‹ Du pronostic et du traitement curatif de l'épilepsieChapitre 51 sur 80 · DIRECTIONS GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

DIRECTIONS GÉNÉRALES

Avoir démontré que l'épilepsie est susceptible de guérir dans la grande majorité des cas, à la condition d'être traitée à une époque rapprochée de son début, c'est un incontestable progrès dans l'histoire de cette maladie; mais montrer le but et affirmer qu'on peut l'atteindre, ne suffit pas, il est nécessaire encore de fournir les moyens d'y parvenir. Nous essayerons donc de tracer avec clarté , et en nous fondant uniquement sur l'expérience , les règles que doit suivre le praticien dans l'administration des médicaments qui nous ont procuré les succès consignés dans ce travail -, succès qui nous ont conduit à dissiper les nuages amoncelés autour du pronostic de l'épilepsie.

Les règles à suivre sont ou générales, ou particulières à chaque remède 3 celles-ci, nous les esquisserons dans le chapitre consacré à chaque médication • celles-là , nous allons les exposer immédiatement.

La guérison durable de l'épilepsie, avons-nous déjà dit plusieurs fois, ne s'obtient le plus souvent qu'à l'aide d'une grande exactitude et d'une longue persévérance; l'une et l'autre doivent être le fait et du médecin et du patient. Voici les moyens qu'une étude attentive de quatorze années nous a appris être les meilleurs pour obtenir ces deux conditions essentielles.

L'interrogatoire du malade ou de ses parents ne doit pas avoir seulement pour résultats de faire eonnaître au médecin la nature de la maladie, l'espèce ou les espèces de crises dont elle se compose , la date du début et le degré général de fréquence des attaques; ces données lui suffisent sans doute pour asseoir un diagnostic certain et un pronostic plus ou moins assuré ; mais il faut encore que le praticien soit éclairé sur l'inégalité de la marche des accès, et en particulier sur le maximum de leurs intervalles, afin que, dans la poursuite du traitement, il ne soit pas exposé à prendre pour une amélioration ce qui n'est qu'une irrégularité accidentelle dans le cours de la maladie. Il est important d'être instruit des traitements antérieurs , et autant que possible de leur durée et de la quantité de chaque remède employé, pour ne pas perdre un temps précieux à renouveler des essais déjà tentés , ou ne pas se priver, au contraire , d'un moyen efficace qui aurait été administré d'une manière insuffisante.

Une fois ces renseignements obtenus, le médecin peut porter un jugement sur les chances de guérison de son malade et les lui faire connaître. Nous croyons que , dans celte communication , le mieux est d'être sincère; mais en faisant des réserves pour les cas où le succès paraît presque certain, et en laissant quelque espérance, même à ceux qui paraissent incurables, car nous ne connaissons pas les limites exceptionnelles du pouvoir de nos médications. Après avoir fait connaître au patient le degré de nos espérances, il est nécessaire de le prévenir qu'il s'agit, dans tous les cas, d'un traitement de longue haleine, et qu'il est inutile de rcnlreprcndre si l'on n'est pas disposé à y consacrer six mois au moins en cas de succès, un temps plus long encore si les premiers moyens ne réussissent pas.

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