SECTION I. — FRÉQUENCE DES ACCÈS
Les accès se reproduisent très rarement d'une manière rigoureusement périodique ; ils se montrent assez souvent sous forme de paroxysmes, I! est donc évident qu'en appréciant en nombres leur degré de fréquence, on ne peut le faire que d'une manière approximative, et le plus souvent par voie de moyenne.
Dans nos observations, on a pu voir que les crises d'épilepsie offraient divers degrés d'intensité , et que , indépendamment des simples vertiges, nous avons établi une distinction entre certains accès incomplets et les attaques véritables j dans le tableau suivant nous n'avons pas tenu compte de la marche des vertiges , sur lesquels il est très difficile d'obtenir des notes exactes, et nous avons confondu les accès complets et incomp'ets, l'expérience nous ayant appris que ces deux sortes de crises se remplaçaient mutuellement.
Degré de fréquence des accès.
Un ou pliisiours accès par jour.
Un à 6 accfis par semaine . . .
Un <i U accf-'s i»ar mois
Un à 11 accès par an
Inlervallcs de plus d'un an. . .
N'ayant eu qu'une seule attaque . ou accès et des vertiges . . .
N'ayant eu qu'une seule auaqiie.
N'ayant eu que des verliiies . .
Total 38 ao <J8
{>° série.
2« série.
Série g('i
Minimum d'intervalle : plus de 100 accès en un jour (obs. âl). Maximum : Il ans et 1/2 d'intervalle , en l'absence de tout traitement (obs. /|).
Si, pour les rendre comparables, nous réduisons en nombres proportionnels à 100 les chiffres de nos quatre premières catégories, les seules importantes, et si nous mettons en regard les nombres fournis par MM. Beau (1) et Leuret (2) sur le même point, après les avoir réduits également en chiffres proportionnels, nous obtenons le tableau suivant :
Série générale. M. Beau. M. Leuret.
Un ou plusieurs accès par jour. 22 10 "2
Un à 6 accès par semaine. ... 36 25 32
Um à Zi accès par mois 16 Zi5 59
lin à 11 accès par an 26 20 7
Total 100 iOO 100
Les résultats communs à MM. Beau et Leuret sont les suivants : 1° la moitié enwon des épiieptiques ont de une à quatre attaques par mois ; c'est la catégorie la plus nombreuse des quatre j 2° les deux divisions extrêmes offrent le minimum des cas.
Dans notre tableau, oii les nombres se répartissent d'une manière plus uniforme, la catégorie la plus chargée est celle des attaques comptées par semaine ; les deux catégories extrêmes offrent chacune un chiffre moyen.
11 n'est pas difficile de trouver les motifs de ces résultats dissemblables , en tenant compte des deux natures de pratique. Pour la dernière catégorie, on comprend qu'on admette plus difficilement dans les hospices les malades n'ayant que de très rares attaques. Pour la première, la
(1) Mém.ciié,^. 341;
(2) M^m. Cîfé.p. 41.
différence tient au petit nombre de jeunes sujets parmi les épileptiques des hôpitaux; en effet, ce sont eux qui offrent surtout des accès très rapprochés, ainsi que le démontre le tableau suivant, qui indique l'âge des douze épileptiques de notre série générale ayant de un à plusieurs accès par jour.
De 5 mois à 1 an. . .
U malades.
De 1 an à 5 ans . . .
De 5 ans à 10 ans . .
De 10 ans à 20 ans. . .
De 20 ans à 30 ans .
Total
. 12 malades.
En résumé, sous le rapport de la fréquence, notre série en comporte les degrés les plus variés. (En dehors de la marche habituelle, le minimum d'intervalle a été: plus de 100 accès en un jour (obs. 31), le maximum: quatre ans et demi d'intervalle (obs. Il) en l'absence de tout traitement.) Elle offre dans une proportion plus forte que la population des hospices d'épileptiques, les deux degrés extrêmes d'intervalles entre les accès, surtout pour la grande fréquence; mais ici, comme dans les sections précédentes, la position exceptionnelle appartient aux hospices et non pas à notre suite de faits.