‹ Du Prurit VulvaireChapitre 26 sur 43 · HAS · texte numérisé non relu

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Les scarifications et les cautérisations ont pour but d'atteindre et de calmer, par leur incision, les terminaisons nerveuses. Il sera bon d'y avoir recours avant d'en arriver à leur résection, comme cela a été proposé, ainsi que nous le verrons.

Enfin, on a essayé, dans ces dernières années, le traitement du prurit en général par l’auto-sérothé- e rapie ou l’auto-hématothérapie, et ces méthodes ont

LRU | REA? | été appliquées au traitement du prurit de la vulve. Dans les deux cas, le principe de la méthode est le même. On prend à la malade par ponction veineuse, 15 à 20 centimètres cubes de sang, puis on l’injecte immédiatement dans la région fessière ; ou

bien on soustrait le sérum après coagulation pour

l'injecter seul. M, le D’ Ravaut, qui a surtout essayé l’auto-hématothérapie, a obtenu des succès durables. Pourtant, chez notre malade D... (obs. XIID) si rebelle à tout traitement, celui-là a échoué comme les autres. Onfait, en général, des injections quotidiennes pendant 15 à 20 jours, puis après une période de repos d’une quinzaine de jours, on reprend une nouvelle série d’injections.

TRAITEMENT CHIRURGICAL. — Arrivons enfin aux traitements chirurgicaux qui ont été proposés par. de nombreux auteurs, mais qui n’ont pas êté pratiqués un grand nombre de fois.

Nous avons déjà vu, à propos de la leucoplasie vulvaire, qu'on pratique l’excision totale de la vulve, épiderme et derme au niveau de tous les points atteints par la lésion leucoplasique. Dans ces cas, cette ablation est faite dans la crainte d'une transformation cancéreuse mais elle apporte, en même temps, un traitement radical du prurit lui-même.

Schræder a appliqué la même excision pour le prurit, en dehors de toute lésion leucoplasique. Cette intervention, n'a pas la gravité que l'on

pourrait croire au premier abord, et nous avons vu

que les lésions se cicatrisent rapidement ; pourtant

elle ne nous paraît indiquée que. rique les traite ments que nous avons énumérés, et: ils sont norn-

breux, ont élé essayés sans succès. Ils agit, en BÉeie

néral, de ces prurits sine miatéria, qui constituent,

nous l'avons vu, la variété la plu s tenace, Ja du

rebelle, et aussi la plus intense. RM

Dans une statistique donnée par. Gummert, 9 cas

auraient été traités par cette extirpation totale de

la vulve et auraient été suivis de guérison radicale.

Barton, Cooke Hirst, de Philadelphie, émet pour. tant des réserves sur l'efficacité absolue de ce ÉFATE

tement et nous dit que, dans quelques cas, le per a réapparu après l’excision de la muqueuse. En

France, à part les cas de leucoplasie, nous ne.

croyons pas que cette opération ait été tentée ekat

est difficile de se faire, à l'heure actuelle, une > idée exacte de sa valeur et de ses indications.

Celte opération n’est pas Ja seule opération qui. ait été essayée. Burns, de Glascow, et Simpson, ont

pratiqué la section des nerfs de la région : « génitosq le : Fe

« crural, ilio-inguinal, inférior PUMCRARE and su- « perficial périnéal nervés ». S

Cette opération serait indiquée seulement dans

les cas où le prurit ne peut être rattaché à aucune

cause appréciable et paraîtrait dû à une sorte de

névralgie spéciale de toute la région. Dans l’article de Barton Cooke Hirste, dont nous parlons plus haut, cet auteur rapporte un cas de guérison par ce procédé, mais il pose, en terminant, quelques questions fort importantes et malheureusement insolu-

cts

bles à l'heure actuelle. Il se demande quel est le meilleur de ces deux traitements chirurgicaux ? Comment, dans la dernière opération peut-on, pour le mieux, isoler les nerfs à sectionner sans toucher au nerf du sphincter qui, en privant le sphincter anal de son nerf amènerait de l’incontinence ? Quel est le résultat définitif en cas de section des nerfs ? Ne faut-il pas craindre, plus tard, les atrophies, le kraurosis, et l'épithélioma ? Ce sont là, dit-il, questions que l'avenir décidera.

En tous cas, ces traitements ne sont que des traitements d'exception, qui ne peuvent trouver leur indication que lorsque tout ayant été essayè sans succès, la malade souffre d'un prurit d’une grande intensité qui lui rend la vie absolument impossible et pour lequel tout peut être tenté afin d'apporter un soulagement à cette véritable torture.

Il nous reste à dire quelques mots du traitement psychique qui ne saurait être passé sous silence. Certes, la psychothérapie ne peut avoir aucune prise sur des lésions constituées. Pourtant, même dan: ces cas, il y a un élément nerveux non négligeable et sur ‘lequel il est bon d'essayer d'agir. Mais ce ne sont pas ces cas qui bénéficient le plus de ce traitement. Parfois les malades créent, de toute pièce,leur affection à l’occasion d'une maladie des organes génitaux, maladie qui a fortement appelé leur attention et frappé leur imagination. Walthard insiste beaucoup sur cette variété de prurit. Il cite deux observations de malades traités inutilement par de

nombreuses médications, et guéris rapidement par psychothérapie — l’une d’elle avait un petit fibrôme — l’autre avait eu des douleurs symphysaires ayant débuté au moment d'un accouchement avec. forceps. | Pour cet auteur le prurit peut être, Fr ces Cas, purement fonctionnel : « c'est une augmentation de la réceptivité pour la sensibilité consciente » ayant son point de départ dans la corticalité ; la limitation des symptômes est, pour lui, la preuve qu'il n'existe aucune lésion nerveuse,. soit méduilaire, soit cérébrale. On comprend que, dans ces Na psychothérapie doive être tentée et LpUIsses | avoir à son actif de véritables succès.

En résumé, comment procéder, en face d’un prurit vulvaire Ÿ. ; | Tout d'abord faire un examen approfondi de la région pour chercher la cause de localisation, l’affection génitale qui entretient le prurit — nous avons vu alors, suivant les différents cas, quel traitement nous paraissait préférable.

En même temps agir sur le symptôme prurit.

Nous conseillons, tout d’ abord, d'essayer de calmer les sensations prurigineuses par des pommades appropriées dont nous avons cité plusieurs formules. En cas d'échec on s’adressera aux méthodes physiques, et cela, suivant les moyens dont on pourra disposer. |

Nous mettons à peu. près sur un même plan, la radiothérapie et l'électricité, surtout sous forme de

ER Li, fee

Haute fréquence. Si on ne possède pas les installations nécessaires, on aura recours alors aux autres méthodes suivant les moyens dont on disposera : air chaud, scarifications, etc... Nous avons vu, à propos de chacun de ces traitements à quel cas particulier il s’'appliquait le mieux.

On n'oubliera jamais le traitement général ; soit régime de désintoxication s'appliquant presque à toute malade, soit régime calmant, soit enfin trai-

tement plus spécial tel que opothérapie chez les

ménopausées, régime antidiabétique, etc...

En outre, les lésions surajoutées nécessitent le traitement qui leur est approprié. Médication locale calmante et surtout inoffensive s'il y a inflammation vive. Antiseptiques s’il y a infection surajoutée. Traitement de l’eczéma, de la séborrhée quand il y à lieu. Surveillance toute spéciale en cas de leuco-

plasie, etc.

Le plus grand nombre des cas se terminera par la guérison quand on aura rempli cette triple indication : traitement général, traitement symptomatique, traitement causal.

Pourtant quelques prurits, soit prurits essentiels soit prurits avec leucoplasie, seront d'une ténacité effroyable. Toutes les ressources de la thérapeutique pourront être essayées tour à tour et échoueront parfois contre ces cas véritablement rebelles. Pour ces cas, et pour ceux-là seuls, les traitements

LD

— 146: — chirurgicaux se justifieront peut-être plutôt que de

laisser ces malheureuses en proie à une torture continuelle qui pourrait aboutir au suicide.

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