‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 18 sur 80 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

GADSES DE L'ÉPILEPSIE.

Nous distinguerons les causes en prédisposantes et en accidentelles ou déterminantes.

SECTION I. — CAUSES PRÉDISPOSANTES.

Dans cette section nous passerons successivement en revue :

Les causes héréditaires,

— anatomiques ,

— physiologiques , -^- hygiéniques,

— morbides.

Causes héréditaires. — L'hérédité, comme cause de

32/i ÉVALUATION DES FAITS.

maladie , pour être étudiée d'une manière fructueuse , ne doit pas être envisagée seulement dans la notion étroite de la transmission d'une espèce morbide du père ou de l'aïeul au fils ou au petit-fils j il y a utilité à rechercher la cause héréditaire ou plutôt le cachet morbifique de la famille, non seulement chez les ascendants, mais encore chez les descendants, si cela est possible, et même chez les collatéraux. Ce n'est pas non plus uniquement l'espèce pathologique qu'on étudie, qu'il faut constater chez les parents, mais aussi les affections qui, par leur analogie avec elle, peuvent être groupées dans un même genre ou dans une môme famille. Ainsi les recherches sur l'hérédité acquerront dans la science une valeur égale à celle qu'elles ont aux yeux des praticiens expérimentés qui n'ont pas négligé cette source importante du diagnostic des maladies. Cette direction dans les études étiologiques sur l'hérédité n'est point de notre part affaire de théorie 5 l'observation nous y avait conduit d'une manière vague; mais les résultats de l'étude analytique de nos cas d'épilepsie ont fixé sur ce sujet des idées que jusqu'alors nous n'avions pas arrêtées.

La constatation des maladies antérieures dans les familles est en réalité beaucoup moins facile que cela ne paraît au premier abord; et, plus une affection est crue de nature transmissible par hérédité, plus on s'enveloppe de mystère ou de dénégations vis-à-vis du praticien qui interroge. Ce n'est le plus souvent que par des amis ou des parents éloignés, ou bien par la connaissance directe des cas, presque jamais par les membres rapprochés de la famille, qu'on apprend toute la vérité. Quelquefois cependant on est instruit par la femme des maladies de la famille du mari, etviceversâ.

rSous n'avons rien négligé pour recueillir tous les renseignements possibles sur cet ordre de causes, et pourtant

CAUSES DE l'épilepsie. 325

nos deux séries nous offrent, à ce point de vue, encore bien des lacunes, comme on peut en juger par le tableau suivant :

1" série 2e série (38 cas). (30 cas).

Absence de renseign. sur lasanté de la famille dans 3cas. 3 cas.

— • — desascendantsdesl*''et2°degrés 3 — » ~

— — des ascendants du 2» degré. . . 18 — 9 — Renseignements presque nuls '. . . » — 2 —

Encore faudrait-il ajouter, surtout pour la deuxième série, un nombre indéterminé de renseignements sur l'absence d'affections nerveuses dans les familles, dans lesquels nous n'avons pas une grande confiance.

Ainsi nos données sur l'hérédité sont fort incomplètes, surtout en ce qui concerne les ascendants du second degré. Les chiffres de maladies que nous allons signaler sont donc nécessairement au-dessous de la réalité. Cependant, pour ne nous occuper que des affections des centres nerveux, nous avons noté chez les parents de nos épileptiques les maladies suivantes:

1" série. 2» série.

Épilepsie 7 cas. I ^^ négligeant un fait j 3^^^^

^ ^ 1 douteux de veruges i

Aliénation mentale ... 18 — 6 —

Suicide 1 — » —

Mélancolie 2 — » —

Hypochondrie 1 — 2 —

Hystérie 1 — i —

Chorée 1 — i —

Somnambulisme nocturne 2 — » —

Mobilité nerv. exagérée .2 — i —

Apoplexie (av. hémiplégie) 11 — ? —

Ramollissement cérébral .1 — » —

Paralysie générale ....»— 2 — Méningite et hydrocéphale

chronique 7 — 6 —

Convulsions mortelles. . . 1 — » —

Tétanos » — 1 —

Les nombres qui précèdent peuvent d'emblée paraître probants en faveur de l'influence héréditaire des maladies nerveuses ou des centres nerveux sur la production de l'épilepsie ; mais il ne suffit pas, pour conclure à l'hérédité d'une maladie, de signaler des cas de la même espèce ou du même genre dans les familles des patients. Le hasard peut avoir amené cette coïncidence : on ne pourra pas inférer, par exemple, du fait de quelques cas de pneumonie chez les parents d'individus atteints de cette affection, que la pneumonie se transmet de génération en génération. Par le motif seul que, chez soixante-dix parents de poitrinaires, on aurait rencontré dix cas de phthisie, on ne serait pas en droit d'affirmer que cette affection est héréditaire j car cette maladie, dans presque tous les pays, figure pour un septième environ dans les causes de décès. Il est nécessaire, pour établir la liaison de cause à effet, 'que la proportion des cas de même genre ou de même espèce qu'on rencontre dans les familles, dépasse beaucoup celle qu'on observe dans la généralité de la population.

Au reste, si l'on ne veut pas s'exposer à toutes les erreurs qu'entraîne une application aveugle àupost hoc, ergo propter hoc, il faut, en variant le procédé, employer la môme méthode dans toutes les recherches étiologiques. 11 faut toujours, à moins qu'en raison de l'évidence cela puisse être sous-entendu, établir que la circonstance dont on vérifie l'action a offert dans l'ensemble des cas oij l'effet s'est manifesté un degré de fréquence ou d'intensité qui n'est pas dans le cours ordinaire des choses.

fievenantà l'hérédité, pour y appliquer cette règle, nous avons dû rechercher d'abord quel était le nombre des parents de nos épileptiques sur lesquels nous avions eu des renseignements plus ou moins exacts. Ce chiffre s'est élevé

CAUSES DE LÉPILEl'SIE. 327

pour la première série à 2/i3 personnes sur 35 familles 3 pour la seconde série, à 137 tètes sur 27 familles. C'est au moyen de ces nombres que nous établirons le degré de fréquence qu'ont offert , chez les proches de nos malades , les principales affections que nous avons signalées plus haut. Nous comparerons ce rapport de fréquence avec celui qu'offrent les mêmes maladies dans la population générale, et nous saurons parlàsi réellement ces affections peuvent avoircréé une prédisposition morbide.

Commençons par Vépilepsie. Le seul document qui, à notre connaissance, puisse servir de base à une évaluation un peu exacte du nombre des épileptiques sur un chiffre donné d'individus, a été publié par M. Rayer (1) : « Sur » 7,507 individus appelés au service militaire pendant qua- » tre ans, dans un département voisin de Paris, 28 indivi- V dus ont été réformés pour cause d'épilepsie. »Cela donne, à l'âge de vingt ans , 37 épileptiques sur 1,000 individus. Au premier terme de ce rapport il faut ajouter, d'après notre observation, un peu moins d'un quart en sus pour les épileptiques morts avant l'âge de vingt ans ; ce qui porte le rapi ort à /|.,5 pour 1000 , nombre qui doit être encore accru d'un tiers (voir au chapitre des âges) pour les cas d'épilepsie qui surviennent après vingt ans. On obtient ainsi un rapport de 6 pour 1000 comme expression totale du nombre des épileptiques dans la population générale. Ce chiffre peut paraître exagéré , mais nous ne croyons pas qu'il le soit. Si on l'estime trop fort, cette opinion donnera plus de valeur encore à notre conclusion.

Les 7 cas d'épilepsie que nous ont fournis les 243 parents de notre première série donnent un rapport de 29 pour

(1) Histoire de l'épidémie de sueite miliaire, cilée parGeorget: Diclionnaire de médecine en 21 volumes art. Épilepsie, p. 207.

1000, c'est-à-dire une proportion à peu près quintuple de celle que l'on rencontre dans la population. Dans la seconde série, les 3 cas sur 137 équivalent à 22 pour 1000, et la proportion est presque quadruple de celle qui nous sert de point de comparaison.

La coïncidence des résultats dans les deux séries prouve avec évidence qu'on trouve, dans les familles des individus atteints d'épilepsie, une proportion de cas de cette affection qui dépasse de beaucoup celle qu'on rencontre en général.

Ainsi, malgré les dénégations systématiques de certains auteurs et le doute philosophique de quelques autres (1), Vépilepsie, conformément à l'opinion la plus accréditée, est réellement héréditaire.

Les hommes compétents sont assez d'accord sur ce point, qu'en Europe la proportion des aliétiés est en général de 1 sur 1000. Le canton de Genève, en raison de la grande proportion de familles aisées qu'il compte et de l'avancement de l'instruction générale, paraît offrir un nombre relativement plus grand d'aliénations que beaucoup d'autres pays. En outre, comme nous avons étendu , un peu plus qu'on ne le fait pour ce genre de recherches statistiques, le sens des expressions de démence et d'idiotisme, nous sommes disposés à admettre comme base de comparaison le rapport de 3 pour 1000, a(in de prévenir toute objection contre nos calculs.

Or le chiffre de 18 cas d'aliénation mentale sur 243 individus fournit, pour notre première série, le rapport de 7/|. pour 1000, proportion vingt-quatre fois plus forte que la plus élevée qu'il soit possible d'adopter pour l'ensemble de la population. La seconde série, qui donne 6 aliénés sur

(Ij Voy.P. Lucas, Traité philosophique cl pliyùolorjique de l' hérédité, f&ris, 1850, t. II, p. 272 elsuivanlcs.

CAUSES im l'épilepsie. 329

137 parents, ou hd pour 1000, offre ainsi une proportion quatorze fois plus forte que la population générale.

De semblables différences, se reproduisant dans deux suites de faits indépendantes, ne peuvent pas être l'effet du hasard; il est impossible de ne pas y voir une relation de cause à effet et il devient évident, comme l'ont déjà indiqué MM. Bouchet et Cazauvieilh (1), que V aliénation mentale est une cause héréditaire de l'épilepsie.

Les autres névroses, telles que : hypochondrie, mélancolie, chorée, etc., prises isolément dans notre tableau, fournissent des chiffres trop peu élevés pour qu'il soit utile de leur appliquer des calculs semblables à ceux dont nous avons fait usage dans les deux maladies précédentes. Ces chiffres sont, d'ailleurs, certainement fort au-dessous de la réalité, la plupart des affections auxquelles ils se rapportent n'étant pas de nature à laisser le plus souvent de traces dans les traditions de la famille. Aussi, sans affirmer que toutes les névroses aient sur l'épilepsie une action analogue à celle de l'aliénation mentale, sommes-nous disposé à leur accorder une certaine part d'inQuence.

Avant de compter et surtout d'analyser comparativement, d'après la méthode ci-dessus indiquée, les cas d'apoplexie, de ramollissement cérébral et de méningite trouvés dans les familles de nos épileptiques, nous avions l'impression bien nette que leur nombre était suffisant pour établir qu'ils avaient agi comme cause prédisposante héréditaire. Et de là nous étions tout disposés à conclure que les rapports de siège avaient bien plus d'importance en nosologie que les rapports de nature, c'est-à-dire que l'apoplexie cérébrale devait être bien plutôt rapprochée des autres mala-

(1) De l'épilepsie considérée dans ses rapports avec l'aliénation mentale {Archives de médecine, 1'* série, t. X, 1826).

dies du cerveau, que classée dans les hémorrhagies; que la méningite tuberculeuse se liait bien plus avec l'épilepsie qu'avec la phthisie pulmonaire; etc. Mais ces idées vagues ont disparu devant l'examen des chiffres; le château s'est écroulé, bâti qu'il était sur un terrain peu solide.

M. le docteur Marc d'Espine a bien voulu nous faire part, pour élucider nos faits, de quelques uns des résultats de ses belles et consciencieuses recherches sur la mortalité dans le canton de Genève.

Le rapport du nombre des décès par apoplexie à celui de la totalité des décès (mort-nés non compris), calculé sur huit années, est de hO pour 1000. Il faut augmenter ce rapport d'un certain nombre, pour tenir compte des apoplectiques qui succombent aune autre maladie; admettons un quart en sus, cela nous donnerait 50 pour 1000. Le rapport des apoplexies dans les familles de notre première série est de 11 pour 2^3 individus, soit /i5 pour 1000. Nous avons donc trouvé, chez les parents de nos malades, moins de cas de cette maladie qu'il ne s'en rencontre dans l'ensemble de la population. Ce résultat se retrouverait , d'une manière encore plus saillante, dans notre seconde série; mais après avoir reconnu, par l'analyse de nos premiers faits, que l'apoplexie n'avait pas d'influence héréditaire sur l'épilepsie, nous avons renoncé à tenir compte de celte maladie dans nos observations ultérieures.

Les mêmes calculs appliqués à la méningite tuberculeuse donnent lieu à la même conclusion: M. d'Espine a trouvé le rapport de 38 pour 1000.

Notre pron!ièic série donne celui de 7 pour 2Zi3, ou 29 pour 1000. La seconflc 6 — 137 Uh —

Moyenne générale. ...» » 3G pour 1000.

Il n'est donc nullement établi, malgré le nombre des af-

CAUSES DE l'ÉPILEPSIE. 331

fections aiguës du cerveau que nous avons rencontré chez les parents de nos malades, qu'elles aient joué un rôle dans la production des épilepsies que nous avons observées.

Ces derniers résultats montrent l'utilité de la méthode que nous nous sommes imposée dans nos recherches étiologiques.

Plusieurs auteurs ontmentionné, parmi les causes appartenant aux parents desépileptiques, le fait d'une vive frayeur éprouvée par la mère enceinte, et ont dit qu'alors l'épilepsie était congénitale. Nous avons rencontré trois cas où cette circonstance nous a été signalée : La mère de la malade n" 50 fut en proie , pendant sa grossesse , à des impressions de terreur dans un de nos jours d'émeute; l'épilepsie chez l'enfant débuta vers l'âge de cinq mois. La mère du n" 12, étant dans le même état, fit une chute dangereuse de voiture j elle ne fut point blessée, mais vivement effrayée; l'épilepsie, chez son fils, débuta à onze ans. Chez le n°58, même cause; début à vingt ans.

Nous ne croyons pas que ces trois faits donnent à la circonstance indiquée une valeur étioîogiqiie.

Nous devons noter encore , à la suite des causes héréditaires, que trois des sujets de notre première série ont coûté, par leur naissance, la vie à leur mère : dans deux cas, par péritonite puerpérale; dans un, par hémorrhagie. Peut-on établir entre cette circonstance et l'épilepsie un lien de prédisposition ? Cela est peu probable ; nous avons mentionné le fait à cause du nombre des cas.

Causes anatomiques. — Les malades de nos deux séries se répartissent suivant leur seœe , de la manière suivante :

Première série. . . . J 9 du sexe masculin. 19 du sexe féminin. Deuxième série ... 12 — 18 —

Série générale . . 31 37

De l'ensemble des cas il résulterait que les femmes seraient plus disposées que les hommes à l'épilepsie, dans le rapport de 6 à 5.

Cette conclusion est conforme à l'opinion de la plupart des auteurs; mais un très petit nombre a cité des chiffres: Joseph Frank (1), tout en mettant en doute le fait d'une prédisposition plus marquée du sexe féminin, donne le rapport de kO femmes pour 35 hommes, ou celui de 8à 7.

Esquirol (2), pour résoudre la question, cite le chiffre comparé des épileptiques à la Salpêtrière (femmes) et à Bij cêtre (hommes), au 31 décembre 1813, qui était de 389 femmes et 162 hommes. Georget (3) donne les chiffres correspondants pour 1820: 32/|. à la Salpêtrière, et 160 à Bicêtre. Il en résulterait qu'on trouve deux fois plus d'épileptiques dans le sexe féminin que dans le sexe masculin. Mais la fréquentation relative des hôpitaux par les femmes et par les hommes ne donne pas la mesure exacte de la répartition d'une maladie entre les sexes; il peut y avoir des causes morales et professionnelles qui disposent plus un sexe que l'autre à recourir à l'assistance nosocomiale.

Cependant, quoi qu'il en soit du rapport exact, il nous semble établi que les femmes sont plus sujettes que les hommes à être atteintes d'épilepsie. Aucun auteur, du reste, n'a établi par des faits la preuve du contraire, et la plupart des praticiens, sans avoir compté, ont indiqué ce résultat.

(1) Praxeos medicœ prœceiUa. Lipslae, 1821, pars II, vol, I, secl.2. — De epilepsia, p. .30G.

(2) Dictionnaire des science . tnédicules, l.XII, 1815, art. EpiLKPSlE, p. 618. — Des maladies vieniales. Paris, 1838, t. I , p. 292.

(3) Dicuonnuire de médecine en 21 volume.», art. Kpilepsie, p. 207.

CAUSES DE LÉPILEPSIE. 33â

Notre première série offrirait, à ce point de vue, une légère anomalie en renfermant un nombre proportionnellement un peu trop grand d'individus appartenant au sexe masculin.

L'examen de la stature de nos soixante-huit malades donne le tableau suivant :

1" série. 2«6érie. Série générale.

Taille au-dessous de la moyenne . . 17 11 28

— moyenne 10 7 17

— au dessus de la moyenne . . 7 8 15

— noa indiquée à 8 8

Les individus de petite taille seraient donc plus disposés à l'épilepsie que ceux de taille grande ou moyenne.

Cette conclusion est en rapport avec le fait que le rachitisme s'est montré dans plusieurs familles de nos épileptiques.

Au point de vue de la conformation générale , nos malades se classent ainsi :

1" série. 2= série. Série générale.

Rachitiques 1 1 2

Nés avant terme, très cliétifs. ... 3 t) 3

Constitution très grêle 3 5 8

Conformation ordinaire 21 18 39

Belle conformation ou forte compl, 6 Zi 10

Absence d'indicaiions , li 2 6

Il est impossible de ne pas voir une prédisposition à l'épilepsie dans un retard marqué du développement général; car certes nous n'avons pas à Genève un cinquième de la population dans les conditions des trois premières catégories. Le chiffre des individus nés avant terme, extrêmement chétifs, qui constitue le vingtième de nos cas , n'est pas en rapport avec le nombre général des enfants nés

%Zh ÉVALUATION DES FAITS.

dans ces conditions, surtout en ne tenant compte que des survivants. Nous n'avons pas vu que cet ordre de causes ait été signalé par les observateurs.

Il n'en est pas de même pour ce qui tient à un dévelop" pement incomplet de l'encéphale, ou à une conformation mciexLse du crâne. Cette cause a été souvent indiquée par les auteurs, entre autres par Foville (1). Dans nos soixantehuit cas, nous avons rencontré deux faits qui se rapportent à cet ordre de prédispositions : Le sujet de l'observation 2/|. avait une face qui ressemblait beaucoup à celle des acéphales, et les fontanelles n'étaient pas fermées à l'âge de six mois. Dans l'observation Si nous avons décrit cette forme bizarre du crâne comprimé sur ses faces latérales , et présentant une sorte d'arête fronto-occipitale. On peut joindre à ces faits la figure de singe du \\° 37, quoiqu'ici la difformité fut moins caractérisée.

Nous avons signalé trois cas de strabisme (28, 31, 33).

Causes physiologiques. — De toutes les conditions qui peuvent être étudiées comme causes de maladies, il n'en est guère de plus facile à constater d'une manière exacte que celle de Yâge. Dans tous les pays civilisés, on possède d'ailleurs les éléments propres à déterminer la distribution de la population entre les différents âges j la valeur réelle de cette circonstance est donc facile à apprécier. Aussi ce point est-il un des plus avancés de l'étiologie^ les documents comparatifs sur ce point commencent à se rencontrer dans la science j)Our un grand nombre de maladies. Nous mettrons donc quelque soin à l'examen de l'âge comme cause prédisposante de l'épilepsie.

(1) Diciionmdre de médecine et de cliininjie pratiijacs. Paris, t. VFI , 1831, art. Éiii-iirsiE, p. 425.

CAUSES DE l'épilepsie. 338

Le tableau suivant résume les éléments qui nous ont été fournis sur ce sujet par nos 68 observations.

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