‹ Du protestantismeChapitre 57 sur 85 · LE · texte numérisé non relu

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-sans trouver la moindre issue vers la personnalité morale. Si l’hostie prenait conscience d’elle-même, elle ne pourrait pas répéter, à l'instar du Seigneur dans l’Apocalypse : « Je me tiens à la porte et je heurte ! » car tout accès vers l’esprit reste impossible, sauf par des voies spirituelles. Abandonnons à l’antiquité préhistorique l’idée superstitieuse que « l’âme est dans le sang », ou qu’en dévorant le cœur d’un guerrier on acquiert le charisme de la bravoure. |

-Encore, si l’hostie assimilait l’homme ! Or, elle est subsumée par lui: Quand elle alimente, pour une part hypothétique, son âme, — elle nourrit, pour une part certaine, dans son corps, le muscle sain et la tumeur maligne.

Il est pénible de poursuivre une discussion de ce genre, mais elle n’est pas inutile. À vrai dire, la dévotion ritualiste serait disposée à transformer nos objections loyales, mais respectueuses, en : arguments favorables à la thèse sacramentaire. | Par exemple, chacun de nos arguments spiritualistes apparaîtra comme un nouveau motif de se prosterner, avec adoration, devant l’abaissement prodigieux de la Divinité, Mais cette pieuse |

DR RO PT CRURITUALISME attitude ne supprime pas la sereine valeur du - principe suivant : la vraie humiliation, sur le plan

spirituel, n’est pas liée à l’ordre physique ; elle

est de nature morale. Dès lors, à supposer que nous pussions incorporer Dieu à notre organisme

physique, serait-ce le comble de l’abaissement

. divin ? Il apparaît bien plus dans la rencontre de l'Esprit saint avec l'esprit pécheur. Là éclate la compassion, par le contact volontaire entre le Dieu parfait et l’âme souillée. Un détour à travers la matière allègerait l’humiliation, au lieu de l’aggra-

ver. D'autant plus que les théoriciens sacramen-

taires admettent, comme les panthéistes, que Dieu

soit mêlé à la sève et au sang dans la Nature, et qu'il soit véhiculé, dans les canaux secrets de l'univers, sans en être humilié. Pourquoi le contact « sacramentaire » avec la créature, serait-il plus dégradant que le contact « providentiel » avec la création elle-même ? Si l’Auteur des lois physiques de la Nature ne s’abaisse pas en elles, pourquoi

serait-il abaissé par des lois physiques de la Grâce

dans l’Église ?

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