XI. Fixité des yeux; rotation de la tête; mouvements
NATURE DES ACCÈS. ÙftS
irréguliers avec tonicité des bras; secousses bornées aux mâchoires. 11 n'y a pas toujours de la salive ou de l'écume (obs. 27).
XII. Crampe initiale prolongée partant du pied ou de la main , conservation de l'intelligence pendant ce long début; convulsions toniques générales fort courtes; puis quelques secousses à la tête seulement; ni bruit guttural, ni écume, ni gêne marquée de la respiration ; retour immédiat à l'état naturel (obs. 38).
XIII. Chute avec ou sans cris ; convulsions toniques générales; nulle secousse; écume sur les lèvres; respiration gênée ; râle ou gargouillement; figure très rouge ou presque noire; perte de connaissance; sommeil consécutif quelquefois stertoreux (obs. 2Ù., 27).
XIV. Il avertit; soupir plaintif; imminence de chute; tonicité générale avec flexion, puis extension; aucune secousse; urines involontaires; pas d'écume; coloration rouge; retour immédiat de la connaissance, puis sommeil prolongé (obs. 13).
XV. Pas de chute; rigidité générale, sans secousse, quelquefois avec un léger tremblement ; salive filante, non écumeuse, ou accumulation d'eau dans la bouche; gargouillement; mouvements bruyants de déglutition, sans émission de salive. A la fin de l'accès , tressaillement sous l'impression d'eau froide jetée à la face ; sommeil prolongé (obs. 3/t).
XVI. Au lit. Tonicité générale et tremblement; respiration courte et précipitée, sans râle; sommeil consécutif d'une minute. Durée de la période convulsive : un quart de minute (obs. 38).
XVIÏ. Attaques en tout semblables au § XII, sauf les
secousses de ia tête (obs. 38).
XVIII. Ni cri, ni chute , mais il aime à être soutenu; tension convulsive de la moitié supérieure du corps seulement; secousses de la tète; salive écumeuse; quelquefois pendant l'accès il répond ou saisit un mouchoir qu'on lui tend et dont il essaie de se servir; fatigue et somnolence (obs. 37).
XIX. Ni cri, ni chute; il s'aide quelquefois d'un appui; convulsion tonique des yeux, de la tête et du membre thoracique droit; celui-ci est agité de petites secousses; le bras gauche est sans tension'apparente ni mouvement; quelquefois écume sur les lèvres; coloration légèrement violette; vers la fin de l'accès, le malade me regarde, fait deux pas vers moi et s^appuie sur mon épaule ; fatigue et somnolence (obs. 36).
XX. Début par l'œil gauche et le sterno-mastoïdien ; convulsions toniques, puis cloniques, bornées au côté gauche du corps; point d'émission d'écume ou de salive, mais bruits salivaires, quelquefois sanglots; étourdissement très fort, mais conservation de la connaissance et de l'ouïe; privation de la vue; il ne peut parler. Il décrit très bien ses accès (obs. 16).
XXI. Crampe initiale des doigts ; tonicité, puis secousses régulières dans tout le côté gauche et à l'estomac; constriction de la gorge; salive non écumeuse; sorte de bégaiement; respiration singultucusc. La malade conserve sa connaissance, et décrit elle-même tout son accès; mais elle avoue une sensation de vertige et un léger trouble de la
vue. Point de sommeil consécutif (obs. 19).
XXII. Convulsions Ioniques et cloniques bornées à la tête et au côté gauche de la face; ni écume , ni salive. Il raconte en détail ses accès j il est remis immédiatement (obs. 16).
XXIII. Même accès qu'au § XVIII , mais absence de secousses et salive non écumeuse , ou absence de bruits de déglutition (obs. o7).
XXIV. Subite immobilité ; tonicité des yeux et de la tête; constriction du cou; aucun mouvement de la face ou des membres; point d'écume ; quelquefois un peu de salive; face colorée. Sa mère et sa tante croient qu'il voit et entend; il se remet immédiatement à jouer et dit : «J'ai voulu prendre mal, mais je n'ai pas pris. » La durée de l'accès est si courte qu'on a à peine le temps de le faire remarquer aux assistants (obs. 36).
XXV. Rotation des yeux et de la tête ; distorsion de ia bouche; aucun autre mouvement convulsif; émission de salive non écumeuse ; coloration de la face ; il marche au hasard pendant l'accès (obs. â/j.).
XX VL Au milieu d'un état vertigineux : mouvement involontaire de rotation de la tête à droite , avec douleur dans le sterno -mastoïdien gauche; rotation des yeux, sans aucun autre mouvement convulsif; conservation de l'intelligence (obs. 29).
XXVII. Accès semblable au § XXlil , sauf la contraction des bras ; pas d'émission de salive ; bruits de déglutition ; quelquefois coloration légèrement violette (obs. 37).
XXVIII. Au milieu de ses jeux : fréquentes crises d'orthopnée de peu de durée ; probablement constriction de ia glotte ; un soir elles augmentèrent au point que la figure
fiUQ ÉVALUATION DES FAITS.
devint violette ; on put craindre de temps en temps qu'il ne suffoquât (obs. S6).
XXIX. Perte momentanée de connaissance ; tantôt il tombe, tantôt il s'appuie, tantôt il se soutient debout; subite immobilité, yeux ouverts et fixes; mouvements bruyants de déglutition; quelquefois certains doigts convulsivement fléchis; ni gêne de la respiration , ni coloration extraordinaire; il se remet immédiatement; mais quelquefois, à la suite de la répétition des vertiges, il commet des actes tout à fait en dehors de son caractère, comme de chercher à frapper ses parents, de leur jeter des pierres (obs. 2>li).
XXX. Étourdissement; perte momentanée de la vue; conservation de l'ouïe; il chancelle; on le soutient; il croit qu'il ne serait pas tombé; sensation de pression à l'œil; constriction de la gorge; il y porte la main; léger râle sec qu'il perçoit lui-même. Il est remis immédiatement (obs. 16).
XXXI. Absence momentanée; voile jeté sur l'intelligence et les sens; elle entend, mais ne comprend pas; elle est obligée de s'asseoir. De la tête , le mal descend dans l'estomac, puis dans l'abdomen; légères coliques, suivies d'une flatuosité qui termine la crise. Retour immédiat à l'état naturel , sauf de la céphalalgie; plus tard, malaise indélinissabie, diminution de la mémoire , profonde mélancolie, idées lixes (obs. 9j.
XXXII. Berliies morales; nuages sur les pensées et sur les sens; elle entend, mais comprend mal, et n'oserait parler de peur de dire des choses déraisonnables ; au début, sorte de frayeur, mais aucune disposition à tomber; elle marche; elle est remise sur-le-champ, et n'éprouve aucun
NATURE DES ACCÈS. Uhl
malaise physique, mais elle croit qu'elle deviendrait imbécile si les crises se répétaient fréquemment. (Elle ne se doute nullement de leur nature.) (Obs. 10.)
XXXIII. Absence j perte incomplète de connaissance; entend, mais ne comprend pas; a parlé quelquefois d'une manière incohérente; elle reste debout et même marche assez longtemps, tenant quelque chose à la main sans le laisser tomber. En ma présence , mouvements pressés et bruyants de déglutition ; légers mouvements des doigts de la main gauche, avec immobilité générale ; face d'abord colorée , puis pâle; elle reprend la parole immédiatement après (obs. 30).
XXXIV. Vertige; obligation de s'asseoir ou de s'appuyer; elle ferme les yeux, et a la sensation qu'ils convergent (obs. 10).
XXXV. Vertige, subite immobilité; les yeux grandement ouverts et fixes ; ils se remplissent de larmes; cette crise ne dure qu'un instant; immédiatement après l'enfant dit: « J'ai voulu prendre mal... la tête me tournait. » (Obs. 36).
XXXVI. Etat vertigineux plus ou moins prolongé, ordinairement précédé de selles relâchées et accompagné de nausées, etc. Trouble intellectuel , sans perte de connaissance; il entend, peut même quelquefois répondre, mais n'est pas sur de ne pas divaguer. Quelquefois il peut continuer à travailler, pourvu que ce soit à un ouvrage grossier qu'il puisse faire machinalement. Dans cet état, il a fréquemment des mouvements subits de projection, comme par une secousse électrique; il lâche ou lance involontairement ce qu'il tient à la main ; quelquefois il frappe de la même manière la terre de son pied (obs. 29)«
UhS ÉVALUATION DES FAITS.
XXXVII. Etat vertigineux 5 nuage qui passe devant les yeux; sorte d'absence intellectuelle; occlusion des paupières; rotation des yeux; elle continue les travaux grossiers du ménage. Pendant cet état, fréquents mouvements de projection ou chocs du pied (obs. 28).
XXXVIII. Etat vertigineux ; secousses brusques et subites, comme électriques, tantôt du corps , tantôt de la tête, tantôt des bras ; il lance quelquefois involontairement ce qu'il tient à la main (obs. â/i).
XXXIX. Accès borné à la crampe initiale de la main (obs. 11).
Avec une variété aussi grande d'accès, il est bien difficile de tracer une description générale de l'épilepsie pouvant servir de base à un bon diagnostic. Force a donc été de grouper ensemble un certain nombre de variétés rapprochées, pour leur trouver des caractères communs et former ainsi quelques types propres à faire reconnaître la maladie; il a fallu , en un mot , tenter une classification des divers degrés de l'épilepsie.
Dans ce but, on s'est contenté jusqu'à présent de prendre, aux deux extrémités de l'échelle , un certain nombre de variétés dont on a fait deux genres ; l'attaque proprement dite et le vertige.
Arétée d'abord, puis Van-Swiéten et plus tard M. Beau, ont tracé, du degré le plus élevé des accès, des tableaux de plus en plus remarquables; mais c'est à tort que ces descriptions sont regardées comme des images fidèles de l'épilepsie dans sa généralité: ils en représentent seulement les cas les plus fréquents et les plus intenses. Le type que nous avons dessiné en tête de ce chapitre appartient à la môme catégorie.
NATURE DES ACCÈS. Ia t\9
Quant au vertige, après quelques essais d'Esquirol , M. Beau en a donné (1), avec sa lucidité ordinaire, une description empruntée au degré qui est le plus fréquent dans les hôpitaux , et qui nous a paru occuper l'un des points les plus élevés de l'échelle de ce genre d'accès. M. Billiod, dans un mémoire intéressant sur la syraptoraatologie de l'épilepsie, en a très bien décrit plusieurs variétés (2).
Mais, entre ces tieux extrêmes: l'attaque convulsive complète et le vertige , il reste un bon nombre de degrés dont on n'a point tenté encore la description générale. Beaucoup d'auteurs ne les mentionnent pas même 3 d'autres, la plupart modernes , se sont contentés de les indiquer comme étant intermédiaires entre l'attaque proprement dite et le vertige. Cette lacune a fait naître beaucoup de controverses sur la nature réelle de certains accès convulsifs, et jeté finalement beaucoup d'obscurité sur le diagnostic de l'épilepsie. C'est pour combler cette lacune, c'est pour éclairer la question fondamentale du diagnostic , que nous avons donné quelque étendue à nos recherches sur la nature des attaques. Ces échelles graduées de symptômes et même d'accès, auxquelles nous avons consacré toutes les pages qui précèdent, n'eussent été presque qu'un jeu puéril j si elles n'avaient eu pour but de faire connaître avec précision l'épilepsie dans tous ses degrés , d'en préparer la classification , de donner une description méthodique et abrégée de ses formes principales, et de poser ainsi les limites qui séparent cette maladie de certaines névroses, comme l'hystérie, avec lesquelles on l'a quel-
(1) Mém.ciié,x>. 332.
(2) Annales médico-psychologiques, novembre 1843, t, U, p. 403etsuiv.
quefois confondue , au détriment du pronostic et même de la thérapeutique de l'épilepsie.
Les convulsions et l'altération de l'intelligence et des sens, comme symptômes principaux ou plutôt comme constituant seules les phénomènes essentiels des accès, doivent servir de caractères fondamentaux pour établir une classification méthodique.
On a pu voir que, dans les attaques les plus intenses de notre échelle, les convulsions sont générales.
Dans les cas suivants, les convulsions sont partielles, quoique envahissant encore une certaine étendue du système musculaire.
Plus loin les phénomènes convulsifs sont tellement limités qu'ils n'attirent presque plus l'attention des malades ou des assistants, qui ne sont frappés que des phénomènes appartenant aux sens et à Tintelligence.
De là trois groupes ou genres bien distincts :
1° Attaques générales;
2° Attaques partielles;
3° Vertiges.
Enfin on a pu observer que, dans les attaques générales comme dans les partielles , les convulsions étaient tantôt toniques et cloniques, tantôt exclusivement toniques. On a pu remarquer aussi que, dans quelques cas de vertiges, et précisément chez les malades qui y étaient le plus sujets, il en était d'instantanés qui s'accompagnaient d'une secousse, comme électrique, bornée le plus souvent à un membre, quelquefois à la tète, quelquefois au tronc.
De ces dernières circonstances, nous croyons devoir déduire une sous-division dans chacun des trois genres que nous venons d'indiquer. Nous aurions ainsi :
NATURE DES ACCÈS. h 51
1° Des attaques générales, ou attaques proprement dites, toniques et cloniques, ou pour abréger : cloniques (car nous n'avons jamais vu d'accès avec clonicité sans tonicité) j et des attaques exclusivement toniques ou tout simplement toniques.
2" Des attaques partielles que nous serions disposé à dénommer simplement accès, et qui seraient cloniques ou toniques.
3° Des vertiges que nous diviserions en vertiges proprement dits et secousses électriques.
D'où, pour nous résumer, six espèces distinctes :
— Attaques cloniques,
— Attaques toniques,
— Accès cloniques,
— Accès toniques,
— Vertiges,
— Secousses.
Cette classification , en apparence artificielle , est , au contraire , réellement naturelle , comme on pourra en juger par les différences qu'offrent , dans chaque espèce , les symptômes autres que ceux qui lui ont servi de base. Et ce résultat on jjouvait le prévoir, les symptômes secondaires devant suivre , dans leur manifestation ou leur degré, les phénomènes essentiels dont ils ne sont que les effets.
Reprenons les caractères de chacun de nos genres et de leurs espèces, et nous nous convaincrons qu'ils constituent, en effet, des groupes qui n'ont rien d'arbitraire, quoiqu'on puisse, comme dans toutes les classifications des phénomènes organiques, trouver sur les limites extrêmes quelques déterminations difficiles.
1° Les attaques (générales) ont pour caractères com~
muns , outre l'étendue des convulsions , l'abolition complète de la connaissance et des sens.
li attaque clonique est l'espèce la plus fréquente; on en trouvera la description générale dans le type que nous avons placé en tête de l'étude des accès.
Uattaque tonique a une durée en générale plus courte que l'espèce précédente ; elle n'a jamais été, dans nos cas, précédée d'un cri unique. L'écume n'est jamais abondante, il y en a parfois quelques bulles 3 souvent la salive est filante ; il peut n'y avoir que des mouvements bruyants de déglutition. Les phénomènes d'asphyxie sont , en généra! , aussi prononcés que dans la première espèce; le plus souvent il n'y a pas de râle. La perte de la connaissance peut cesser brusquement à la fin de l'accès. En général, le sommeil consécutif est presque aussi prolongé que dans les attaques cloniques.
2° Les accès (attaques partielles) présentent en général des convulsions bornées à la moitié supérieure ou à l'une des parties latérales du corps ; elles sont quelquefois encore moins étendues. L'intelligence est, à l'ordinaire, plus ou moins conservée , et l'altération des sens partielle ou incomplète.
L'accès clonique n'offre à son début ni cri , ni chute : le malade reste ordinairement debout; il indique 1res bien le point de départ de la convulsion et sa marche graduelle ; l'écume est plus fréquente que dans l'espèce précédente. Les symptômes d'asphyxie sont peu prononcés. Le malade, presque toujours , rend compte lui-môme de toute la durée de l'accès ; l'ouïe est habituellement conservée ; la vue seule est perdue ou troublée; le plus souvent le malade est hors d'état de parler; quelquefois il répond brièvement, d'autres fois il bégaye. Le retour à l'état normal
est ordinairement instantané ; quoiqu'il y ait quelquefois , à la suite, de la fatigue et même de la somnolence, il n'y a presque jamais de sommeil consécutif.
L'accès tonique, sauf l'absence des secousses, diffère peu de l'espèce précédente dans laquelle il tend toujours à se convertir, si la maladie n'est pas arrêtée. IjCs convulsions sont encore plus limitées que dans l'accès clonique; elles sont souvent bornés en apparence à la têle et ou cou ; rarement il s'y joint la contraction des membres supérieurs. Ce sont véritablement des accès avortés, et l'on doit y joindre les .accès bornés à la crampe initiale. Jamais on ne nous a signalé d'écume , mais presque toujours l'émission d'une salive filante et les bruits de déglutition ; preuve que le spasme atteint les muscles du pharynx. Les muscles respirateurs, ou tout au moins ceux de la glotte, participent à la convulsion • car, sauf dans les cas bornés à la crampe initiale , on nous a toujours signalé , et même plus fréquemment que dans l'espèce précédente , la lividité ou une coloration plus ou moins forte de la face. Les phénomènes de l'intelligence et des sens sont ceux indiqués dans l'accès clonique ; les malades sont aussi vite et plus complètement remis.
3° Les vertiges ont pour caractère un trouble , ordinairement très court, de l'intelligence et des sens, toujours ou presque toujours accompagné d'un état convulsif très limité j ils laissent après eux une perturbation peu durable, et le plus souvent légère, de l'état moral et quelquefois des facultés intellectuelles.
Dans le vertige -proprement dit il y a quelquefois, mais rarement, chute j souvent les malades doivent s'asseoir. Il n'y a pas de perte de connaissance , si ce n'est peut-être dans les cas de chute, et alors elle est instantanée ; c'est
h5k ÉVALUATION DES FAITS.
plutôt, comme ie disent les patients, un voiie ou un nuage sur l'intelligence, une berlue morale, une sorte d'absence, l'imminence d'un évanouissement ■ le malade , tout en entendant, ne comprend pas ou comprend mal , ne peut ou n'ose répondre j la vue est toujours troublée, sinon momentanément perdue ; l'ouïe est presque toujours conservée. La convulsion est ordinairement tonique ; elle atteint surtout les yeux, qui restent fixes , qu'ils soient ouverts, renversés ou convergents 5 les paupières immobiles sont ouvertes ou fermées 3 le pharynx participe souvent à la convulsion, ainsi que quelques doigts. Ce serait une circonstance intéressante à vérifier que celle de savoir s'il y a toujours convulsion dans le vertige; nous sommes disposé à le croire : nous n'avons jamais été témoin d'un vertige , sans observer une convulsion quelque part. Immédiatement après la crise , le malade est remis -, il peut même quelquefois reprendre sa phrase au point où il l'a interrompue, ou tout au moins ressaisir le fil de la conversation. Mais , quand il ne tombe pas dans un état de délire immédiat (ce qui paraît être commun dans les hospices et rare dans la pratique ordinaire) , il reste presque toujours dans un état de tristesse, d'inquiétude, d'angoisse morale, qui lui fait craindre pour sa raison , s'il est en âge de s'occuper de ces tristes idées. Ce caractère est imporlant; car, dans ie vertige non épileptique , les malades sont plus disposés à redouter l'apoplexie que l'aliénation mentale.
Chez les personnes très sujettes aux vertiges , on observe quelquefois un état vertigineux prolongé, pendant lequel les malades marchent, parlent même quelquefois, et peuvent se livrer à certaines occupations. C'est au milieu de cet état qu'on remarque le plus souvent ces secousses instantar)ées et uniques, dont très peu d'auteurs ont parié, et que
nous n'avons jamais observées que chez les épileptiques. Ce phénomène peut se manifester isolément, c'est-à-dire en dehors de l'état vertigineux; mais il paraît s'accompagner d'un vertige en quelque sorte imperceptible par sa courte durée.
En terminant ce sujet , il est indispensable de faire remarquer qu'en nous servant des mots de genre et d'espèce, nous n'avons point entendu faire mie classification de l'épilepsie elle-même , et établir des accès de natures différentes , répondant à des causes ou à des indications particulières, comme certains genres ou certaines espèces nosologiques. Nous n'avons emprunté les dénominations de genre et d'espèces que comme des mots commodes pour classer les divers degrés d'intensité des crises.
Les principales variétés s'associent d'ailleurs presque toujours entre elles, elles peuvent même se combiner: ainsi , nous avons vu à plusieurs reprises , chez le sujet de l'observation 38 , une attaque tonique avec crampe initiale prolongée , s'intercaler sans interruption entre deux attaques cloniques ordinaires. Ce sont là de véritables attaques composées. Nous avons vu, chez plusieurs enfants, les vertiges se convertir peu à peu en accès toniques, puis cloniques , et les accès devenir des attaques par des transitions insensibles. L'étude et la classification des variétés d'accès a été faite par nous, surtout en vue du diagnostic et du pronostic de Tépilepsie , comme nous l'avons déjà dit.
Nous devons aussi avertir nos lecteurs que, dans ces essais de classification , nous avons pleine confiance dans les caractères fondamentaux des genres et des espèces; mais, quant aux caractères de détails , nous les avons donnés tels qu'ils se sont offerts dans nos observations , sans prétendre
qu'on doive toujours les rencontrer tous et au degré précis que nous avons indiqué.
Après avoir successivement extrait de nos observations les différents symptômes pour en faire l'étude comparée, puis avoir montré comment ces symptômes se réunissaient pour constituer de nombreuses variétés d'accès , avoir ensuite essayé de former des groupes de ces variétés afin d'étudier leurs caractères communs; après avoir ainsi tenté une classification des divers degrés de l'épilepsie ,il resterait, pour achever la synthèse nosographique de la maladie , à en embrasser tous les cas possibles dans une définition. Nous allons le tenter avec plus de défiance encore que pour notre classification , l'épilepsie étant un protée dont malheureusement le médecin a trop rarement l'occasion de suivre de ses propres yeux les mille et une transformations.
S'il était établi que, dans les attaques partielles, il y a toujours, malgré la conservation delà connaissance , un léger trouble de l'intelligence (nous ne parlons pas des simples menaces d'accès), et que , dans tous les vertiges, il y a quelque part une convulsion quelconque , on pourrait définir l'épilepsie : Une 7naladie chronique caractérisée par des accès, irrégidièrement périodiques , de convulsions générales ou partielles , avec abolition ou simple trouble des sens et de V intelligence. Cette définition bien comprise , et sauf les réserves dont nous l'avons fait précéder, nous paraît remplir les conditions d'une bonne définition : renfermer tous les cas d'épilepsie et ne s'appliquer à aucune autre affection.
Nous voici enfin arrivé au point oii, pour clore ce long chapitre sur la nature des accès , nous devons examiner quelles conclusions on peut tirer de ces études, relativement à la valeur de notre série.
NATUP.K DES ACCÈS. 457
Au point de vue de la variété des accès , nous n'avons pas besoin d'une longue démonstration pour établir que notre série générale est complète. Il nous suffira de rappeler qu'une seule de nos séries partielles nous a fourni des résultats concluants sur la nature de Vaura epilejJtica, sur les liaisons qu'ont entre eux les symptômes des accès, sur leur valeur comme signes de l'intensité plus ou moins grande d'une crise survenue sans témoin, sur les rapports de la durée de chaque phase avec le degré de violence des crises, et enfin de faire observer que nous n'avons eu besoin que de la moitié de nos faits pour établir une classification méthodique de toutes les nuances d'accès.
Il nous reste seulement à voir si la proportion des différentes variétés de crises a été celle qui s'observe généralement; c'est l'examen auquel nous allons nous livrer.
Nos 68 épileptiques, répartis suivant la nature de leurs crises simples ou combinées, fournissent le tableau suivant :
Attaques seules 31
Accès seuls 2
Vertiges seuls 2
Attaques et accès 5
Attaques et vertiges 19
Accès et vertiges 1
Attaques , accès et vertiges 6
Cas douteux 2
Nous ne trouvons dans les annales de la science qu'un seul document statistique sur la proportion des différents genres d'accès dans une série donnée; ce document, nous le devons encore à M. Beau (1). Le voici , arrangé dans le même ordre que le nôtre, et réduit en chiffres proportionnels à 100.
Attaques épileptiques seules 10
Attaques hystériques seules 6
Vertiges seuls ^
Attaques épileptiques et hystériques i
Attaques épileptico-hystériques \
Attaques épileptiques et vertiges 71
Attaques hystériques et vertiges 1
Attaques épileptiques, hystériques, et vertiges . . i Attaques épileptico-hystériques et vertiges . . . . l
Au premier coup d'œil, nulle comparaison ne paraît possible entre ces deux tableaux en grande partie hétérogènes. Nous essayerons cependant de prouver qu'il n'en est pas ainsi; mais, pour nous libérer des chiffres, on nous permettra, pendant que les tableaux sont encore sous nos yeux, de calculer dans l'hypothèse que nos accès ou attaques partielles sont synonymes des attaques hystériques de M. Beau ; nous reprendrons ensuite cette thèse.
Dans l'hypothèse convenue , les chiffres paraissent fort dissemblables; toutefois, si l'on simulifie chaque tableau en faisant abstraction des combinaisons des divers genres d'accès, les différences disparaissent en grande partie. Nous trouvons en effet que, sur 100 épileptiques, nous en avons rencontré :
90 ayant des attaques complètes (M. Beau) . . 88
19 ayant des accès — . . IZi (accès liyst.)
/|2 ayant des vertiges — . . 80
D'où résulte que , sur le môme nombre de malades, les deux séries ont offert, à très peu de chose près, le même nombre d'attaques complètes; que la nôtre présente un peu plus d'accès ou attaques hystériques; et celle de M. Beau près du double de vertiges , surtout comme complication des attaques.
Si l'on se rappelle ce que nous avons dit des accès ou
attaques partielles et de leur disposition à se convertir graduellement en attaques générales lorsque la maladie se prolonge; et si l'on lient compte du fait que les vertiges tendent à amener l'aliénation mentale et se lient aux épilepsies les plus graves , on comprendra que les deux pratiques particulières et nosocomiales doivent entraîner les différences ci-dessus signalées quant à la répartition des différents genres d'accès entre les malades des deux catégories.
Reste maintenant à établir la réalité de notre hypothèse, c'est-à-dire à prouver que les malades atteints d'hystérie et d'épilepsie du tableau de M. Beau étaient des épileptiques ayant des attaques partielles.
Disons d'abord que nous n'avons rencontré qu'une seule fois (obs. hS) la complication de l'épilepsie et de l'hystérie, et que nous n'avons jamais vu un seul cas d'accès hysléricoépileptique ou constitué par une combinaison des symptômes de l'hystérie et de l'épilepsie. Tissot nie la possibilité de la complication de ces deux maladies.
Maintenant, entrons en matière. Deux observateurs consciencieux analysent chacun, au point de vue de la nature des accès, un nombre plus ou moins considérable de cas d'épilepsie. L'un d'eux décrit et énumère un certain nombre de faits offrant des crises intermédiaires entre les attaques complètes et les vertiges; il ne signale qu'un seul cas d'épilepsie compliqué d'hystérie. L'autre observateur ne décrit et n'indique aucun cas d'attaques incomplètes en dehors des vertiges , et signale chez un septième de ses malades des accès hystériques ou hystérico-épileptiques. N'estil pas permis de conclure de cette opposition qu'il y a eu nécessairement de la part de l'un des observateurs une erreur de diagnostic? Examinons auquel des deux l'erreur peut être attribuée.
Les accès ou attaques partielles que nous avons signalés peuvent-ils être des accès hystériques?
' — L'hystérie ne se voit presque jamais que dans le sexe féminin • nous n'avons rencontré , dans une pratique de vingt-huit années , que deux hommes atteints de névroses pouvant être rapprochées de l'hystérie j elle ne s'observe jamais chez les jeunes filles avant la puberté, si ce n'est peut-être dans l'année qui la précède.
De nos lli sujets affectés d'attaques partielles, 9 appartenaient au sexe masculin, 5 au sexe féminin. De celles-ci trois étaient âgées de sept mois, neuf ans et onze ans j une de treize, la dernière de dix-sept ans ; chez celle-ci , la seule menstruée, les accès se sont graduellement convertis en attaques.
— Tandis que les attaques d'épilepsie reviennent presque toujours sans cause occasionnelle et sous l'influence seulement de la nature périodique de la maladie , comme les accès d'une fièvre intermittente, sauf la régularité, nous n'avons jamais rencontré dans l'hystérie une périodicité même irrégulière, et nous en avons toujours vu les attaques revenir sous l'influence d'une cause occasionnelle presque toujours morale.
Le retour de nos attaques partielles a suivi la même marche que celui des attaques complètes, et nous avons vu plus d'une fois, et en particulier dans l'observation 37, un certain nombre des premières remplacer une des secondes, ou l'inverse , au point qu'il nous était venu dans l'esprit d'établir une sorte d'équation entre une attaque et un certain nombre d'accès , ou en d'autres termes de chercher quelle était la valeur, en accès, d'une attaque complète.
— Une attaque d'épilepsie se compose d'une suite de périodes bien caractérisées se succédant dans un ordre ré-
NATURE DES ACCÈS. /|6l
gulier. Quelques unes de ces périodes, surtout les dernières, peuvent manquer; elles peuvent être abrégées; le début peut-être prolongé ; mais vous ne voyez jamais, dans une attaque simple , les symptômes être intervertis ou reparaître après avoir cessé. Dans les attaques composées il n'est pas difficile de reconnaître chaque accès partiel avec ses caractères propres. Dans l'hystérie, rien de pareil : les convulsions toniques ou cloniques se succèdent ou se combinent avec la plus grande irrégularité, et constituent, dans tous les cas, une crise beaucoup plus prolongée que les attaques d'épilepsie les plus longues.
Or, les crises de nos malades ont offert les premiers caractères que nous venons de décrire et nullement les derniers.
— Jamais dans l'hystérie, malgré la suspension apparente des mouvements de la respiration, vous n'apercevrez la lividité de la face, l'écume , la salive accumulée dans la bouche, les mouvements répétés de déglutition.
Ces phénomènes ont été constants ou presque constants dans nos attaques partielles.
— Enfin, il est bien rare que les accès d'hystérie ne se terminent pas par une crise de pleurs ou tout au moins de sanglots.
Rien de semblable ne nous a été signalé chez nos malades.
— Nous ajouterons que , chez la plupart de nos épileptiques incurables, les accès incomplets tendaient graduellement à se compléter et à se transformer en attaques ordinaires. C'est là la démonstration la plus évidente de la véritable nature de ces accès.
D'ailleurs, d'autres que nous ont signalé des attaques partielles d'épilepsie. Il ne nous serait pas difficile d'accumuler ici un nombre de faits empruntés à l'histoire presque
aussi grand que celui des cas que nous avons rapportés sur la question de Vaura epileptica; nous nous garderons de le faire, mais nous citerons cependant quelques autorités importantes.
Déjà, dans le xvf siècle, Fernel (1), après avoir décrit les attaques ordinaires ou complètes, écrivait : « Atque hae » quidem absolutse epilepsige notae sunt : plerunique levior » existit, cujus non tamen expressa sunt symptomata; nam » vertigini finitima haec est aut quasi medio ordine inter ver- » tiginem et epilepsiam. »
Dans le xvii^ siècle, Sennert s'exprime ainsi (2) i « Etsi au- » tem in epilepticis tolius plerumque corporis motus depra- » vatus et convulsivus adest , et propterea aegri concidunt : » tamen et affectus quidam reperiuntur qui ipsi epilepsiae » accensendi sunt; ^^{xïi parvœ quœdam et imper fectœ epi- » lepsiœ, autcertè via ad epilepsiam, in quibus aliqase partes » saltem convelluntur et œgri non concidunt. »
Nous avons cité du même siècle , dans notre chapitre de Vaura, une longue observation de Théophile Bonet , dont le sujet, qui finit par périr dans une attaque, avait des convulsions bornées au côté gauche et conservait sa connaissance.
Dans le xviii* siècle , Tissot (3) cite , soit d'après les auteurs, soit de sa propre pratique, un grand nombre défaits d'attaques incomplètes d'épilcpsie.
Dans notre siècle , Esquirol (/|.) s'exprime ainsi sur ce sujet : « Tous les accès épileptiqucs ne sont pas toujours aussi terribles ; les convulsions ne sont p;is toujours géné-
(1) Univena mediciiiu. Geiievie, 1C80, in-folio. — PutlioL, lib. V, cap. 3, p. 408.
(2) Imiilul. mcdic. Witcborgtc, 1G20, lih, II , part. 3, sccl. I , cap. 9.
(3) Ouv. c/<(^,§§4 et 5.
(4) Dictionnaire des sciencen médicales , arl. elle, p. &12.
NATURE DES ACCÈS. /l63
raies, toujours les malades ne sont pas renversés Il
est même des accès dans lesquels on n'observe pas la perte de connaissance, particulièrement dans l'épilepsie sympathique. Ces accès qui sont très rares, qui peuvent être méconnus, servent de prélude à des accès qui, peu à peu, ou avec les progrès de l'âge , deviennent complets, ou bien ils s'intercalent avec des accès complets qui ne laissent aucune incertitude sur la nature des uns et des autres. »
Ainsi, depuis plusieurs siècles, des observateurs distingués ont signalé , comme nous, des attaques incomplètes d'épilepsie. Il ne peut donc y avoir aucun doute sur ce fait 5 que si , de M. Beau ou de nous, l'un a commis une erreur de diagnostic , ce n'est pas à nous qu'il faut l'attribuer.
Malheureusement notre prédécesseur n'a donné que la statistique de ses accès d'hystérie, il n'en a pas fourni la description ; mais la seule circonstance que, dans un travail statistique sur l'épilepsie, fort concis , quoique plein de notions intéressantes , il ait cru devoir intercaler des cas d'hystérie simple ou compliquée, prouverait déjà que notre auteur a vu quelque liaison entre les deux ordres d'accès. Observant d'ailleurs dans un hospice de femmes généralement adultes , on conçoit très bien qu'il ait pu être entraîné à classer dans l'hystérie des cas douteux d'épilepsie. Maisonneuve, qui avait aussi principalement étudié l'épilepsie dans le même établissement, avait été conduit à la même inexactitude de diagnostic. Ce dernier auteur , ayant publié des observations détaillées , il est plus facile de mettre en évidence l'erreur dans laquelle il est tombé et qu'il a même érigée en doctrine.
Cet auteur pose en tête de son livre (1) la question
(1) Ouv. cité, p. 13.
liQh ÉVALUATION DES FAITS.
suivante: «Parmi les symptômes de Tépilepsie en existet-il quelqu'un qui distingue cette maladie de toutes celles avec qui on pourrait la confondre, et sans lequel tous les autres symptômes réunis ne peuvent former un accès épileptique ? »
Puis , après avoir démontré que ce signe ne saurait être ni la salive écumeuse , ni la forte contraction du pouce , ni l'intensité et la généralité des convulsions , ni la chute , il croit le rencontrer dans la perte du sentiment et de la connaissance pendant l'accès , et répond en conséquence à sa question par l'affirmative.
Les deux motifs qui le décident sont(l): 1° que cette conclusion n'est point contredite par ses propres observations ; 2° c( qu'en la rejetant , il n'y a plus de signe de démarcation entre l'épilepsie et d'autres maladies convulsives , et , en particulier, l'hystérie, avec laquelle on la confond encore tous les jours. »
Le second motif est peu probant. Si , en effet, les deux maladies se confondaient sur leurs limites par des nuances insensibles , ce ne serait pas une raison pour les distinguer arbitrairement au moyen d'un symptôme qu'on attribuerait à l'une et qu'on enlèverait à l'autre. Le cours des deux maladies, et la marche même des symptômes de l'accès, pourraient et peuvent, en réalité , à défaut d'un symptôme caractéristique, distinguer l'épilepsie de l'hystérie.
Le premier motif n'est pas plus concluant , comme on peut en juger par le résumé suivant des quatre observations que l'auteur cite comme les seuls faits qu'il ait trouvés être en opposition apparente avec son principe de diagnostic, et qui, selon lui, ne le seraient pas réellement.
— La première concerne une jeune fille de douze ans
(1) Ouv. cité, p. i8.
dont la maladie a débuté à huit ans 5 accès convulsifs bornés aux membres gauches, se répétant plusieurs fois par jour. L'auteur n'en conteste pas la nature épiîeptique.
— La seconde appartient à une femme de soixante-dix ans; les convulsions n'atteignent pas la tête. Le diagnostic, d'après Maisonneuve, est douteux.
— La troisième est celle d'un homme de vingt-trois ans; mêmes convulsions que le cas précédent; elles débutent par l'estomac : c'est le motif pour lequel l'auteur y voit des accès hystériques ; l'attaque commence par le cri et la chute.
— Dans le quatrième cas, la malade, âgée de vingt-trois ans , a des accès journaliers portés jusqu'à l'asphyxie et au stertor ; il n'y a pas perte absolue des sens et de la connaissance, mais altération partielle, peut-être même abolition momentanée.
Rien, comme on le voit, ne justifie l'assertion de notre auteur sur la nature hystérique des accès des deux derniers malades j loin de là. Et ce n'est que sur l'utilité du signe, indiqué comme moyen de diagnostic, que peut s'étayer l'opinion de Maisonneuve. Mais, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, cette argumentation est bien peu solide; la vérité doit ici, comme dans toutes les sciences, passer avant des raisons de convenance.
Ainsi nous paraît démontrée la proposition que nous n'a» vions donnée d'abord que comme une hypothèse : les hystérico-épileptiques de M. Beau sont, au moins le plus souvent, des épileptiques ayant des accès incomplets. Ainsi il est établi, en vertu des chiffres énoncés plus haut, que nos cas, outre leur extrême variété sous le point de vue de la nature des accès, paraissent offrir, dans leur proportion normale, les différentes espèces de crises qui constituent l'épilepsie.
/l66 ÉVALUATION DES FAITS.