre le but proposé. D'abord il est impossible de fixer d'avance la quantité de faits nécessaire pour obtenir des résultats généraux définitivement acquis. Cette quantité doit varier avec les espèces morbides : il en est qui offrent des formes et des degrés très variables , d'autres qui présentent dans tous leurs éléments une sorte d'uniformité; il est des variétés importantes à considérer séparément en vue du pronostic et du traitement ; il en est qui sont sans
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valeur essentielle. Les circonstances dans lesquelles les faits ont été recueillis peuvent en outre être de telle nature qu'elles ne permettent pas, quelque grand que soit le nombre des cas observés, d'y retrouver le tableau d'ensemble de l'affection. La pratique des hôpitaux ne donnera presque jamais certains degrés de telle ou telle affection j elle offrira rarement les maladies qui appartiennent surtout aux classes aisées 3 et en général le pronostic qu^on tirera des faits recueillis dans ces établissements devra être modifié dans son application à la pratique ordinaire. Celle-ci, de son côté , ne vous fournira pas le plus souvent certaines formes qui naissent surtout de l'accumulation d'un grand nombre de malades, comme on les rencontre dans les hospices, dans les prisons et dans les hôpitaux civils ou militaires.
Pour estimer la valeur concluante d'une série, il faut en conséquence d'autres conditions que l'absence de choix et le nombre; il est nécessaire d'étudier avec soin, dans les faits qui la composent, l'étiologie, la symptomatologie, la marche et les autres circonstances principales de la maladie ; il faut réunir, d'autre part, les matériaux contenus dans la science sur ces mêmes circonstances, généraliser ces matériaux, si déjà ils ne l'ont été, et s'en servir comme termes de comparaison pour juger si la série renferme dans leur proportion naturelle toutes les variétés et tous les degrés de gravité propres à la maladie étudiée : si de cette appréciation il résulte que certaines formes, certaines nuances d'intensité, certaines circonstances inlluentes, font défaut dans la série, vous limiterez en dehors de ces derniers faits l'application de vos résultats.
Celte étude non seulement fera connaître le nombre approximalir de faits nécessaire pour généraliser; mais clic permettra de tirer parti «l'un nombre de cas qui ne serait
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pas très considérable, en indiquant les limites de l'application qu'on peut faire de leurs résultats généraux.
Si nous ne nous trompons pas, ce travail n'a jamais été fait d'une manière expresse, comme base fondamentale de l'étude du traitement d'une maladie, et cette omission a été une des causes du discrédit dans lequel sont tombées, auprès de médecins éclairés , les études numériques dans leur application à la thérapeutique.
L'essai que nous tentons ici justifiera-t-il suffisamment la méthode pour entraîner un jour des imitateurs? Nous osons l'espérer.
Les circonstances que nous analyserons dans nos faits pour apprécier la valeur de notre série sont les suivantes :
Les causes.
L'ancienneté de la maladie.
Sa marche.
La nature des accès.