‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 23 sur 80 · SECTION III. — RÉPARTITION ET RESUME DES CAUSES · texte numérisé non relu

SECTION III. — RÉPARTITION ET RESUME DES CAUSES

Dans les deux chapitres précédents , nous avons exposé d'une manière méthodique toutes les circonstances qui , chez nos malades , avaient pu exercer une influence sur la production de leur maladie j nous allons énumérer rapidement celles de ces circonstances qu'une épuration plus ou moins sévère nous a permis de considérer comme ayant eu une action probable sur nos épileptiques. Nous montrerons ensuite comment les principales de ces causes se sont groupées entre elles et réparties dans les différents cas. Possédant alors toutes les notions préalables nécessaires, nous chercherons à fixer la valeur de notre série générale pesée au point de vue étiologique.

Les causes qui nous ont paru être réellement prédisposantes, et qui ont existé chez nos malades, sont :

— L'existence dans les familles de cas d'épilepsie et d'aliénation mentale, et vraisemblablement de convulsions et des diverses névroses qui atteignent les facultés intellectuelles et morales.

— Le sexe féminin depuis l'âge de la puberté.

— Une petite stature.

— Une complexion très grêle.

— Une conformation vicieuse de la tête.

— La naissance avant terme.

CAUSES DE LÈPILEPSIE. 357

— Le premier, le deuxième et le troisième lustre de la vie, la vieillesse.

— Les tempéraments lymphatiques et nerveux.

— Le célibat pour les femmes.

(Toutes les classes de la société y paraissent également sujettes).

— L'onanisme, mais bien plus rarement qu'on ne le croit en général.

— L'ivrognerie.

— Les travaux de cabinet joints à une vie sédentaire.

— L'idiotisme, et peut-être l'aliénation mentale.

— Les convulsions de l'enfance et probablement les scrofules.

Comme causes déterminantes, nous signalerons :

— La frayeur ou une commotion subite; mais ici encore on a exagéré l'influence ou du moins la fréquence de cette cause.

— De profonds chagrins ou de vives émotions.

— Un abus de vin blanc.

■ — La coqueluche.

— Les lésions organiques du cerveau.

— Peut-être une intoxication saturnine.

Les causes que nous n'avons pas rencontrées , quoiqu'elles aient été indiquées par de bons analystes comme ceux auxquels nous avons si fréquemment emprunté dans ce chapitre des moyens de comparaison, sont: l'imitation, les coups sur la tête , les suites de couches, l'insolation. L'action de ces diverses circonstances est regardée comme douteuse par de bons observateurs, entre autres par Leuret (1) ; dans tous les cas , elles ne figurent dans les relevés que pour des chiffres très minimes. Nous ne

(1) Mém. ciré, p. 38.

3 58 ÉVALUATION l)E8 FAITS.

parlerons pas de quelques influences encore plus rares et qui sont, par conséquent, très problématiques.

Les tableaux suivants nous montreront comment les principales causes se sont réunies entre elles et réparties dans les différents cas de nos deux séries. Il est un certain nombre de prédispositions que nous n'avons pas reproduites : ce sont celles dont l'action spéciale est trop peu marquée pour qu'il soit possible de les mentionner comme causes individuelles. Ainsi: le sexe, la stature, l'âge, le tempérament, l'état civil.

Dans trois cas de notre première série (obs. 1,2, 3) et dans quatre de la seconde (obs. 39, iO, 4^5 Û^ ), nous manquons complètement des renseignements étiologiques qui sont de nature à figurer dans cet ordre de tableaux; cela réduit donc à 61 le nombre de cas qui y sont renfermés.

Il suffit d'un simple coup d'œil jeté sur ces tableaux pour y distinguer les faits généraux suivants:

1° Les causes accidentelles ou déterminantes jouent rarement un rôle dans la production de l'épilepsie; encore avons-nous mentionné jdusieurs incidents dont l'influence a été douteuse.

2" Les causes prédisposantes sont nombreuses et souvent multiples; cependant n'nvons-nous pas retracé ici la plupart de celles de second ou de troisième ordre.

3" Parmi les causes prédisposantes, l'hérédité se retrouve dans la grande majorité des cas; et il n'y a eu dans la première série que 5 cas sur 3/|, dans la seconde que 6 sur 26, en tout 11 cas sur 60, où , avec une connaissance plus ou moins complète des ascendants du premier et du second degré, nous n'avons rencontré ni l'aliénation mentale, ni l'épilepsie, ni aucune névrose analogue.

CAUSKS Dli L EPILKPSIE.

i<" SKRIE.

NUMÉROS des

OBSEB- \AT10NS.

CAUSES PREDISPOSANTES

HEBEDITAIRES.

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