‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 21 sur 80 · CAUSES DR L ÉPILEPSIE · texte numérisé non relu

CAUSES DR L ÉPILEPSIE

fréquente qu'elle n'est indiquée ici. En effet, les épilepliques jeunes étant souvent emportés dans une attaque, il ne reste plus, pour les admissions aux âges suivants, qu'un nombre fort restreint de ces malades. » En tenant compte de cette remarque parfaitement juste, il est impossible de n'être pas frappé de la ressemblance qui existe entre les deux ordres de résultats , surtout si l'on ajoute que , les chiffres des deux sexes étant proportionnels à 100, les nombres incomplets de notre confrère pour les premières années de la vie entraînent une exagération relative de ceux des périodes suivantes.

Celles de nos conclusions qui peuvent être contrôlées par le tableau de Leuret y reçoivent donc une nouvelle consécration, une seule exceptée : celle qui concerne la recrudescence des débuts de soixante-dix à quatre-vingts ans; mais si l'on prend en considération les erreurs de diagnostic que nous avons , après Portai , signalées pour cet âge , la rareté des attaques dans l'épilepsie débutant chez les vieillards, le fait qu'elles sont le plus souvent nocturnes, et enfin le peu de trouble qu'elles apportent dans l'existence des personnes de cet âge , on comprendra que les malades de cette catégorie ne figurent guère dans les hospices spéciaux. Il est à remarquer que les quatre malades de notre dernière subdivision appartenaient tous à la classe aisée ou riche. Nous sommes donc disposés à admettre, jusqu'à preuve contraire, cette nouvelle analogie entre la première enfance et l'extrême vieillesse.

Les caractères propres à chaque tempérament sont loin d'être rigoureusement fixés, et le classement des individus, à ce point de vue, est un travail qui, en raison des nuances, est toujours plus ou moins arbitraire. Pour établir d'ailleurs d'une manière précise l'influence de ces différentes disposi-

tions comme causes d'épilepsie, il faudrait connaître la proportion dans laquelle les différents tempéraments se répartissent dans le pays où l'on observe. Cet élément, nous ne le possédons pas. Cependant nous n'avons pas cru devoir négliger complètement cette influence étiologique; mais, sur un point où il n'est pas permis d'aspirer à des déterminations exactes, il nous a paru inutile de multiplier les subdivisions , et nous avons groupé ensemble les résultats de nos deux séries partielles.

Tempérament lymphatique 13 cas.

— nerveux , . , , é 12 —

— lymphatico-nervcux. . • • . 12 —

— nervoso-sanguin » 12 —

— lymphatico-sanguiii 6 —

— sanguin û *^

— mixte. ...'....... 2 —

— non déterminé 7 —

Ce tableau, en l'absence d'un critère pour en apprécier la valeur réelle, établit tout au moins que les tempéraments nerveux et lymphatiques, seuls ou combinés, serencontrent plus fréquemment que les autres chez les épileptiques. Ce résultat est conforme aux indications fournies par quelques bons observateurs : ainsi Tissot (1) regarde comme prédisposés à l'épilepsie les individus faibles, délicats, mobiles et irritables. Esquirol (2) cite comme prédispositions les tempéraments mélancoliques , les constitutions affaiblies , cachectiques. Fovillc (3) indique le tempérament nerveux.

On a pu remarquer dans notre tableau l'absence complète du tempérament bilieux. Cela tient en partie à ce

(1) Traité de l'épilepsie, § 11.

(2) Dictionnaire des iciences médicales yUrl. Éi'ir.Ersiiî, p. 6l3.

(3) Diciionnttire de médecine et de chininjie inuiiqucs, art. ÉpilepSIE, p. 425,

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que la prédominance gastro-hépatique est plutôt une disposition morbide qu'un véritable tempérament, et que, cette disposition ne se manifestant guère dans les névroses , elle a pu, chez nos épileptiques, moins attirer notre attention.

Plusieurs auteurs ont fait jouer à la dentition un rôle important dans la production de l'épilepsie, mais sans appuyer cette assertion de preuves positives. Rien dans nos faits n'est venu appuyer cette opinion : nous n'avons eu que 2 cas, sur nos 68, où l'épilepsie ait débuté depuis sept mois à deux ansj et l'un de ces enfants, atteint à sept mois, n'offrait encore aucun indice de travail dentaire; l'autre n'est devenu malade qu'à dix-huit mois , à une époque où la première dentition est déjà fort avancée.

La seconde dentition ne doit pas avoir plus d'inlluence que la première, car nous n'avons pas eu une seule invasion de cinq à neuf ans.

Dans le tableau étiologique de MM. Bouchet et Cazauvieilh(l), la dentition n'est pas mentionnée. Leuret(2) en indique 1 cas sur 106.

h' établissement de la menstruation est censé aussi jouer UR rôle actif comme cause prédisposante de l'épilepsie. Voici sur ce sujet ce que nous avons observé :

En prenant la période de douze à dix-sept ans comme étant dans nos climats l'époque où s'établit, dans la généralité des cas, la fonction menstruelle, et en mettant ces cinq années en regard des deux qui la précèdent et des trois qui la suivent, on obtient le tableau suivant où nous avons distingué les sexes :

(1) Mém.cité,f. 14.

(2) Mim. citi , p. 38.

3ZjO ÉVALUATION DES FAITS.

Sexe Sexe

masculin, féminin. Total.

De 10 à 12 ans 3 3 6

De 12 à 17 ans 5 9 ih

De 17 à 20 ans 1 h 5

Le total des cinq années intermédiaires est de 14; celui des cinq années extrêmes est de 11; il n'y aurait donc pas une prédisposition beaucoup plus marquée dans l'âge de la première menstruation que dans les âges immédiatement antérieurs ou postérieurs.

Le fait du plus grand nombre de débuts dans le sexe féminin que dans le masculin à l'âge ordinaire de la première menstruation semblerait cependant faire supposer que l'établissement de la fonction menstruelle a plus d'influence sur la production de l'épilepsie que la jow6er/é considérée dans les deux sexes; mais le tableau suivant démontrera que cette différence n'appartient pas en propre à la période dont nous étudions les effets.

l" SÉRIE.

Sexe

Invasions de la naissance

à 14 ans .

Invasions de 14 à 80 ans .

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