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SACERDOCE ET PROPHÉTISME

Le progrès moral de l'humanité est lié à cette ! question primordiale : comment maintenir la voie … libre aux intimations de l'univers spirituel ? Il. s'agit de faciliter les échanges entre Dieu et l’âme. | Toute organisation. cultuelle qui les complique, » ou les empêche, commet le « péché contre le Saint. à Esprit ». Au contraire, les indignations sacrées 4

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et les explosions réformatrices -aplanirent, « de + révolte en révolte», les chemins d’accès qui vont du ciel à la terre et de la terre au ciel ; elles incar- . nèrent ici-bas une pensée rédemptrice de Dieu, un message évangélique. Chaque fois que le prophète éxpira, par fidélité à son mandat, sous les coups du prêtre, il-s’efforça d'apporter au sacerdoce la plus haute bénédiction concevable, puisqu'il vou-

la Religion éternelle.

L'Ancien Testament raconte qu'un voyant s’étendit sur le cadavre d’un jeune garçon, et Jui rendit la vie en lui insufflant son propre respir. On peut découvrir là une image de la mission confiée au prophétisme.

Combien souvent les religions se manifestèrent . sous l'apparence grégaire et rituelle ! Grégaire, puisque la religion était liée au sol de la ville et au

" terrain même de la patrie, cimetière des aïeux ;

rituelle, puisque la religion, séparée de la pensée - ou de la conduite, se concentrait dans la performance de cérémonies liturgiques. Dans un pareil système, l'individu restait inexistant, soit au point de vue intellectuel, soit au point de vue moral ; il

était bouclé. Sur son âme pesait une double emprise

religieusé, celle de la Cité, celle du Clergé ; la Cité ou « César », et le Clergé ou «Dieu», formaient les deux branches d’une tenaille solide.

Mais l'Esprit qui éclaire tout homme, et qui ne se laisse point sans témoignage dans les consciences, visait, en réalité, sur la terre, non la for- mation des religions, mais l’éclosion des personna-

Jait rendre à une religion particulière le souffle de

| “lités. Car le chef-d'œuvre de l'Esprit, dans nc

c’est la personne ; non pas le simple niiidu) trop souvent grêle, solitaire, égoïste, mais la personne morale et spirituelle dans la riche complexité de ses énergies divines. C’est purquoi,

l'Esprit qui travaille à la délivrance de l'numanité

suscita, au sein des religions constituées, un

fécond malaise, un mécontentement prophétique. :

Abraham en reste le type classique. « Sors de ton pays et de ta parenté », échappe à ta prison religieuse ! lui ordonna l'Eternel.

Bref, sous le règne de la religion antique, la personnalité spirituelle en était réduite, pour

s’affirmer, ou plutôt pour «obéir », à se créer un

alibi, à se jeter dans des voies de traverse en pleine

solitude, ou à se réfugier dans de petits cénacles.

Ainsi naquirent, à l'ombre du paganisme oriental, les clans d'initiés aux « mystères » asiatiques, une franc-maçonnerie de « désabusés » du sacerdotalisme, une confrérie d’associés, librement recrutés ;

ils se transmettaient des mots de passe, des secrets jalousement gardés sur les moyens de l’expiation

efficace, et d’une régénération qui procurait au . bénéficiaire les moyens physiques et moraux de

l’immortalité bienheureuse, l’athanasie. D'autre part, à l’intérieur du judaïsme clérical ou rabbinique, envahi par la fumée des holocaustes et par

la poussière des parchemins, la légitime protesta-

tion des âmes déclencha un mouvement de piétisme libérateur ; et ce fut la communauté des « humbles » ou des « pauvres » d'Israël, cette famille religieuse des psalmistes qui: tenaient des réunions de

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