Aucun malaise. Id
^h. — Très bien; aucun malaise. Les pilules sont prises t7^ès 7'égvUèrement.
Décembre 22. — Point de vertiges. Très bien , sauf un peu de céphalalgie le 19 et le 20, mais fort légère. Depuis son séjour ici ce malaise est fort rare ; il en souffrait auparavant presque toutes les semaines. Il prend ses pilules très régulièrement; les continuer.
Après le jour de l'an, notre jeune homme repartit pour Berne, et dès lors il n'a jamais eu de ressentiment de ses malaises. Il avait continué les pilules à la même dose jusqu'au milieu de janvier. Il les avait réduites à neuf par jour jusqu'à la fin du même mois, puis à six par jour jusqu'au milieu de février, où il les cessa définitivement.
1850 septembre 30. — La guérison se maintient.
Résumé. — Aïeule maternelle morte d'affection organique du cerveau; grand-oncle paternel aliéné ; travail assidu de cabinet et peu d'exercice ■ céphalalgie fréquente. Début à dix-neuf ans : un accès incomplet et un fort vertige à une semaine d'intervalle. 109 grammes d'extrait et dose égale de poudre de valériane en quatre mois et demi. Quatre vertiges fort légers dans le premier mois du traitement. Guérison qui se soutient depuis cinq ans.
Si je n'avais eu pour base d'un travail sur l'épilepsie que des faits de cet ordre , je me serais certainement abstenu ; mais , avec l'engagement de donner tous les cas observés par moi dans une certaine période , je ne pouvais pas éliminer cette observation. Je regrette les détails contenus dans la lettre perdue; car venant d'un témoin oculaire, ils étaient plus explicites que ceux de M. le professeur Fueter cl que les renseignements nécessairement incomplets du jeune homme. L'impression très nette que j'ai conservée de celte lettre , c'est qu'elle ne me laissa aucun doute sur la
GUÉRISONS APRÈS TRAITEMEKT. lOl
nature épileptique des crises. Cependant j'aurais aimé à douter, par l'intérêt que je porte à cette famille, et surtout je n'aurais pas , sans preuves , caractérisé d'une manière aussi grave des malaises en apparence aussi légers.
Seizième observation.
Georges est âgé de vingt et un ans, d'une taille fort audessous de la moyenne, d'une forte constitution, brun, aux yeux noirs , intelligent et d'un caractère léger. Il aime le vin blanc , mais n'en abuse pas souvent.
Son aïeul paternel s'est suicidé j son père , aveugle depuis quelques années, jouit d'une bonne santé ; son aïeule maternelle est épileptique j sa mère est petite, vive et bien portante. Ses frères et sœurs sont tous de petite taille; l'une des sœurs est presque naine; l'un des frères bégaye et a une intelligence très bornée.
Le !i mars iShk, de grand matin, je suis appelé auprès de Georges. Je le trouve dans un état de délire violent qui ressemble beaucoup au delirium tremcns î hallucinations, causerie et grande agitation ; ses frères ont beaucoup de peine à le retenir dans son lit; cependant il n'y a pas de tremblement. Je ne recueille au moment même que des détails assez confus sur le début de la crise , et je prescris une potion avec dO gouttes de laudanum , à prendre par cuillerées à bouche toutes les demi-heures, jusqu'à ce qu'on obtienne du sommeil.
Le malade ne tarda pas à s'endormir, et on l'entretint dans cet état toute la journée, en continuant la potion. Le lendemain Georges était guéri.
Plus tard, en questionnant séparément, sur les symptômes qui avaient précédé le délire , les assistants et surtout
un frère qui couchait alors avec le malade, j'obtins comme positifs les renseignements qui suivent : Début pendant le sommeil , convulsions avec secousses dans les membres , gargouillement au cou , écume à la bouche , puis grande pâleur. Le frère alors secoua vivement Georges, appela au secours et fît lever toute la famille ; le malade, réveillé en sursaut et violemment, délira et voulut s'échapper de son lit ; on l'y retint de force, on me fit appeler, etc.
Le i" avril suivant, à neuf heures du matin, Georges, étant à son bureau, a été pris d'un étourdissementavec constriction du cou et perte de la vue 5 il entendait ce qui se passait autour de lui. On l'a soutenu , mais il croit qu'il ne serait pas tombé j on lui a vu porter les mains au cou et sur les yeux; on entendait un léger râle sec qu'il percevait aussi lui-même. L'accès a duré à peine une minute.
Une heure environ après, nouvel accès : il s'est appuyé d'un bras contre une fenêtre ; mêmes symptômes qu'au précédent, même durée. Jamais, jusqu'alors, il n'avait éprouvé un mal semblable.
Le même jour, à une heure et demie, étant dans un café à boire de la bière avec un de ses frères, Georges l'a averti qu'il allait se trouver mal j ils se sont rendus au laboratoire oii une crise est survenue. Le malade a senti ses yeux se renverser et il a éprouvé au cou une contraction qui lui a fait saisir et serrer cette partie avec la main. Le frère, qui tenait Georges dans ses bras , a observé des mouvements convulsifs du côté droit de la face, à ce qu'il croit (du côté gauche, dit Georges). 11 n'y a eu ni cri , ni imminence de chute , ni écume , ni convulsions des membres ; les mouvements étaient bornés à la tête. Après l'accès , qui aurait duré un peu plus d'une minute, Georges était fort pâle.
Nouvelle crise , au bureau , à trois heures et demie, 11
GUÉRISONS APRÈS TRAITEMEINT. 108
était debout; il s'est appuyé et n'a senti que le renversement des yeux et la contraction du cou ; il y a eu cette fois perte de connaissance. Georges est revenu chez lui ; sa mère l'a fait mettre au lit; elle a remarqué qu'il avait les yeux injectés. Il s'est promptement endormi.
A cinq heures du soir, il a été réveillé par les prodromes d'un accès. Ne pouvant parler, ni par conséquent appeler sa mère qui était dans la chambre voisine , il s'est glissé hors du lit pour l'avertir en frappant du pied , et a perdu connaissance. La mère, en arrivant au bruit. Ta trouvé les pieds sur le plancher et le corps renversé en arrière en travers du lit, les bras, non les jambes, agités de secousses. Il avait entièrement perdu connaissance ; une écume rosée abondante s'échappait de ses lèvres. La durée de l'attaque est estimée, par la mère, à cinq minutes environ. Bientôt le malade est sorti de cet état comme d'un songe, et il a fait quelques pas dans la chambre avec l'air égaré : cela ressemblait à la première crise, sauf la violence du délire. On l'a remis dans son lit , où il est resté tranquille, mais sans sommeil.
Il est encore couché à mon arrivée , à huit heures du soir; il est fatigué, mais n'offre aucun signe morbide. Je prescris une cure de poudre de valériane et l'abstinence du vin , sans autre changement dans le régime.
Ce traitement fut suivi pendant trente-sept jours , du 1'' avril au 7 mai.
La quantité totale employée fut de 109 grammes , à la dose journalière de gram. 5,30 en quatre prises.
Cette médication ne procura aucun effet physiologique apparent.
Le malade, sans faire d'excès, n'obéit pas toujours striclement à ma défense de prendre du vin.
lOÛ EXPOSlTiUiN DES FAITS.
Pendant ce traitement , Georges eut des vertiges assez fréquents , une menace d'accès et un paroxysme de cinq accès incomplets.
Les vertiges , dans les premiers temps de la cure, avaient lieu à deux reprises chaque jour, savoir à onze heures du matin et le soir en se mettant au litj mais ils cessèrent bientôt de revenir le matin. Cependant dans les deux jours qui précédèrent le paroxysme , ils furent très fréquents pendant toute la journée.
La menace eut lieu le 7 avril ('septième jour du traitement), à onze heures du matin. Georges était à l'église et debout j il éprouva une sensation de chaleur à la tête, accompagnée d'un clignotement comme convulsif des paupières gauches. Il sortit et se trouva bien dès qu'il fut au grand air. Nous avons vu et nous verrons encore que les convulsions de l'œil gauche étaient un prodrome des attaques.
Les cinq accès incomplets eurent lieu le 7 mai. Le 5 , Georges avait fait une partie de plaisir, s'était beaucoup fatigué et avait usé sans prudence , mais aussi sans grand excès, de sa boisson favorite; ce jour-là, dans la soirée, et le lendemain 6, il avait eu, comme nous l'avons dit, des vertiges presque continuels. Le 7, à deux heures du matin, en se réveillant, il fut pris d'un premier accès suivi de quatre autres, tous à une heure d'intervalle les uns des autres. Aoici, d'après lui-même, la description de ces accès : II ne pousse pas de cri ; il voit des bluettes (éblouissements) et éprouve ensuite un étourdisscment très fort ; puis il sent son œil gauche se renverser et se tourner en dehors ; il est affecté en même temps d'une tension douloureuse dans le sterno-mastoidien qui se durcit ; la tète tourne à droite, se renverse en arrière et est agitée de secousses;
GUÉIUSO.NS APRÈS TKAITEMEiNT. 105
il est privé de la vue (il ne voyait pas les fenêtres vis-à-vis de lui, quoiqu'elles soient en face d'un réverbère au gaz, dans une rue étroite) , mais il conserve l'ouïe et la connaissance. A ces détails , la mère ajoute que les convulsions sont bornées au côté gauche , que les yeux , dirigés de ce côté, sont presque complètement blancs, que la figure et les membres du côté gauche sont également agités par des secousses, qu'il y a eu du gargouillement dans quelques accès, quelquefois des sanglots, mais point d'écume sur les lèvres. Georges dit que , dans la crise, la gorge est serrée au point qu'il ne peut pas avaler.
La durée des accès a varié d'une demi-minute à une minute et demie, le premier a été le plus court, le second le plus long ; le malade a senti venir le deuxième et le quatrième , et a pu appeler deux fois son frère à haute voix. L'un des accès a été suivi de nausées et d'un léger vomissement; Georges avait bu de l'eau avant cette crise. Dans les intervalles des accès, il a eu quelques vertiges; il a dormi, mais non pas immédiatement après les crises ; dans ces sommeils , la respiration a été un peu bruyante , mais il n'y a pas eu de ronflement. Au moment oii j'arrive auprès de Georges, à huit heures du matin , il a encore de la céphalalgie frontale, surtout à gauche, et les pupilles dilatées. Il me raconte, en outre de ce que j'ai déjà dit, qu'à l'approche de la crise il s'assied , parce que , dans cette attitude, il souffre beaucoup moins que quand il est couché. Il insiste sur le fait que, dans les cinq accès, s'il a été privé de la vue, il n'a point perdu connaissance ; il entendait tout ce qu'on disait autour de lui , mais ne pouvait parler.
La réapparition des crises, après un mois de traitement, me décida à substituer Voxyde de zinc à la valériane.
Cette cure fut fort délayée , car elle dura plus de neuf
16é EXPOSITION DES FAITS.
mois , du 7 mai à la fin de janvier i 845 , et cependant on n'employa dans ce long intervalle que 70 grammes d'oxyde de zinc. Le remède fut administré en poudre , mélangé avec du sucre. La dose journalière initiale fut de 30 centigrammes , le maximum de 1,00, et la dose terminale de 20 centigrammes en une seule prise le soir.
Ce ne fut qu'à 75 centigrammes ( partagés en quatre prises) qu'arrivèrent les nausées ; elles avaient lieu dix à quinze minutes après l'ingestion de la poudre. Elles continuèrent jusqu'à la fin de la cure, malgré la diminution des doses 3 du moins c'est ainsi que Georges se justifia d'avoir diminué les poudres plus rapidement que je ne l'avais prescrit, et de les avoir prises irrégulièrement. Du reste, la santé générale fut bonne pendant cette période; il me signala seulement : en mai quelques douleurs à l'occiput et au sourcil gauche ; sur la fin de ce même mois, des nuits agitées et quelquefois du cauchemar; vers la fin de juillet il y eut aussi à plusieurs reprises , pendant quatre jours , de légères hémorrhagies nasales.
Quant aux accès, dès le 7 mai, premier jour du traitement, il n'y en eut pas un seul complet ou incomplet. Mais les vertiges ne cessèrent qu'à la fin de juillet, après s'être éloignés graduellement ; encore en survint-il un le 8 décembre, à quatre heures du matin , quatre jours après une noce 011 Georges avait beaucoup dansé et s'était livré un peu trop à son goût pour le vin blanc.
Dès lors jusqu'au 25 novembre 1846, Georges n'eut d'autre indice d'é|)ilcpsie que quelques rares vertiges en 1 845 et dans les quelques semaines qui précédèrent sa rechute.
Trente mois s'écoulèrent donc sans accès et un an environ sans vertiges.
En janvier 1847, j'apprends que Georges, (jui est placé
GUÉRISONS APBÈS TRAITEMENT. 107
en France , a repris des accès; j'engage ses parents à le rappeler, et le 1'' février il me raconte lui-même les incidents de sa rechute.
Depuis le 8 décembre 1845 , il a quitté Genève ; il y est revenu passer cinq jours, du 15 au 20 novembre ; il s'y est beaucoup amusé à sa manière , c'est-à-dire sans débauches , mais sans ménagement. Le 25 novembre , il travaillait depuis deux jours et assez assidûment dans une maison de commerce du midi de la France , quand vers quatre heures du soir il a senti un vertige; il s'est assis sur une caisse , le dos bien appuyé , et a eu un accès convulsif , mais sans perdre connaissance : début par du trouble de la vue et un frémissement dans l'œil gauche; douleur dans le sterno-mastoidien du même côté ; mouvements de rotation de la tête à droite , puis de renversement en arrière avec secousses ; rien dans les membres; vingt secondes de durée. Il se releva sans aucun malaise. Cette crise, d'après le malade, aurait été semblable à celle du 1" avril iSlili, au café. Du 25 novembre au 12 janvier 18/1.7, nul vertige.
Dans la nuit du 12 au là janvier, sans cause connue, Georges a eu trois accès et une attaque. Les trois accès , tous semblables, ont eu lieu à minuit, minuit et demi et deux heures; réveil avec la sensation du vertige; il s'assied , relève son coussin contre le mur, s'y appuie , etc. ; accès en tout semblable à celui du 25 novembre.
A deux heures et demie , même début, savoir : douleur au cou et à l'œil; ayant porté la main sur ce dernier organe, la crampe a passé subitement au bras qui s'est roidi et fléchi; la tête était agitée de secousses; Georges n'a pas eu le temps de relever son coussin et de s'asseoir, et il est tombé hors du lit sans connaissance , en entraînant la table de nuit. Après une heure entière passée sur le plan-
cher, il a pu rentrer dans son lit. Il s'était mordu la langue et saignait de la bouche. Fin de la nuit calme, sommeil jusqu'à neuf heures. Le lendemain, céphalalgie gravative, grande fatigue et repos forcé. Il a souffert pendant quatre ou cinq jours de la morsure de la langue.
Un médecin , appelé, a prescrit des pilules fort petites, composées d'assa fœtida, valériane et essence de camomille } le malade en a pris 108.
Georges n'a éprouvé aucun vertige depuis l'attaque du 13 janvier.
Je prescris un nouveau traitement à' oxyde de zinc.
Ce traitement dura quarante-huit jours, du 1^"^ février au 20 mars.
Le médicament fut administré d'abord en poudre avec du sucre, comme la première fois, plus tard en pilules avec l'extrait de réglisse. On employa 32 grammes d'oxyde; la dose initiale journalière fut de 30 centigrammes, le maximum de 90.
A la dose de 45 centigrammes, le remède causa de la nausée et amena même une fois un vomissement immédiatement après l'ingestion d'une poudre prise une heure après le repas; ce fut un vomissement liquide sans mélange d'aliments. Alors je donnai le zinc en pilules; il fut immédiatement toléré et porté ensuite jusqu'au maximum indiqué , sans provoquer de nausées.
Pendant ce second traitement de zinc, il n'y eut que de rares vertiges, deux par semaine environ. Voici comment il les décrit lui-même: Il lui passe, pendant une demiminute, sur les yeux et surtout sur le gauche, un nuage qui trouble la vue sans l'intercepter entièrement; il entend bien et n'éprouve d'autre malaise qu'une sensation de crampe dans le côté gauche du cou. Une autre fois, il me
dit que le vertige est suivi d'une sorte de palpitation ou de frémissement dans l'œil gauche. Rappelons encore que la sensation de l'œil et du cou est chez Georges le prélude des accès.
Jusqu'au 20 mars, il n'y eut aucun accès convulsifj mais ce jour-là le malade eut trois attaques complètes et un accès incomplet. II y avait eu de l'agitation dans la nuit du 18 au 19, et le jour suivant de l'abattement et de la tristesse. Les attaques eurent lieu le 20 à cinq heures, six heures et demie et huit heures trois quarts du matin ; l'accès incomplet à midi et demi.
Dans les trois attaques , la perte de la connaissance fut précédée de palpitations de l'œil et de tension au côté gauche du cou. Dans la première, le malade s'était jeté sur son père qui le tenait embrassé (ils couchaient ensemble) 3 tous les membres étaient roides, la tête seule était agitée de secousses, on entendait du gargouillement au cou. Dans les deux autres, il y eut des convulsions cloniques générales et violentes , un peu moins fortes dans la troisième que dans la seconde. Dans toutes , la perte des sens et de l'intelligence fut absolue; ils revinrent dès que les convulsions et le râle eurent cessé. Les attaques durèrent de deux à trois minutes , et furent suivies d'un état de calme et plus tard de sommeil. Avant de s'endormir, il demanda ce qui s'était passé. Après la seconde attaque , je constatai une morsure de la langue. Aucune cause appréciable n'avait provoqué le retour de ce paroxysme.
A midi et demi Georges , ayant senti son œil gauche tourner sur lui-même , appela ; on l'assit la tête appuyée contre le mur avec l'interposition d'un coussin; il n'y eut que des secousses dans la tête ; aucune convulsion dans les membres; il ne perdit pas connaissance, il entendait mais
ne voyait pas. Il s'est assuré que , si sa tête trouve une résistance qui empêche qu'elle ne se renverse en arrière, la suffocation n'arrive pas et que l'accès avorte; ce dernier n'a duré en effet que trente secondes environ.
Voyant que le zinc pris pendant six semaines n'avait pas empêché le retour de ce paroxysme, je me décidai à tenter l'emploi du sulfate de cuivre ammoniacal»
Ce traitement dura neuf mois et vingt jours, du 20 mars au 10 décembre. Le médicament fut administré en pilules, associé avec l'extrait de réglisse. La quantité totale employée fut de 30 grammes ; la dose initiale , de 37 milligrammes par jour, en trois pilules j la dose maximum, de 15 centigrammes.
Dès les premières pilules , le malade eut des nausées et il vomit une fois dans la première semaine j mais bientôt ee double effet cessa. Les maux de cœur se reproduisirent souvent , surtout à chaque accroissement de dose , mais les vomissements furent très rares ; il n'y en eut pas un par mois. C'était toujours la première pilule, prise à jeun, qui le fatiguait le plus; le même effet se faisait sentir pour la seconde pilule prise au milieu du jour, si le malade n'avait pas déjeuné. 11 n'y eut jamais ni coliques , ni diarrhée, ni constipation; en juin, quelques pilules causèrent des borborygmes , comme si la diarrhée allait survenir; mais ce dernier effet ne fut pas produit.
Au début du traitement par le cuivre, le 22 et le 23 mars, il y eut encore deux accès incomplets; ce fut la fin du paroxysme qui m'avait décidé à changer de remède.
Aucune attaque ou accès ne survint dis lors jusqu'au 3 octobre, c'est-à-dire pendant plus de six mois; seulement, dans les neuf premiers jours d'avril, Georges éprouva une dizaine de menaces fort légères, et il eut dans le com-
GUÉRISONS APRKS THAITEMENT. 111
mencemenl de mai , du 1" au 14, huit ou neuf vertiges. Ces malaises apparurent toujours dans la soirée, avant ou après le coucher du malade.
Le 3 octobre , de une à cinq heures du soir, se manifestèrent quelques vertiges j à sept heures, il y eut un accès incomplet, et une attaque survint dans la nuit suivante.
Du 8 au 10 novembre , nouveau paroxysme 5 il commença comme à l'ordinaire par des vertiges qui eurent lieu de une à deux heures du soir; à deux heures, une attaque survint, et dans la nuit suivante il y eut un accès incomplet qui se répéta dans la seconde nuit. Du 10 au 17, Georges eut des vertiges presque chaque jour.
Le 9 et le 10 décembre, le paroxysme se borna à quatre menaces; le premier jour, de dix heures du matin à quatre heures du soir, et à deux accès le lendemain à midi et à une heure.
Nous ne reviendrons pas sur la nature des vertiges ou menaces; ils furent toujours de même genre, mais la convulsion de l'œil seul fut plus fréquente que celle du sternomastoidien. Une seule fois Georges me signala la propagation de la convulsion de l'œil gauche à l'œil droit.
Quant aux accès incomplets, nous y reviendrons encore à cause de leur nature insolite. Les descriptions que nous allons tracer seront d'autant plus exactes que Georges, excité par nous , s'observa plus attentivement; recueillies d'ailleurs sous sa dictée , à des époques différentes , elles se serviront mutuellement de preuve.
Les accès débutent toujours par un vertige ; il s'y joint quelquefois une sorte d'émotion avec palpitation de cœur (probablement par la crainte de l'attaque) ; il éprouve dans l'œil une tension, un battement, ou la sensation du renversement du globe, puis la crampe du cou; c'est alors
112 EXPOsilTION DFS FAITS.
qu'il cherche un point d'appui pour sa tête, qui tourne sur elle-même et tend à se renverser en arrière. Nous avons vu comment au lit il s'assied et s'appuie contre le mur avec l'interposition de son oreiller; le jour il a appris à s'asseoir dans l'angle de la pièce , où sa tête est mieux retenue par les deux parois. Le 10 décembre, il se trouvait sur une grande route , devant la porte d'une maison de campagne; il entra et s'assit dans l'angle des murs du jardin ; les convulsions se bornèrent à sept ou huit chocs de la tête; il y eut sentiment de strangulation, perte de la vue, mais conservation complète de l'intelligence. Le tout dura une trentaine de secondes.
Une heure après , il parcourut en courant un espace de plus de 200 pas, le long des fortifications extérieures , depuis le moment de la contraction de l'œil jusqu'à la tension du cou; il cherchait un angle rentrant du chemin couvert , il y descendit , s'assit , s'appuya fortement ; l'accès fut pareil au précédent , les secousses de la tète se bornèrent à trois ou quatre. Arrivé chez moi quelques minutes après cet accès, il avait encore les joues plaquées de rouge et les paupières fortement injectées.
Le â octobre, il était au théâtre; pendant la représentation , un vertige avec éblouissement et renversement de l'œil en haut lui fait craindre une attaque: il sort et se promène dans le corridor; bientôt à la convulsion de l'œil se joint la contraction douloureuse du sterno-mastoidien ; il s'assied dans un angle rentrant et saisitsa canne des deux mains pour prendre un point d'appui plus solide contre la cloison opposée ; la tête , comme toujours , convulsivement tournée à droite , est agitée de secousses et frappe la muraille , mais il n'y a pas de convulsions aux membres. Georges n'a pas lâché sa canne , qui ne s'est pas déplacée. 11 n'a pas perdu
connaissance , m'assure-t-il de la manière la plus positive , et cependant après l'accès il avait de l'écume sur les lèvres. Il est rentré dans la salle , a assisté au spectacle jusqu'à la fin , puis il a fait une demi-lieue à pied pour regagner son domicile à la campagne.
Une fois , le 22 mars , au moment d'un accès , il était assis sur le plancher, dans l'angle de sa chambre ; la tête battait la muraille j la mère de Georges, qui était présente, voulut la déplacer pour interposer un coussin ; il fît un effort sur lui-môme et réussit à lui dire de ne pas le déranger j l'accès avorta également.
Le 8 novembre, à trois heures et demie du matin, sentant les prodromes d'une attaque, il s'est levé, a allumé la chandelle, s'est placé dans l'angle de la pièce et n'a eu qu'un accès incomplet j il a conservé toute sa connaissance et n'a pas cessé un instant, m'affirma-t-il , de voir la chandelle.
Pendant ces accès , il a le cou très serré et la respiration suspendue , me dit-il.
Un jour, le 9 décembre, sentant la convulsion du sternomastoidien arriver après la contraction de l'œil , il prit un verre plein d'eau froide qu'il se projeta à la figure et arrêta net l'accès, qui se borna ainsi à ce qu'il appelle une menace.
On a vu que dans cette période de plus de dix mois Georges n'eut que deux attaques; cette circonstance tint évidemment à ce qu'il avait trouvé le moyen de les faire avorter. Une seule fois de jour, le 8 novembre, il ne réussit pas : il s'était placé sur son lit, s'y était assis et avait voulu mettre son oreiller ; soit qu'il eût perdu du temps ou toute autre cause, l'attaque fut complète avec perte absolue de connaissance et morsure de la langue. En reprenant ses
liU EXPOSITION DES FAITS.
sens, il se sentit comme asphyxié, hébété , anéanti j il ne comprenait pas de quoi il s'agissait j il était remis dix minutes après , mais avec de la céphalalgie. 11 dut rester couché pendant plusieurs heures.
L'autre attaque arriva dans le sommeil j Georges ne s'en aperçut que par la douleur qu'il éprouva à son réveil et qui tenait à une morsure du côté gauche de la langue j il trouva d'ailleurs du sang sur son oreiller.
Vers la fin de la période que nous venons de retracer, Georges s'était marié sans me demander conseil. Le mariage n'avait pas empêché le retour des attaques.
Évidemment le cuivre , après avoir procuré une suspension assez prolongée des accès , était devenu impuissant , puisque le malade avait repris trois mois de suite ses anciens paroxysmes. Il fallait songer à un autre moyen; je revins à l'oxyde de zinc qui avait fait obtenir une première guérison soutenue pendant plus de deux ans te demi.
Cette nouvelle cure de zinc dura cent soixante-dix jours ou près de six mois, du 11 décembre iSlil à la fin de mai 18/i8.
L'oxyde fut administré en pilules , associé par parties égales avec l'extrait de valériane.
Georges ne fit pas son traitement avec une grande exactitude. Je le vis rarement pendant cette période; mais il tint une note précise, à ce qu'il m'a affirmé, des doses employées. Il prit seulement 52 grammes de chacun des deux remèdes, à raison de 30 centigrammes par jour pendant la première semaine, puis de GO centigrammes pendant trois mois, et enfin de trente pendant le reste de la cure, qui fut disconlinuéc sans mon avis.
fiC zinc no produisit aucun effet physiologique, el la
GUÉRISONS APRfcs TRAITEMENT. 115
santé générale de Georges fut très bonne pendant toute cette période.
Dès le premier jour du traitement , aucun accès ne se manifesta.
Les vertiges cessèrent dans la dernière moitié de décembre j ils revinrent, au nombre d'un à quatre tous les jours , dans la seconde semaine de janvier ; en février, mars et avril, il n'y en eut plus que deux environ par mois. Dès lors ils cessèrent complètement ; mais, en juin , Georges ressentit encore de loin en loin une conlraction brusque dans un des muscles de la nuque , plutôt à gauche qu'à droite. Ce furent les dernières manifestations de sa maladie. (Octobre 1850.)
Résumé, — Aïeule maternelle épileptique ; aïeul paternel s'étant suicidé ; sœur rachitique ; abus du vin blanc. Début à vingt et un ans par une seule attaque ; un mois après , immédiatement avant le traitement , un paroxysme composé d'une attaque , cinq accès incomplets et des vertiges. 109 grammes de poudre de valériane en trente-sept jours j continuation des vertiges et un paroxysme de cinq accès incomplets. 70 grammes de zinc en neuf mois ; aucun accès dès le début du traitement , seulement de loin en loin quelques vertiges. Guérison pendant plus de trente mois. Piechute : un accès précédé du retour des vertiges; six semaines après , un paroxysme d'une attaque et trois accès. 32 grammes d'oxyde de zinc en quarante-huit jours; à la fin de ce traitement, un paroxysme de trois attaques et un accès incomplet j plus deux autres accès coïncidant avec le début de la cure suivante ; 30 grammes de sulfate de cuivre ammoniacal en dix mois j quelques rares vertiges et aucun accès pendant six mois et demi ; puis retour des
paroxysmes trois mois de suite. 52 grammes de zinc associés à parties égales de valériane, en cent soixante-dix jours ; encore quelques vertiges ou légères menaces dans le commencement de cette cure , mais nul accès. Guérison qui se soutient depuis près de trois ans.
L'histoire qui précède est pleine d'intérêt , envisagée au point de vue de la nature des accès. Nous reviendrons plus tard sur les divers enseignements que ces crises peuvent fournir. Pour le moment, nous nous bornerons à faire remarquer que les accès incomplets ne peuvent, quant à leur nature, être séparés des attaques complètes offertes par le même sujet, et qui étaient incontestablement des crises épileptiques. Heureusement il ne s'agissait pas d'une jeune fille. Quelques médecins systématiques auraient été disposés, peut-être, avoir ici des accès d'hystérie, quoique l'erreur , même chez une femme, ne fût pas possible pour tout homme non prévenu ayant vu un certain nombre de cas d'hystérie.
]>ix-septiènie observation.
John J..., âgé de vingt-huit ans , d'une taille élevée, d'une forte complexion, blond , plutôt maigre que gras, a fait toutes sortes de métiers : il a été couvreur, serrurier, etc. • il est aujourd'hui ferblantier j mais ce qu'il n'a jamais cessé d'être , c'est un ivrogne fieffé. D'un caractère facile, d'une humeur douce, timide même, à jeun, il devient comme fou quand il est ivre : cela lui arrive tous les dimanches et les lundis, et même quelquefois dans la semaine, quand il a de l'argent.
Sa mère et ses sœurs sont très bien portantes. Son père
a succombé à une pneumonie aiguë. Je n'ai pu avoir aucun renseignement sur la santé des ascendants du deuxième degré, tous morts à l'étranger. John a joui toute sa vie d'une bonne santé 5 seulement je l'ai guéri, il y a trois ans, d'une névralgie susorbitaire très douloureuse.
Depuis quelque temps il rentrait presque tous les jours ivre et se livrait à toutes sortes de violences , brisant le mobilier et faisant de véritables folies, quand sa femme, après l'avoir menacé plusieurs fois de le quitter, a exécuté cette menace, et s'est retirée pendant deux jours chez une amie , sans faire connaître à son mari le lieu de sa retraite. John a été pris alors d'un autre genre de folie • il courait partout comme un chien errant , pleurait et se roulait par terre. Sa femme , par pitié , est revenue au domicile conjugal. C'est cinq ou six semaines après cet incident qu'a eu lieu le premier accès d'épilepsiej mais, pendant cet intervalle, il avait dû suspendre tout travail, étant tourmenté par la céphalalgie. Le 10 septembre 1845 , à cinq heures du matin, sa femme a été réveillée par une sensation douloureuse à la jambe. C'était un coup de pied que lui avait donné son mari ; elle s'est aperçue qu'il était agité dans tout le corps de violentes secousses convulsives, surtout du bras droit. Il n'a point répondu aux questions qu'elle lui a adressées , et il paraissait avoir perdu complètement connaissance. Quand elle a eu de la lumière, elle a vu qu'outre les convulsions, il avait le visage pâle et la tète tournée à droite ; il faisait des mouvements de déglutition et gargotait bruyamment -, Técume coulait de sa bouche en abondance. Les secousses convulsives ont duré de huit à dix minutes; la tète est tombée en dehors du lit; ensuite le malade s'est tourné et retourné , avec les yeux blancs ou hagards, restant toujours complètement privé de connais-
sance ; puis tout s'est calmé après sept à huit minutes. I! était abîmé de fatigue ; il s'est rendormi et ne s'est levé qu'au milieu de la matinée.
Le second accès a eu lieu le 11, vers neuf heures du soir : John n'était couché que depuis un quart d'heure et se plaignait de la tête. Tout d'un coup sont survenus d'abord de la toux, puis des mouvements convulsifs et du gargotement comme au premier accès ■ l'écume a été plus abondante encore que la première fois ; même perte de connaissance, même durée; même agitation ensuite, même fatigue, puis sommeil sans stertor.
Le troisième accès est survenu le 15, à sept heures du matin; la femme ne dormait pas : elle a vu son mari sortir les bras du lit , les étendre , puis être agité de secousses ; bientôt il y a eu du gargouillement et de l'écume. John s'est levé à sept heures et demie, malgré sa fatigue ; il n'avait aucun souvenir de ce qui s'était passé; il est descendu dans la rue , puis est remonté, s'est recouché et ne s'est relevé qu'après une heure ou deux.
Sa femme, qui, le 15, vient me consulter sur l'état de John, est peu intelligente, et j'ai la plus grande peine à tirer d'elle ces détails : je l'engage à m'amener son mari le lendemain.
16. — John me raconte que depuis un mois il souffre de douleurs dans les oreilles et d'une céphalée irrégulière dans ses apparitions; elle occupe le front et le pourtour du crâne. Il a en outre un rhumatisme musculaire fixé sur la région deltoïdicnne droite; depuis un mois il ne peut presque plus travailler. Son appétit est médiocre. Depuis cinq h six jours il éprouve des vertiges , c'est-à-dire que les objets lui paraissent osciller quand il les regarde. Après les accès, il ressent de l'embarras dans la poitrine cl une grande fatigue
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nuisculiiire. Je prescris : i*^ Liniment volatil, grmn. 32,00, pour frictions sur l'épaule; "2^ oxyde de zinc, gram. 2,60; sucre, 8,00 : en 2li poudres ; k par jour , une heure après les repas. Je lui fais un sermon sur ses excès, mais je prêche un ivrogne.
23. — Point d'accès. La douleur du deltoïde est dirainuée et cesse de temps en temps -, la céphalée est maintenant plus souvent occipitale que frontale. Il n'a presque plus de vertiges; ils coïncidaient avec la céphalalgie frontale. Point de nausées; bon appétit. Il peut faire trois quarts de journée de travail, tandis qu'avant le traitement il ne pouvait presque plus s'occuper. Les poudres ont été achevées ce matin ; le Uniment l'est à peu près. i° Réitérer le Uniment ; 2"* oxyde de zinc, gram,. 4,00; sucre, 8,00 : en 2/|. poudres; h par jour.
Octobre 25. — Un mois s'est écoulé; les poudres ont été prises très irrégulièrement ; on ne les a pas fait renouveler. 11 y a eu un accès aujourd'hui , vers sept heures du matin. John a quitté son domicile à six heures et demie. Au moment de son arrivée à l'atelier , il est brusquement tombé et a eu des mouvements convulsifs avec perte absolue de connaissance, gargouillement et écume à la bouche ; puis un grand accablement après l'accès. Réitérer les poudres.
'•11. — A midi et demi, la femme de John vient me demander en mon absence , en disant que son mari a une attaque dont elle désire que je sois témoin. A une heure, il arrive lui-même à ma consultation, mais seul. Il ne sait pas qu'il a eu une attaque ; il croit bien qu'il lui est arrivé quelque chose , mais il ne se le rappelle pas. 11 n'a aucune idée de ce qu'il a fait ce matin ; pourtant il ne croit pas être allé à son atelier. Prendre 8 poudres au lieu de k.
La femme arrive peu après le départ de son mari. Elle me raconte !es faits suivants : Il continue à se plaindre de temps en temps de la tête. Il est parti ce matin à six heures, pour aller à son atelier (elle croit qu'il y est réellement allé). Il est revenu à onze heures, disant qu'il avait grand'faim ; il a très bien dîné et bu très peu de vin. Il s'est levé de table et s'est assis près du feu j là il a dit d'abord : J'ai froid aux pieds ; puis : La tête me tourne ; je crois que je vais prendre ces bougreries. Alors, tout à coup (d'après la pantomime imitative de la narratrice) il a renversé la tête, tordu la bouche et tourné les yeux ; sa femme l'a retenu , mais il a coulé sur le plancher et a eu de violentes secousses j alors elle est partie pour venir me chercher (je demeure fort près) ; une voisine, qui est restée auprès du malade, dit qu'il y a eu beaucoup de gargouillement et d'écume. La femme, de retour, l'a trouvé sans mouvement ; elle ne l'avait quitté que pendant cinq minutes; il a ouvert les yeux, et avait l'air égaré.
29. — Deux accès cette nuit , entre minuit et deux heures , à une heure et quart d'intervalle. Les secousses n'ont pas duré longtemps ; mais il est resté les bras roidis en grinçant des dents ; puis il y a eu de l'agitation , une sorte de délire et de l'hébétement. Il a beaucoup souffert de la tête toute la matinée. Oxyde de zinc, gram. 8,00; en 24 doses ; 3 par jour.
31. — Point d'accès; toujours de la céphalalgie; il a repris sa douleur à l'épaule ; il peut à peine travailler. Achever les poudres. Reprendre les frictions.
Novembre [\. — Point d'accès, mais il souffre habituellement de la tête ; il a des vcriiges et voit double ; excellent appétit. Il demande instamment à être purgé. Il s'est enivré hier et a eu des hallucinations. Séné , gram. 800 ;
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manne, 64,00, eau de menthe, 16,00; eau simple, quantité suffisante. Infusion à chaud.
10. ' — Point d'accès. 11 continue à boire : il était complètement ivre hier. La céphalalgie est moins intense ; elle est surtout frontale. 11 souffre encore de l'épaule et quelquefois du bras. Réitérer le purgatif ; puis oxyde de zinc , gram. 16,00 : en '2[i poudres ; ?> par jour.
18. — Point d'accès 3 moins de céphalalgie. 11 s'est enivré complètement le 16 et le 17 au soir ; il n'est rentré chez lui qu'à onze heures. Réitérer les poudres.
2Zi. — Point d'accès ; il ne souffre plus de l'épaule; la céphalalgie est presque nulle : il n'en a des ressentiments qu'à des intervalles éloignés. 11 ne peut plus supj3orter ses poudres : elles lui donnent non seulement des nausées, mais même des vomissements. 11 souffre de l'estomac et a des points douloureux dans l'hypochondre gauche. Trois demipoudres par jour seulement.
27. — Un accès hier, à un mois d'intervalle des précédents. 11 a commencé le matin par se plaindre du mal de tête. Comme il en souffrait encore beaucoup à midi , sa femme, dans l'après-dîner, a passé à son atelier pour avoir de ses nouvelles ; il lui a dit alors qu'il voyait les objets doubles et même quadruples ; puis il a subitement pirouetté, s'est renversé en arrière, a courbé un tuyau dans sa chute et est tombé d'abord sur le côté, ensuite en avant ; les yeux lui sortaient de la tête, et les secousses étaient si violentes qu'il se soulevait sur les poignets. On l'a retourné : il écumait. Les convulsions ayant cessé , il est resté tranquille , les yeux fermés, et il a commencé à répondre. 11 ne s'était aperçu de rien ; il était comme un imbécile, les yeux tout effarouchés ; il avait une forte contusion sur l'œil droit. Il a pris fort irrégulièrement ses poudres, qui ne sont point
achevées. Elles lui sont fournies gratuitement. Sulfate de cuivre ammoniacal, 0,32 j extrait de réglisse , 2,60 : en 2/|. pilules ; 3 par jour.
Décembre 9. — Point d'accès. Le dernier est le seul qu'il ait eu isolé. La femme, interrogée sur le régime de son mari, dit qu'il mange énormément de pain • mais le jour de l'accès il n'avait ni déjeuné ni dîné. 11 souffre de céphalalgie, et ne cesse pas de boire : il s'est enivré le 7. // a achevé ses pilules ce matin. Sulfate de cuivre ammoniacal^ gram. 0,65 ; extrait de réglisse, 2,60 : en2[i pilules; 3 par jour.
19. — Point d'accès ; beaucoup moins de céphalalgie , et seulement par intervalles et légèrement. Réitérer; li pilules par jour.
23. — Point d'accès; peu de céphalalgie; il se plaint de temps en temps de souffrir de Testomac. Il continue à boire le dimanche et le lundi : c'est toujours du vin blanc. Il reste 6 pilules. Finir et réitérer.
30. — Point d'accès ; point de céphalalgie. 11 se lève tard, et, après sa pilule du matin, il se plaint de mal d'estomac et de nausées. Réitérer 2 doses et supprimer la pihde du matin.
1846 janvier 7. — Un accès modifié après 39 jours ; Le 3 , de grand matin, sa femme a été réveillée tout à coup par quelques secousses qu'éprouvait son mari; elle a entendu un léger bruit de gargouillement; tout cela a passé très vite : c'était, dit la femme, un semblant de crise. Elle n'a pas eu le temps d'allumer la veilleuse, que tout était rentré dans l'état naturel et que son mari dormait tranquillement. // n'a pas achevé ses pilules. Continuer.
16. — Poi'.it d'accès. John est bien. Il travaille dans ce moment comme couvreur. Il reste 2 pilules des 48 près-
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entes le 30 décembre. Réitérer 2 doses; toujours 3 pilules par jour.
28. — Comme il est fainéant, il préfère rester au lit où il est dans ce moment (2 heures), plutôt que de se donner quelque peine pour trouver de l'ouvrage ; il souffre en conséquence de privations. Réitérer 2 doses.
Février 13. — C'est toujours un ivrogne ; maintenant qu'il a de l'ouvrage, il se grise périodiquement le dimanche et le lundi. Réitérer 2 doses; d pilules par jour.
Mars 3. — Il a encore , de temps en temps , un peu de mal de tête. Réitérer 2 doses ; Il pilides par jour.