‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 29 sur 80 · SECTION II. — SUCCESSION DES ACCÈS · texte numérisé non relu

SECTION II. — SUCCESSION DES ACCÈS

Dans la succession des accès on observe deux marches différentes : ils reviennent isolément ou se groupent en paroxysmes séparés par des intervalles plus ou moins prolongés.

Dans le premier cas, il n'y a à prendre en considération que les intervalles ; nous en avons donné une idée gêné-

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raie dans la section précédente; mais nous reviendrons ici sur la périodicité proprement dite. Elle est rarement régulière j en effet, nous n'avons rencontré de retour à intervalles égaux que dans deux cas (obs. 18, 29) : Dans les premiers temps de la maladie du n° 18, les attaques revenaient tous les quatorze jours, le jeudi; mais bientôt celte périodicité cessa. Chez l'autre malade les attaques complètes ou avortées revinrent aussi pendant quelques semaines tous les lundis; mais la malade ne tarda pas à guérir. En dehors de ces rares exemples, il y a toujours eu quelque irrégularité dans l'époque de la réapparition des crises. Ces anomalies paraîtraient bien plus frappantes encore, si l'on ne tenait pas compte de la marche par paroxysmes.

Ce dernier mode de succession des attaques est plus fréquent que ne le croit le plus grand nombre des observateurs. Il faut souvent, pour reconnaître certains paroxysmes, tenir note exacte de toutes les crises et en examiner le journal avec quelque attention. C'est un sujet sur lequel ne s'est pas encore exercée la sagacité des analystes.

Sur nos 68 épiieptiques, il s'en est trouvé 5 qui, n'ayant eu qu'une seule attaque ou un ^eul accès avec quelques vertiges, doivent être mis hors de ligne. Des 63 autres , hQ avaient habituellement des accès isolés; 15, des paroxysmes. Cette dernière marche s'observerait donc dans le quart des cas. C'est, à peu de chose près, la proportion qui ressort des chiffres correspondants de M. Beau (1). Leuret, à la fin de son tableau de la marche de la maladie (2), place 2/1 cas (sur 106), sous la rubrique très va-

(1) Mém. ci'.é,fAi.

(2) lilém. ciié, p. 336.

viables; il est très probable qu'il s'agit d'épilepsie à paroxysmes 3 dans cette hypothèse, notre proportion serait encore exactement la même que la sienne.

Cette variété de marche offre trois éléments à considérer: la périodicité des paroxysmes, leur durée, le nombre d'accès qui les composent.

Les intervalles, comme pour la fièvre intermittente , doivent être mesurés du début d'un paroxysme au commencement de l'autre, si l'on ne veut augmenter en apparence l'irrégularité naturelle de la périodicité. C'est en calculant de cette manière que nos 15 faits nous ont offert les résultats suivants :

i ou 5 paroxysmes par mois chez 1 malade.

3 paroxysmes environ par mois 2 —

2 paroxysmes environ par mois 1 —

1 paroxysme environ tons les 25 jours 2 —

1 paroxysme environ tous les mois 5 —

1 paroxysme environ tous les 35 ou Zi5 jours. . 1 ~

2 à 12 paroxysmes environ par an 1 —

Plusieurs par an sans autre détail 1 —

1 par an 1 —

Total 15 malades.

Ainsi, dans plus de la moitié des cas, la périodicité a varié entre vingt-cinq et quarante-cinq jours , et le retour mensuel a été de beaucoup le plus fréquent. Cette dernière circonstance ne tient pas uniquement à l'influence de ia menstruation j car, sur les 5 cas de la catégorie mensuelle , il y a deux individus du sexe masculin et une jeune fille chez qui les paroxysmes arrivaient au milieu de l'intervalle des époques.

La durée des paroxysmes est assez variable. Elle a été :

De 1 jour chez A épileptiques.

Variable de 1 à 2 jours 2 —

— là 3 jours 1 —

— 1 à Zi jours 2 —

— 2 à 3 jours 1 —

— 2 à 5 jours 1 —

— 3 h à jours 1 —

— 10 à 12 jours 1 —

Absence de renseignements 2 —

Total 15 épileptiques.

Dans plus de la moitié des faits, le paroxysme ne durait pas plus de trois jours, et le cas le plus commun est celui d'une seule journée.

Le nombre des accès composant le paroxysme était :

De 2 à 3 pour 3 malades.

De 3 1 —

De2à4 1 —

Dell 1 —

De Zi à 5 1 —

De 3 à 6 1 —

De 5 à 6 1 —

De7àlZi 1 —

De 9 à 12 1 —

De 15 à 37 1 —

De 30 à 36 1 ~

Absence de renseignements . . 2 —

Total 15 malades.

Dans la majorité des cas, les paroxysmes se composaient de moins de 5 accès. Le maximum a été 36. Nous ne mentionnons ici que les paroxysmes ordinaires; nous parlerons plus tard des séries d'accès accidentelles.

Ainsi, en groupant les différentes circonstances des paroxysmes, on a, comme expression générale de leur marche, ce résultat: Ils reviennent le plus souvent tous les

mois, durent communément de un à [trois jours , et comprennent ordinairement de deux à six accès.

Nous avons fait rentrer dans le tableau précédent quelques cas de paroxysmes de vertiges, quand cette marche était bien caractérisée; nous n'y avons pas compris, parce que leur retour ne nous a pas paru périodique, certaines absences prolongées, qu'on a appelées aussi : état de vertiges, et que nous nommerons de préférence état vertigineux ; les observations 28, 29 et 30 nous ont fourni des exemples frappants.

Jusqu'ici, dans ce chapitre, nous avons présenté, comme deux marches distinctes , la succession des accès par paroxysmes ou par crises isolées ; c'est qu'en effet, ces deux allures de la maladie ne se montrent pas habituellement ensemble. Cependant leur combinaison se montre quelquefois, tantôt habituelle, tantôt accidentelle. Dans le premier cas, entre les paroxysmes on remarque des attaques isolées, en général variables dans Tordre de leur manifestation ; dans le second cas on voit, le plus souvent sans cause connue, nous ne dirons pas seulement deux ou trois accès rapprochés, mais parfois des séries effrayantes d'attaques qui menacent la vie des malades (obs. 31, 33, 34, 38) et qui entraînent môme quelquefois leur mort (obs. 36, 37,56).

Enfin, l'épilepsie n'offre pas d'une manière constantechez tous les sujets la même marche habituelle. Il peut arriver que les accès se soient succédé pendant plusieurs années par paroxysmes et que ceux-ci se brisent plus tard en attaques isolées, ou que de nouveaux accès, espacés plus ou moins régulièrement, viennent remplir les intervalles des séries de manière à faire dis[)araîtrc la forme paroxysmale; c'est ce que nous avons observé en j)articulier dansrobs.37.

L'inverse peut aussi se remarquer, c'esl-à-dire que les accès d'abord isolés finissent par se grouper en paroxysmes (obs. 19, 3/|).

Lcsnotes très nombreuses que nous possédons sur l'heure et le jour des accès de nos malades nous auraient permis déporter beaucoup plus loin l'étude de la marche de l'épilepsie, et d'examiner en particulier, comme M. Beau (1) et M. Leuret (2) , si les saisons et les diverses circonstances météorologiques avaient dans leur succession quelques rapports avec ia marche des attaques; mais ce sujet nous aurait entraîné trop loin , et nous nous sommes borné à étudier une circonstance à laquelle on attache de la valeur au point de vue du pronostic : nous voulons parler du retour diurne ou nocturne des accès. Cette circonstance fait l'objet du tableau suivant oià nous avons distingué les attaques proprement dites, les accès incomplets et les vertiges.

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