PRURIT AVEC POLYPE . L'URÈTRE
Mile Léonie D..., 65 ans, vient consulter à l'hôpital St- Louis, le 10 DES 1944, PO un por vulvaire datant de deux ans. |
Antécédents personnels. — Le malads a toujours 4 eu LS santé délicate. Le
Réglée à 14 ans, règles rentes douloureuses, durée quatre jours en moyenne. Ménopause à à 47 ans ; arrêt brusque à la suite d’un chagrin ; depuis cette tee bouffées de chaleur fréquentes.
Appétit normal, mais digestions Sénible et Rhone constipation extrêmement opiniâtre ; selles tous les cinq à six jours, parfois quinze jours. nous dit la malade. Pas d'intoxication générale Hétérogène, ni café, ni thé, ni
: alcool.
ù Début de l'affection actuelle, il y a environ, deux ans. Le prurit a débuté au niveau des petites lèvres et y reste cantonné ; très rapidement, il a pris une grande intensité :
la malade a environ 5 à 6 crises par jour, la plus intense étant toujours celle du soir ; lorsqu'elle n'est pas seule et qu'elle est obligée de ann au besoin de se gratter, elle éprouve, dit-elle, une surexcitation nerveuse extrêmement pénible qui se termine presque toujours par une crise de larmes ; elle redoute toute société et n'ose plus sortir. Assez fréquemment, elle est réveillée la nuit par des crises de prurit qui durent une heure ou deux.
Examen local. — Les grandes lèvres sont rouges, tuméfiées, avec excoriations linéaires ; leur face externe présente une pigmentation notable et est lichénifiée dans toute son étendue, pas d’eczématisation. La. malade, extrèmement nerveuse, ne laisse faire qu’un examen superficiel, tout contact étant, dit- elle, douloureux et absolument insupportable. Ne pouvant diagnostiquer aucune lésion, nous faisons faire un traitement d'attente :
Lotions 4 fois par jour avec de l’eau de camomille chaude ; au moment des crises, lotions avec de l’eau très additionnée d'une cuillerée à soupe de bon vinaigre, par litre d'eau, puis placer entre les lèvres un flocon d'ouate imbibé de la solution suivante :
Chlorydrate de cocaïne 1 gramme Hydrate de aice 1 gramme Glycérine 5 grammes Alcool à 80 20 grammes Eau, :"X q. s. pour 100 grammes
En même PES Eine du tube digestif et surtout | de la constipation.
23 octobre. Anlioration notable ; la malade dort mieux et les crises de prurit, tout en étant presque aussi fréquentes, se calment immédiatement par le traitement, de telle sorte que la malade ne se gratte presque plus.
Elle se laisse examiner complètement ; la tuméfaction des grandes lèvres a considérablement diminué ; en les
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an on aperçoit les pétites lèvres un peu rouges, de
volume à peu près normal ; enfin, au niveau du méat uré-
tral, très rouge, on trouve un petit polype pédiculé de la
grosseur . d'une grosse lentille. La rougeur s'étend jusque
vers l'orifice vulvaire, l’hymen est intact. L'examen: des organes génitaux internes, est difficile à faire ; on trouve un utérus en antéflexion, tout petit, Caen, atrophié ; l’orifice externe est ponctiforme. On ne sent pas les” ovaires, la malade se prête d'ailleurs très . à se examen. ;
On fait. immédiatement l'ablation du polype ë au 1 couteau du galvanocautère et on prescrit le même traitement.
20 novembre. — La malade est complètement guérie ;
elle ressent à peine quelques démangeaisons passagères
continuant à se gratter plutôt par habitude.
Localement il n'y a plus de rougeur ; la tichénifcation,
et la pigmentation diminuent mais n'ont pas disparu.
En résumé : Polype de l'urètre ayant amené du prurit, de la congestion interne, de la lichénification par grattages répétés, . tous symptômes s’ améliorant rapidement
avec la disparition du polype.
Signalons le rôle à peu près certain que ut la cons-
tipation, par l'intoxication générale qu'elle entraînait et
la nécessité absolue qu'il y avait de traiter le tube digestif
‘" en même temps que la lésion locale,
OBSERVATION II (personnelle)