‹ Du protestantismeChapitre 42 sur 85 · LE MONACHISME · texte numérisé non relu

LE MONACHISME

peuvent s’accorder les choses permises, mais

dans quelle mesure ils doivent y renoncer. La gloire

de la liberté individuelle, c’est le sacrifice de ses privilèges légitimes. Le chrétien revendique, avec

Jésus, la liberté de se lier pour délier ses frères.

Quiconque s'intitule disciple du Christ immole intérieurement popularité, fortune et repos. Sans doute, l'idéal de la moralité consiste à user sans abuser, dans l'équilibre de la modération. Mais le monde est-il dans un état normal ? La mesure et la retenue ne sont point les vertus exigées sur un navire en flammes. Embarqués à bord d'une civilisation qui penche vers l’abîme, les chrétiens doivent se constituer en équipes de sauveteurs. | En résumé, l’ascétisme évangélique se définit par les deux questions suivantes. D'abord, le plein usage de mes droits contribuera-t-il à ma ‘sainteté, c’est-à-dire à l'épanouissement de ma personnalité supérieure ? Ensuite, le plein usag2

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de mes droits sera-t-il une manifestation de justice et de charité, contribuera-t-il à diminuer la somme * des erreurs, des douleurs et des péchés qui retardent l'avènement du règne divin ? (1)

La sainteté selon l'Evangile aspire incessamment, non vers la mort, mais vers la vie ; sainteté = libre, qui sait retrancher, couper, mais pour activer

la croissance de l’âme émondée ; libre sainteté. qui, au lieu d’anathématiser le monde, veut le transformer ; au lieu de fuir la société, veut la

(1) Ces deux questions résument l'esprit des deux commande : ménts dans le Sommaire de la Loi. d

; L > Î servir et la sauver, par la souffrance inévitable et l’immolation réfléchie.

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