‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 52 sur 80 · DIRECTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

DIRECTIONS GÉNÉRALES

Pour suivre l'influence des remèdes sur la marche de la maladie, comme pour graduer convenablement leurs doses, il est indispensable que le médecin ait sous ses yeux un tableau de la succession des accès de diverses natures qu'éprouve le malade , ainsi que la série des doses et la quantité totale des remèdes administrés; c'est dire que le praticien doit tenir des notes exactes sur ce double sujet. Pour ceux qui n'en ont pas l'habitude, et qui répugneraient à s'y soumettre, il est un moyen de les remplacer que, pour notre part, nous n'employons que comme auxiliaire. Ce moyen consiste à nantir le malade d'un carnet oîi doit être inscrit , au fur et à mesure , chaque accès avec sa nature, s'il y en a de plusieurs espèces, sa date et l'heure où il est survenu. A chaque visite ou consultation, le médecin l'examine et fait le total ; il peut y ajouter, sous forme abrégée, les notes relatives au traitement.

Dans les cas ordinaires, il suffît de voir le malade une fois par semaine. Le plus grand nombre vient à notre consultation ; nous exigeons, autant que possible, que ce soit le même jour de la semaine ; la direction du traitement et l'appréciation de la marche du mal sont ainsi rendues plus faciles. Nous prenons toujours avec soin l'adresse de nos malades, et, en cas de retard de quelques jours, nous n'hésitons pas à les relancer, et ne les abandonnons à leur insouciance qu'autant que nous rencontrons une force d'inertie qui, dans tous les cas, ne nous permettrait pas de poursuivre jusqu'au bout. Il va sans dire que cette insistance , pour nous servir d'une expression géométrique, est en raison inverse du degré d'aisance de nos clients, et que nous n'imposons nos conseils qu'autant que notre désir de guérir nos malades ne peut pas recevoir de fâcheuse interprétation. Comme ce n'est qu'au prix des soins que nous venons

de retracer que dans plus d'un cas nous avons réussi, nous n'avons pas craint d'y consacrer une ou deux pages , au risque de paraître entrer dans des détails inutiles pour les uns, trop minutieux pour les autres. Nous avons appris depuis longtemps que le modus faciendi joue en thérapeutique un rôle trop important pour qu'il soit permis de rien négliger de ce qui s'y rapporte, quand on expose les moyens de guérison d'une maladie ayant quelque gravité.

Indépendamment d'un choix heureux de remèdes, nous avons dû nos succès à certaines règles dans leur emploi, qui sont communes à tous les médicaments que nous avons employés : L'administration des remèdes a été toujours, autant que possible, continue; les doses ont été progressivement «Mp-mentees jusqu'aux limites imposées par la prudence et par la nécessité de ne pas dégoûter les malades , la dose maximum a été plus ou moins longtemps soutenue; ce n'est que dans nos premiers faits ou dans les cas d'incommodités persévérantes que nous avons fini les cures en donnant les médicaments à dose décroissante. L'expérience acquise depuis la rédaction des faits contenus dans ce travail n'a fait que confirmer l'utilité de cette marche.

Les autres directions trouveront leur place dans le chapitre particulier consacré à chaque médicament et dans le chapitre final sur le choix à faire entre eux.

Les remèdes que nous avons administrés dans les 55 cas qui serviront de base à nos recherches sur le traitement sont, dans l'ordre de leur emploi le plus fréquent :

L'oxyde de zinc,

Le sulfate de cuivre ammoniacal,

La valériane et le valérianate de zinc ,

Le selin des marais,

La poudre de taupe grillée,

L'armoise,

La jusquiame,

L'ammoniaque.

Nous parlerons du nitrate d'argent, quoique nous ne l'ayons pas employé, par un motif que nous exposerons dans le court chapitre consacré à ce médicament.

Pour chacun des remèdes ci-dessus mentionnés, nous indiquerons, autant que notre expérience nous en fournira les moyens, les effets physiologiques, les doses initiales, leur accroissement graduel, leur maximum, le mode d'administration, la durée de la cure et la quantité totale du remède à administrer, soit en cas d'insuccès, soit en cas de guérison. Nous nous bornerons, en général, aux résultats fournis par nos faits, ^t ne ferons qu'un usage très limité des témoignages historiques dont les enseignements contradictoires ne feraient qu'étendre, au détriment de la clarté, un sujet dans lequel, avant tout, il faut savoir fixer l'attention et soulager la mémoire au moyen d'une grande précision (1).

Page 1