CONCLUSIONS GÉNÉRALES SUR LA VALEUR DE LA SÉRIE. A
dates depuis un jour à vingt ans 3 nous rappellerons, quant à la fréquence des accès et à leur mode de succession , ces intervalles mesurés en quelque sorte par minutes et ces lacunes de plusieurs années entre deux attaques j enfin, pour la nature des crises, nous renverrons nos lecteurs aux sections consacrées à l'aura epileptica et à la classification des accès. Ces témoignages à la main , nous oserons répéter pour l'ensemble cette formule reproduite plusieurs fois pour les détails : que notre série, sauf une seule réserve, offre des conditions de variété qui embrassent en quelque manière tous les cas possibles, ou tout au moins tous les cas dont la nature peut avoir quelque influence sur l'issue de la maladie.
La réserve que nous venons de faire est relative aux complications que peut offrir Tépilepsie , complications que nous n'avons pas examinées jusqu'ici , parce que nos faits ne nous y avaient pas conduit. De ces complications , la seule importante à notre gré, c'est l'aliénation mentale. Quoique cette triste conséquence de l'épilepsie soit commune dans les hospices , nous ne l'avons rencontrée dans notre série qu'une seule fois (obs. 56). Elle est rare, en effet, dans la pratique civile là oii existent des établissements publics bien tenus destinés à ces deux genres de névroses. Sous ce rapport, l'ensemble de nos cas diffère d'une manière marquée de toute série recueillie dans un hospice, et nous devions faire ici cette réserve positive.
Si nous récapitulons maintenant les résultats de l'analyse de nos faits au point de vue de la répartition des cas graves, moyens et légers, nous arriverons à des conclusions fort analogues à celles que nous venons de formuler quant à la variété. Rien , pour les causes , n'établit que nos faits aient été moins graves que la généralité des cas d'épilepsiej
Zi68 ÉVALUATION DES FAITS.
aurions nous pu, sans grande partialité, soutenir le contraire; nous ne l'avons pas fait. Pour l'ancienneté de la maladie , on doit trouver dans les hospices des séries plus défavorables ; on peut les rencontrer plus heureuses dans la pratique particulière. Au point de vue de la fréquence , si nos cas ont offert, en moyenne, des accès plus rapprochés que les séries des statisticiens qui nous ont précédé, nous le]devons au plus grand nombre de jeunes sujets que nous avons eu à soigner. Quant à la nature des accès , si nous avons eu une plus grande proportion d'attaques incomplètes que nos émules des hôpitaux, cela tient au nombre de nos cas récents, et l'on doit appliquer à ce sujet ce que nous venons de dire à l'occasion de l'ancienneté.
Nous pouvons donc affirmer ici , comme à la fin de la plupart des sections de ce livre, que notre série nous paraît renfermer, dans leur proportion naturelle, tous les degrés de la triste maladie dont nous faisons l'étude , convenant toutefois que, à plusieurs points de vue et en particulier pour l'ancienneté , les faits d'épiiepsie observés dans les hospices offrent en général un degré de gravité supérieur à celui de la majorité de nos cas.
Si ces conclusions sont adoptées, on doit accueillir avec confiance les résultats que nous offrirons, dans les deux livres suivants , sur le pronostic et le traitement ; résultats qui , si nous ne nous faisons pas illusion , doivent ouvrir une ère nouvelle dans l'histoire de l'épilepsie.